Archives pour l'étiquette round table

Les Chevaliers de la Table Ronde

Les chevaliers de la Table ronde constituent un ordre légendaire au service du mythique roi Arthur que ce dernier a chargé de mener la quête du Graal et d’assurer la paix du royaume.Morgan M.969 Bible with prologues. F. 346v-2 1275-1299, France - Chevalier à cheval de face

La première trace écrite de la légende des chevaliers de la Table ronde se trouve dans le Roman de Brut écrit par le poète normand Wace en 1155. Dans la littérature française, les œuvres de Chrétien de Troyes à la fin du XIIe siècle auront une influence majeure sur la diffusion de la légende arthurienne.

La symbolique de la Table ronde a évolué au cours des siècles avec notamment l’incorporation de thèmes chrétiens comme la quête du Graal.

The Seven Champions ill. Norman ault Chevalier délivre une dameCes chevaliers exemplaires représentent l’idéal de la chevalerie médiévale. Cela ne les empêche pas d’avoir leurs particularités et d’illustrer, chacun à leur façon, un aspect de l’âme humaine.

Certains n’apparaissent que dans des épisodes bien précis ; Gauvain, Yvain, Perceval ou Galaad y jouent alors un rôle de premier plan… Lancelot, très populaire, est le héros de très nombreuses histoires. Chevalier tourmenté et amoureux, c’est un personnage qui a une très grande force romanesque et les auteurs n’ont pas hésité à explorer toutes les facettes de son destin tragique.

épée sword fond blanc 600

 

 

Chevaliers de la table ronde détail

 

Accolon est l’amant de la Fée Morgane. Il est l’ennemi du Roi Arthur après un court temps chevalier de la Table ronde.

Medieval Manuscript Images, Pierpont Morgan Library, Noms, armes et blasons des chevaliers de la Table Ronde. MS M.16 fol. 40r Yvain l'Avoutre (azure, a pale or)Agravain dit l’Orgueilleux est un des dénonciateurs des relations entre Lancelot et Guenièvre ; il est tué par Lancelot pour cela…

Bedivere est connétable, et l’un des premiers et plus proches conseillers du Roi Arthur ; il est celui qui rend Excalibur à la Fée Viviane (selon les sources, c’est soit lui soit Girflet).

Medieval Manuscript Images, Pierpont Morgan Library, Noms, armes et blasons des chevaliers de la Table Ronde. MS M.16 fol. 23r Galahad (argent, a cross gules)Bohort l’exilé achèvera la quête du Graal avec Galaad et Perceval ; un des meilleurs chevaliers de la Table ronde. Cousin de Lancelot.

Calogrenant est le cousin d’Yvain

Erec est l’un des plus grands chevaliers de la Table Ronde après Gauvain, fils du roi Lac, époux de la belle Enide.

Medieval Manuscript Images, Pierpont Morgan Library, Noms, armes et blasons des chevaliers de la Table Ronde. MS M.16 fol. 31v Hector des Mares (argent, three bends gules, over all a sun azure)Galahad ( Galaad) le Pur, vainqueur de la quête du Graal avec Bohor et Perceval ; le seul à pouvoir regarder à l’intérieur de la coupe (mais il le paie de sa vie) ; le plus jeune chevalier de la Table ronde ; le seul assez pur pour s’asseoir sur le siège périlleux sans en être englouti ; trouve l’épée de Salomon. Il est le fils de Lancelot et d’Ellan (ou Élaine de Corbenic, château renfermant le Graal), fille du roi pêcheur Pellès, gardien du Graal, ayant pris l’apparence de Guenièvre…

Medieval Manuscript Images, Pierpont Morgan Library, Noms, armes et blasons des chevaliers de la Table Ronde. MS M.16 fol. 26v Lancelot (argent, three bends gules)Galessin – Duc D’Orcanie – Fils de Élaine et de Nautre, roi de Garlot. Il est donc le neveu du roi Arthur et le cousin direct de Gauvain, Yvain et Mordred.

Gareth (Gaheriet). Surprenant sa mère Morgause au lit avec Lamorak, il les tue tous les deux ; se fait tuer par Lancelot fils de Lot d’Orcanie et Morgause. Il est le frère de Gauvain, Gaheris et Agravain ; cousin d’Yvain et Mordred .

Noms, armes et blasons des chevaliers de la Table Ronde. MS M.16 fol. 8r Bohort Roi de Gaunes (argent, semi of stars sable, three bendlets gules)Gauvain (Gawain ) : le meilleur des chevaliers de la Table ronde ; il se bat pour Arthur mais se fait tuer par Lancelot. Il est le fils de Lot d’Orcanie et Morgause ; frère de Gareth, Gaheris et Agravain ; cousin d’Yvain et Mordred ; neveu du Roi Arthur.

Girflet, celui qui rend Excalibur à la Fée Viviane (selon les sources, c’est soit lui soit Bedivere) fils de Do ; cousin de Bedivere et de Lucan

Medieval Manuscript Images, Pierpont Morgan Library, Noms, armes et blasons des chevaliers de la Table Ronde. MS M.16 fol. 33r Keu (azure, two keys argent addorsed)Hector des Mares : fils du roi Ban de Bénoïc et de la Dame des Marais (la fille d’Agravadain, le seigneur des Marais) ; demi-frère de Lancelot du Lac ; neveu paternel du roi Bohort de Gaunes ; cousin de Bohort et de Lionel.

Keu (Kai, Kay, Key ) : Il est connu pour occuper le poste de sénéchal de Camelot. Très souvent mis de côté dans les contes chrétiens, il n’y n’apparaît que rarement. Il occupe une place scénaristique plus importante dans les légendes galloises, ou il est parfois vu comme un tueur de géants à la suite de ses combats contre des géants comme le monstre Caht Palug, Warach, mais aussi lorsqu’il aide Bedivere et Arthur à vaincre le géant du mont Saint-Michel. Il est le fils d’Antor ; frère adoptif du Roi Arthur et sénéchal à la suite d’une promesse faite au père de Keu qui l’a élevé, fréquemment associé avec Bedivere ; un des premiers personnages à figurer dans l’entourage du Roi Arthur ; difficilement toléré par la cour de Camelot pour sa violence et son manque de courtoisie…

Medieval Manuscript Images, Pierpont Morgan Library, Noms, armes et blasons des chevaliers de la Table Ronde. MS M.16 fol. 37v Sagremor le Desreez (sable, two stars or, a quarter argent, one star sable)Lamorak est le troisième meilleur chevalier du monde ; il a deux fins selon les sources : tué par Gareth le trouvant dans le lit avec Morgause et tué par Mordred alors qu’il se préparait pour la quête du Graal. Il est le fils de Pellinore ; frère de Tor, Agloval, Perceval, Dornar et Dandrane ; oncle de Lohengrin, le chevalier au cygne.

Lancelot du Lac, est le chevalier blanc emporté – bébé- par la Fée Viviane, la Dame du Lac, dans un lac… Sauveur de Guenièvre, il est trompé par Ellan avec qui il conçoit Galahad ; le meilleur chevalier du monde et l’égal de Gauvain dans la Table ronde ; il tue Gareth, Agravain puis Gauvain pour Guenièvre. Il est le fils du roi Ban de Bénoïc ; demi-frère de Hector ; neveu du roi Bohort de Gaunes ; cousin de Bohort et de Lionel ; père de Galahad.

Medieval Manuscript Images, Pierpont Morgan Library, Noms, armes et blasons des chevaliers de la Table Ronde. MS M.16 fol. 8v Karados (azure, a crown argent)Léodagan de Carmélide est le père de la Reine Guenièvre.

Lionel est le fils du roi Bohort de Gaunes ; frère de Bohort ; neveu paternel du roi Ban de Bénoïc ; cousin de Lancelot et de Hector

Lohengrin est le fils de Perceval.

Noms, armes et blasons des chevaliers de la Table Ronde. MS M.16 fol. 11r Léodegan (sable, a lion or, armed and langued gules)Méléagant est chevalier de la Table ronde puis ennemi de celle-ci – hormis la puissance, c’est le négatif de Lancelot : vaniteux, orgueilleux, enlevant la Reine Guenièvre au lieu de la séduire, méprisant envers le Roi Arthur et rebelle envers son père. Il est le fils du roi Baudemagus du royaume de Gorre.

Mordred (Modred, Mordret, Medrawt ) est le grand ennemi du Roi Arthur après un bref temps chevalier de la Table ronde ; ténébreux, traître, fourbe, perfide et sournois, il n’obéit pas aux règles de la chevalerie ; détesté par les chevaliers mais séduisant pour les femmes, il courtise les dames même déjà mariées ; faisant des envieux, il est à l’origine des tromperies conjugales de la cour et des combats entre chevaliers ; il tue Lamorak alors que celui-ci se préparait pour la quête du Graal. Il est le fils du Roi Arthur ou de Lot d’Orcanie et de Fée Morgane ou Morgause, père de Melehan…

Il tue son père, et blessé meurt avec lui … Ce sera la fin de la Table Ronde .. !

Medieval Manuscript Images, Pierpont Morgan Library, Noms, armes et blasons des chevaliers de la Table Ronde. MS M.16 fol. 6v CalinanPalamède est le rival puis le compagnon de Tristan.

Perceval (Peredur (gallois), Percival, Parzival, Parsifal ) le Gallois est vainqueur de la quête du Graal avec Bohort et Galaad. Il est le fils de Pellinore ; frère de Tor, Agloval, Dandrane, Lamorak et Dornar ; père de Lohengrin, le chevalier au cygne.

Tristan ( Tristran, Tristam, Tristram Tristan de Lyonesse) est l’époux d’Iseut aux mains blanches et – surtout – l’amant d’Iseut la blonde ; le deuxième meilleur chevalier du monde fils du roi Melioda de Liories et d’Elisabeth, sœur du roi Marc de Cornouailles.Medieval Manuscript Images, Pierpont Morgan Library, Noms, armes et blasons des chevaliers de la Table Ronde. MS M.16 fol. 12r Yder (gules, three lion heads or, langed sable)

Yvain ( Owen (gallois)) – Le chevalier au lion – est l’un des meilleurs chevaliers de la Table ronde ; banni par Arthur ; fidèle au roi et aux quêtes ; accompagné d’un lion. Il est le fils de la Fée Morgane et du roi Urien ; cousin de Gauvain, Gareth, Gaheris, Agravain et Calogrenant.

frise épée 10

  • Bedivere, Gauvain et Keu sont les plus anciens personnages associés à Arthur.Medieval Manuscript Images, Pierpont Morgan Library, Noms, armes et blasons des chevaliers de la Table Ronde. MS M.16 fol. 69r Armond (or, a griffin vert, beaked and armed argent)
  • Bien que plus nombreux au début de la quête, seuls les trois chevaliers Perceval, Bohort et Galaad atteignent le château Corbenic dans lequel se trouve le Graal. Perceval est le premier chevalier mentionné dans la chronologie, mais il est voilé par Galaad, mentionné plus tard comme le seul chevalier ayant pu voir l’intérieur du calice, honneur qu’il paie de sa vie. Perceval est connu dans la quête pour ne pas avoir posé la question sur le Graal qui aurait sauvé les vies de Pellès, le roi pêcheur, et d’un autre roi, tous deux gardiens de l’objet mythique de la légende arthurienne.

épée 20

Ci-dessous, des exemples d’articles – parmi nombreux autres sur ce site – sur le thème des  » Chevaliers de la Table Ronde  »… Chaque article, peut vous conduire à d’autres articles, pour le prolonger… Bonne Quête… !

La Légende des chevaliers de la Table Ronde – résumé – 1/9

L’admission de Sir Tristan parmi les chevaliers de la Table …

Le Roi Arthur et des Chevaliers de la Table Ronde » illustré …

Yvain | La Quête du Graal

Qui est Sir Galahad, ou Galaad ? | La Quête du Graal

Lancelot ou Le chevalier à la charrette – Chrétien de Troyes …

Lancelot | La Quête du Graal

Tristan | La Quête du Graal

Mordred | La Quête du Graal

Camelot | La Quête du Graal

Chrétien de Troyes | La Quête du …

L’admission de Sir Tristan parmi les chevaliers de la Table ronde – W. Dyce

A propos d »un tableau de William Dyce, peintre écossais né à Aberdeen le 19 septembre 1806 et mort à Londres le 14 février 1864 . Il fut membre de la Royal Academy (RA) .

William Dyce Hospitality Admission of Sir Tristram to the Round Table

Sir Tristan ( ou Tristram) , après de nombreuses péripéties, est conduit à la cour du roi Arthur. La scène qui est représentée est utilisé ici pour illustrer la vertu chevaleresque de l’hospitalité.

L'admission de Sir Tristram au Mouvement de la Table ronde détail 2

L'admission de Sir Tristram au Mouvement de la Table ronde détail 3

 

«Alors le roi Arthur a pris Sir Tristram par la main pour le conduire à la Table ronde. Puis vint la Reine Guenièvre et beaucoup de dames avec elle, et toutes lui ont dit d’une seule voix: «. Bienvenue, Sir Tristram ‘-‘ Bienvenue, dit Arthur, « pour l’un des meilleurs chevaliers et le plus doux du monde, reconnu de tous, vous êtes les bienvenus à cette cour. »- Tiré de l’oeuvre de Malory

L'admission de Sir Tristram au Mouvement de la Table ronde détail 5

Cette fresque, intitulée Hospitality, est le plus grand des cinq que William Dyce a prévu pour cette salle. Elle était inachevée à la mort de l’artiste en 1864, et a été terminée par CW Cope.

L'admission de Sir Tristram au Mouvement de la Table ronde détail 6

Le chevalier, Sir Tristram, se tient sur les marches devant le roi, qui soulève son épée en signe de bienvenue.

L'admission de Sir Tristram au Mouvement de la Table ronde détail 4

Derrière Sir Tristram, Sir Lancelot qui – sans le savoir – venait de combattre avec Tristram , ainsi que Sir Gauvain et Sir Gaheris, que Lancelot et Tristram avaient rencontré à leur retour à Camelot. Les dames de la cour soulèvent leurs mains et chnatent en guise de salutation, un harpiste et deux garçons font de la musique. Derrière le roi Arthur, on peut apercevoir voir le bord de la table ronde, avec des chevaliers debout pour applaudir. Le roi devrait ensuite choisir une siège pour l’offrir à Sir Tristram.

L'admission de Sir Tristram au Mouvement de la Table ronde détail 1

Dyce, également avait prévu une représentation d’un autre thème : ‘Piété: Le départ des Chevaliers de la Table ronde sur la Quête du Saint-Graal. L’aquarelle originale existe, mais ce projet n’a pas été accepté par la Commission des Beaux-Arts.

william_dyce Knights of the Round Table Departing on the Quest for the Holy Grail

Les cinq fresques de la Chambre Robing représentent les principales vertus de la chevalerie: Courtoisie, Mercy, Religion, générosité et l’hospitalité. Dyce a effectivement été mandaté pour produire sept fresques et frises dans la salle, pour la somme de £ 800 par an.

Les contes arthuriens – principalement dans la version du 15e siècle de Sir Thomas Malory – ont longtemps été reconnus comme un mythe héroïque fondateur de la nation britannique et en tant que tels, ont été pressentis pour avoir une place importante dans la décoration du nouveau Palais de Westminster.

L'admission de Sir Tristram au Mouvement de la Table ronde

 

Tarot -10- La Roue de fortune , La Table Ronde.

Le Tarot de la Quête du Graal

Les arcanes majeurs ou  » grands pouvoirs »

10-roue-fortuneCet arcane exprime la fatalité, soit : des circonstances face auxquelles l’on ne peut que s’adapter en agissant en fonction de ce qui arrive. Pas d’autre choix possible face à cet arcane que de laisser faire et s’adapter, ou de lutter contre les événements qui se présentent et d’en souffrir.

fortuna1_Hortus_Deliciarum
Enluminure de l’Hortus Deliciarum (XIIe s). Fortune sur un trône, à gauche de la roue qu’elle actionne. Jupiter siège sur la roue. Il porte ici la même couronne impériale que Fortune et un trésor sur les genoux. Il brandit deux récipients contenant les biens et les maux.

La Roue de la fortune fait partie des thèmes les plus largement utilisés par la littérature et la philosophie médiévale. Elle représente essentiellement la mutabilité de la vie, le caractère éphémère du règne humain sous la loi divine des cieux. Les rois peuvent arriver aux sommets et pourtant tomber en un clin d’œil.

Dans la tradition arthurienne, Gauvain – l’un des premiers chevaliers en quête du Graal – rencontre (la déesse) Fortune dans grand-château ; mi-noire, mi-blanche, Fortuna se tient au sommet de la roue, changeant sans cesse à mesure du mouvement de celle-ci. Sa mutabilité est encore plus manifeste quand elle apparaît en alternance belle et hideuse. Toutefois, quand Gauvain est en sa présence, Fortuna reste belle, montrant au Chercheur de Graal son rayonnement intérieur…

10 La Table RondeLa Table Ronde, représente la stabilité des lois éternelles qui se manifestent à chaque époque et chaque cycle ; pour la perception terrestre, ces lois semblent modifiables et incertaines, mais elles suivent certains modèles cosmiques. Ceux qui sont assis à la Table Ronde sont assujettis à ces lois et s’adaptent continuellement à leur manifestation.

A La Table Ronde, les chevaliers s’assoient, pour raconter leurs exploits et réguler les lois du Pays, par leur vigilance et leur action personnelles.

– La Question du Graal : Assis à La Table, je m’interroge, je relis les événements… Quelle  »Fortune » m’attend ?

Sources : Le Tarot du Graal, et Le Tarot Arthurien de Caitlin et John Matthews

Les chevaliers de la Table Ronde.

Le mythe arthurien est une légende mystique et merveilleuse, une saga passionnante dans laquelle le roi Arthur, entouré des chevaliers de la table ronde, défie ennemis et maléfices pour conquérir le Graal et rétablir la paix dans son royaume.

arthur-knights-table-2

Les chevaliers de la Table Ronde constituent, dans la légende arthurienne, un ordre chevaleresque au service du roi Arthur chargé de mener la quête du Graal et d’assurer la paix du royaume.

King Arthur's Round Table WinchesterLa Table Ronde en elle-même fut dressée après que Merlin l’Enchanteur eut révélé à Arthur la nécessité de créer une assemblée faite de preux chevaliers afin de retrouver le Graal.

La Table Ronde rappelait qu’ils héritaient de leur place uniquement sur leurs mérites, et qu’ils étaient à ce titre tous égaux.  La distance par rapport au roi peut réintroduire une hiérarchie, ce siège est choisi au hasard parmi les derniers. Elle symbolise l’égalité et la fraternité entre les chevaliers. Outre l’intérêt de rassembler les meilleurs chevaliers du royaume cette table était destinée à recevoir le Graal, quand il aurait été retrouvé.

 La Chevalerie

La chevalerie est le terme qui désigne l’institution féodale des chevaliers et les valeurs qui lui sont associées ou par le biais de la littérature, notamment le courage, l’honneur, la générosité et la notion d’amour courtois.

Qui pouvait devenir chevalier?

La chevalerie est socialement composite. Elle entretient des rapports assez complexes avec la noblesse. La noblesse au moyen âge n’est pas un statut ou un privilège mais une qualité d’intensité variable.chevalier_PH_91412

Tous les chevaliers n’étaient pas guerriers à plein temps, il existait des chevaliers-paysans vivant en communauté  dans des habitations fortuites. Le chevalier resta en contrebas, il mange parfois à la table du seigneur, partageant sa vie aventureuse avec ses fils, mais il est bien souvent d’origine sociale moindre. La chevalerie a été pour certains hommes du moyen-âge un ascenseur social, mais nombre de chevaliers sont issus d’anciennes famille noble : ils en sont les cadets célibataires et sans héritage, voire des bâtards.

Quelles que soient les origines du chevalier, l’équipement de base du chevalier ( heaume, haubert, épée, cheval )  représentant le revenu annuel d’une seigneurie moyenne de cent cinquante hectares.

Comment devient-on chevalier ?

Adoubement chevalier 2L’adolescent accède à ce titre et à cet état après un apprentissage à la suite duquel il sera adoubé.  Avant l’adoubement, vers l’âge de sept ans, il est placé chez un seigneur qui sera son parrain. Il y gravit tous les degrés de l’éducation qui visent à en faire un guerrier. Il aide les chevaliers au tournoi et à la guerre.

Le chevalier est un soldat au service d’un seigneur, et un professionnel de la guerre, il vit souvent au château et doit être fidèle à son seigneur, lorsqu’il est vassal.

Les devoirs du chevalierChrétien de Troyes - Yvain ou le Chevalier au lion  by Natalia Golovanova

Envers sa dame :  Le comportement élégant d’un chevalier est la courtoisie. Elle se charge d’une dimension amoureuse, incarnée dans le personnage de Lancelot. L’amour courtois est chanté par les troubadours et les trouvères.

Le chevalier doit mettre son épée au service du pape et des faibles. Les qualités de chevalier sont la sagesse, la prouesse, la générosité et la fidélité.

Knights names  of the Round Table

Parmi les chevaliers de la Table Ronde, citons:

Arthur : Fils d’Uther Pendragon, roi des Bretons et d’Ygraine, veuve de Gorlois, duc de Cornouailles, est un personnage très important de la mythologie bretonne. Emmené par Merlin lorsqu’il est encore enfant et confié à Antor, il est le seul à pouvoir tirer Excalibur de son socle. Il est le roi de la Table Ronde.Agravain The fight in the queen's (304)

Agravain : Fils du roi Loth d’Orcanie et de la reine Morgause. Il est le neveu du roi Arthur et le frère de Gauvain. Un des dénonciateurs des relations entre Lancelot et Guenièvre. Lors de son intervention au procès de Guenièvre, Lancelot se venge en le tuant.

Galaad speedgalGalahad : Fils de Lancelot du Lac, vainqueur de la quête du Saint Graal avec Bohort et Perceval, il est le seul à pouvoir regarder à l’intérieur de la coupe ; C’est le plus jeune chevalier de la Table Ronde ; le seul assez pur pour s’asseoir sur le siège périlleux sans en être englouti.

GauvainGauvain : C’est le chevalier modèle et le meilleur de tous. Il fait preuve d’une courtoisie exemplaire pour tous les autres chevaliers de son temps. Il porte fréquemment l’épée du roi Arthur. Il  se bat pour Arthur mais se fait tuer par Lancelot.

Lancelot pylelslasmLancelot : Il est l’un des chevaliers de la Table Ronde. Faisant ainsi partie du cycle du Graal. Il est l’archétype du chevalier courtois au service de sa dame, étant même prêt à sacrifier son honneur pour rejoindre celle-ci. Cependant, cet amour sera à l’origine de sa perte et l’empêchera de trouver le Saint Graal. Seul son fils, Galahad le Pur, aura ce privilège.

Lors de son enfance, il fut emporté dans un lac par Viviane ( la dame et fée des lacs) ;  Lancelot fut le sauveteur de Guenièvre, il est reconnu le meilleur chevalier du monde et l’égal de Gauvain dans la Table ronde. Il tue Gareth, Agravain puis Gauvain pour Guenièvre.

Perceval hjfserpPerceval : Fils de Pellinore, il est le vainqueur de la quête du Saint Graal avec Bohort et Gahalad.

Tristan : Fils du roi Mélioda de Liories, il est l’époux d’Iseut aux mains blanches et amant d’Iseut la blonde. Le deuxième meilleur chevalier du monde

YvainYvain : Fils de Morgane et du roi Urien, Il est l’un des meilleurs chevaliers de la Table ronde ; banni par Arthur ; fidèle au roi et aux quêtes ; il est accompagné d’un lion.

 Conclusion

Le XIIe siècle fut sans doute le siècle d’or de la chevalerie. Celle-ci se structurait comme une véritable classe avec ses codes, ses valeurs et son mode vie.Chevalier tournoi 2

La cavalerie perdit sa primauté sur les champs de bataille, du fait de la réutilisation de nouvelles tactiques, ou de la mise au point de nouveaux armements.

Si l’alourdissement des armures des cavaliers et des montures put un temps pallier ses faiblesses, la diffusion des armes à feu sur les champs de bataille dès la seconde moitié du XVe siècle porta un coup fatal à la chevalerie comme force militaire.

A la même époque apparaissent les ordres de chevalerie au rôle essentiellement politique.

Sources:  Michel Vital Le Bossé, professeur de philosophie et passionné des légendes arthuriennes…

Un Yankee à la cour du Roi Arthur

Mark Twain (1835-1930) est l’un des plus célèbres écrivains américains. Auteur des Aventures de Tom Sawyer et de celles de Huckleberry Finn, il manie l’humour, la satire et l’impertinence avec une maîtrise particulièrement efficace qui ont fait de lui un auteur universellement apprécié.

Attention!!!

Cet avertissement concerne les amoureux de la Table Ronde…

Un yankee ( un type du Connecticut) du XIXe n’est – semble t-il pas – en mesure d’apprécier le mythe du Graal …  Aussi, se venge t-il sur les personnages : Merlin est un vieux magicien roublard, sans talent et orgueilleux, Arthur un vulgaire mari trompé, Guenièvre est une femme aux mœurs légères et sans réelle dignité… C’est aussi, sans doute, un peu cela (pourquoi pas?), mais c’est surtout pour Mark Twain, l’occasion de faire comme il sait et apprécie de le faire … une peinture critique de la société conservatrice anglaise, qui aurait la faiblesse de se reconnaître dans une chevalerie idéalisée ….

Les tournois sont ridiculisés (moment d’anthologie quand l’Américain est obligé de relever un défi !) et seul le sort des chevaux inquiète notre infortuné héros.

Ce yankee, surnommé « Le Boss » et, va profiter de ce retour dans le temps pour remodeler le pays à l’image d’une Amérique idéale, au tout début de l’ère industrielle. En avance sur son temps, le boss catalogué magicien, devient le concurrent direct de Merlin.

Des lignes télégraphiques conçues en secret pour ne pas déplaire à l’Eglise toute-puissante, des chevaliers transformés en hommes-sandwiches qui font du porte-à-porte pour vendre du savon (car le B.A. BA de l’hygiène est totalement inconnu à la Cour, ce dont s’indigne le Boss). Bref, l’Angleterre féodale découvre avec bonheur (quoique…) les avantages de la démocratie.

L’américain du XIXe s. se moque de la vieille Europe, de ses mythes. Ce roman, permet de faire de la sociologie comparée… avec d’autant plus d’humour, que la date de parution de ce roman est de 1889.

Mark Twain, scrute avec humour, et sans doute lucidité, nos faiblesses humaines…

 

Illustrations de DAN BEARD (1850 ~ 1941)

A Yankee in King Arthur’s Court
by Mark Twain
Published by Charles C. Webster & Co ~ 1889

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La légende de Merlin l’enchanteur. – 3/3 –

Artus et les chevaliers

Le roi tableAprès avoir chevauché quelques heures, ils éprouvèrent le désir de se reposer. On était au printemps. La beauté du ciel, le chant des oiseaux, la fraîcheur de la verdure naissante les plongèrent dans une douce rêverie. Ils n’en sortirent que pour s’apercevoir que quatorze jeunes gens, tous beaux et bien vêtus, les regardaient. Ces jeunes gens demandèrent où était le roi Artus.
Aussitôt désigné, le roi les vit s’agenouiller devant lui pour lui dire qu’ils désiraient tous recevoir de lui l’ordre de la chevalerie, afin de le servir loyalement et fidèlement. Déjà, durant son absence, ils avaient défendu ses terres contre de terribles agresseurs.
L’air noble des jeunes gens, cette prévenance en sa faveur, inclinèrent Artus à demander qui ils étaient. Celui qui les conduisait se présenta d’abord : c’était Gauvain, fils du roi d’Orcanie. Puis il nomma ses compagnons. Artus leur fit le meilleur accueil et embrassa Gauvain, qui se trouvait être son neveu.

– Je vous octroie la charge de connétable, lui dit-il.

Et il l’investit par son gant gauche. Quelques jours après, ils arrivèrent tous à Logres. Et là, le roi Artus prit Escalibor, la bonne épée, et la pendit au flanc gauche de Gauvain, puis il lui chaussa 1’éperon droit, tandis que le roi Ban lui bouclait le gauche, les éperons d’or étant le signe distinctif des chevaliers. Enfin, il lui donna l’accolade. Il adouba de même, c’est-à-dire revêtit d’une armure ses compagnons, et leur distribua des épées. Seul l’un d’eux, Sagremor, neveu de l’Empereur de Constantinople, ne voulut point d’autre épée que celle de son pays. Puis, chacun des nouveaux chevaliers adouba à son tour les gens de sa maison. Et pour finir, ils allèrent tous ouïr la messe.
Au retour, Merlin, devant le roi, les seigneurs et les nouveaux chevaliers assemblés, leur conta l’histoire du Graal. Pour finir, il dit, s’adressant à Artus :
– Sire, il vous appartiendra à présent de dresser la table du Graal, d’où il adviendra quantité de merveilles.
– La table sera dressée au château de Carduel, en Galles, répondit Artus et le jour de Noël, j’élirai les chevaliers qui auront droit d’y siéger.

épée sword fond blanc 600

Merlin et Viviane

Merlin et Viviane (la Dame du Lac), peint par Gustave DoréUne seconde fois, Merlin s’en alla rejoindre Viviane, ainsi qu’il le lui avait promis. Vous devez croire qu’il avait grand désir de s’y rendre très vite. Pourtant, il fit un détour au royaume de Bénoïc, en Petite Bretagne, puis au royaume de Gannes, où il conta ce qui s’était passé en Carmélide. Et sachant toutes choses, il demanda aux rois de ces pays de prendre la mer avec des soldats afin d’aider Artus à chasser les Saines du royaume de Logres.
Alors, satisfait de leur réponse, il s’en fut donc en forêt de Brocéliande. Quand Viviane l’aperçut, elle courut à lui, et tous deux éprouvèrent une grande joie à se retrouver.
Sans plus tarder, Viviane voulut connaître de nouveaux jeux.
– Beau Sire, lui dit-elle, dites-moi comment je pourrais faire dormir un homme aussi longtemps qu’il me plairait…
Elle se garda bien de lui révéler pour qui elle désirait cette science, car elle croyait que Merlin ne la lui aurait pas enseignée. Mais Merlin lisait dans sa pensée. Et il savait qu’elle invoquait une fausse raison quand elle ajouta :
– J’aimerais endormir mon père Dyonas, et ma mère, quand vous viendrez me voir, pour être tout à fait libre.
Merlin refusa. Viviane n’en parut que peu contrariée. Déjà, elle était sûre d’elle-même et de son pouvoir sur Merlin, et, quand arriva le dernier jour, ainsi qu’elle le prévoyait, Merlin céda. Ils se trouvaient alors tous deux dans le verger nommé « Repaire de joie et de liesse », et Merlin lui apprit non seulement ce qu’elle désirait, mais beaucoup d’autres choses encore, par exemple trois mots qu’elle prit par écrit et qui avaient cette vertu de l’empêcher d’appartenir à un homme lorsqu’elle les portait sur elle. Merlin se munissait ainsi contre lui-même, mais il se savait si amoureux de Viviane qu’il lui céderait toujours.
Alors qu’il s’en revenait à Logres, il prit l’aspect d’un vieillard affublé d’un costume démodé, mais pimpant. Or, le jour était extrêmement beau, et Gauvain, dans le dessein d’en profiter, avait demandé son cheval et avait pris le chemin de la forêt.
C’est ainsi qu’il rencontra Merlin monté sur un palefroi blanc. Celui-ci l’aborda et le ramena à la réalité :
– Messire Gauvain, lui dit-il, si tu m’en croyais, tu laisserais là promenade et rêverie, car il vaudrait mieux pour ton honneur faire la guerre aux ennemis de ton roi.
Gauvain éberlué, allait répondre, mais Merlin avait déjà disparu.

épée sword fond blanc 600

La guerre aux Saines

Flint, Sir W. Russell (1880 - 1969) combatC’est qu’en effet l’instant était grave. Les Saines, redoutables guerriers, plus nombreux que les flots de la mer, assiégeaient alors la ville de Clarence.
Or, un jour où le ciel était couleur de plomb, enveloppé de brume, les Saines furent réveillés par une multitude de lances qui, telle des bêtes sauvages, se jetèrent avec fureur sur leurs tentes, abattant les mâts, renversant les pavillons et massacrant tout ce qui se trouvait sur leur passage. L’armée des chevaliers, qui avait pour enseigne la bannière blanche à croix rouge, avançait ainsi inexorablement, chassant les Saines, qui tentaient vainement de se rallier au son de leurs cornes et de leurs buccins.
Gauvain tua le roi Ysore et lui prit son cheval, le « gringalet », qui pouvait courir dix lieues sans connaître la fatigue. Les rois Artus, Ban et Bohor, et combien d’autres, firent merveille. Merlin jeta des enchantements, si bien que les Saines cédèrent et s’enfuirent de toute la vitesse de leurs chevaux, s’embarquant sur des bateaux pour une destination inconnue.
Alors Artus partagea entre les chevaliers le riche butin laissé par l’ennemi, puis il fit duc de Clarence, Gasselin, l’un de ses chevaliers. Et il y eut cinq jours de grande liesse.

épée sword fond blanc 600
Mariage d’Artus

guinevere and Arthur mariageLe sixième jour, ils partirent pour la Carmélide, où Guenièvre attendait Artus.
Le jour du mariage, il y eut plus de joie que jamais en un jour de fête. La salle fut couverte de joncs, d’herbes vertes et de fleurs qui embaumaient. L’été débutait, et un vent chaud avait lustré le ciel qui débordait de soleil.
Guenièvre apparut aux yeux éblouis de tous, le visage découvert, ses cheveux blonds couronnés d’or et de pierreries, vêtue d’une robe lamée d’or, si longue qu’elle traînait à plus d’une demi-toise. En cortège, les fiancés, les rois et leur cour, les barons du royaume de Carmélide, les nobles et les bourgeois se rendirent à l’église pour la bénédiction nuptiale. Ensuite, tout ce monde fit bombance, après avoir entendu les ménestriers jouer du violon, de la flûte et des chalumeaux, puis les chevaliers se divertirent à l’escrime et autres jeux, et tous dansèrent et prolongèrent ces plaisirs fort tard dans la nuit. Pas un convive n’oublia de sa vie une aussi belle journée.
Une semaine après, les rois Ban et Bohor prenaient congé d’Artus, qu’ils n’avaient pas quitté depuis qu’ils guerroyaient contre les Saines, et regagnèrent leurs terres. Ils partirent en compagnie de Merlin et, ensemble, ils traversèrent la mer pour arriver en Petite Bretagne, où ils furent accueillis avec des transports d’allégresse.
Cependant, Merlin poursuivit son chemin pour aller voir Viviane, dans la forêt de Brocéliande.

épée sword fond blanc 600

Le lac de Diane

Ford, H. J. (1860 - 1941) Merlin et VivianeViviane reçut son ami avec beaucoup de tendresse, si bien qu’il en tomba plus amoureux encore, si la chose se pouvait. Ayant pris la peine de lui expliquer la plupart de ses jeux, c’était elle maintenant qui lisait dans ses yeux et dans sa pensée, de telle façon qu’il n’eût jamais aucun secret pour elle.
Un après-midi qu’ils se promenaient tous deux dans la forêt, Merlin conduisit Viviane au lac de Diane. Il lui fit remarquer une tombe, en marbre, où l’on voyait en lettres d’or ces mots : Ci-gît Faunus, l’ami de Diane.
Puis il lui conta cette histoire : Faunus aimait loyalement Diane, la déesse des bois. Hélas ! celle-ci lui préféra Félix et elle n’hésita point, un jour que Faunus blessé voulut se baigner dans l’eau enchantée qui se trouvait alors à la place même de la tombe, à faire renverser une pierre sur lui, celle-là même qui fermait à présent le tombeau, où gisait écrasé le pauvre Faunus. Alors Félix, indigné par l’acte criminel de Diane, la prit par sa tresse, et lui coupa la tête de son épée.
– Et qu’est donc devenu le manoir que Diane avait fait bâtir ? demanda Viviane, après un grand moment de silence.
– Le père de Faunus le détruisit dès qu’il connut la mort de son fils.
Or, devinez quelle idée vint brusquement à Viviane ? Elle émit le désir d’avoir un manoir aussi beau et aussi riche que celui de Diane.
Et aussitôt, pour lui complaire, Merlin faisait jaillir, à la place du lac, un château, si merveilleux qu’il ne s’en trouvait point de semblable dans toute la Petite Bretagne.
– C’est votre manoir, ma mie, lui dit-il. Jamais personne ne le verra qui ne soit de votre maison, car il est invisible pour tout autre et aux yeux de tous, il n’y a là que de l’eau. Si, par envie ou par traîtrise, quelqu’un de vos gens révélait le secret, aussitôt le château disparaîtrait pour lui, et il se noierait en y croyant entrer.
– Mon Dieu ! fit Viviane éblouie, jamais on n’entendit parler d’une demeure plus secrète et plus belle.
À la voir si heureuse s’augmenta encore la joie de Merlin, qui lui apprit plusieurs autres enchantements, au point qu’il devint d’une imprudence folle.
– Beau Sire, lui dit-elle un jour, il y a encore une chose que je voudrais savoir. C’est comment je pourrais enserrer un homme sans tours, sans murs, sans fers, de manière qu’il ne pût jamais s’échapper sans mon consentement…
Merlin, qui lisait dans sa pensée, répondit :
– Ma belle amie, de grâce, ne me demandez plus rien. Vous voulez m’enfermer ici pour toujours, et je vous aime si fort qu’il me faudra faire votre volonté.
Viviane lui sourit tendrement :
– Je n’ai sans vous ni joie ni biens, dit-elle, et j’attends tout de vous. Puisque je vous aime autant que vous m’aimez, ne devez-vous pas faire ma volonté et moi la vôtre ?
– La prochaine fois que je viendrai vous voir, je vous enseignerai ce que vous désirez.
Il y avait obligation pour Merlin de retourner, à présent, au royaume de Logres, auprès du roi Artus qui réunissait beaucoup de monde à Carduel, au moment de Noël.

épée sword fond blanc 600

Fondation des Chevaliers de la Table ronde

L'épée et les chevaliers de la table rondeEt il y eut, en effet, grande réception et festin en ce jour, au château de Carduel, au pays de Galles.
Merlin amusa les invités du roi en prenant diverses apparences, puis, quand les tables furent enlevées, après le repas, il rappela l’histoire du Graal ou l’histoire de ce vase contenant le sang du Christ. Or, d’après la légende, ce vase avait été transporté en Petite Bretagne.
– Et, dit Merlin, il est écrit que le roi Artus doit établir ici même une table, qui sera ronde pour signifier que tous ceux qui devront s’y asseoir ne jouiront d’aucune préséance. À la droite du roi demeurera toujours un siège vide, en mémoire du Christ. Qui se risquerait de le prendre, sans être l’élu, serait puni de mort, car il est réservé au Chevalier qui aura conquis le Graal.
– Qu’il en soit ainsi ! déclara Artus.
Et aussitôt qu’il eut parlé, surgit, au milieu de la salle, une table ronde autour de laquelle se trouvaient cent cinquante sièges de bois. Et sur la plupart d’entre eux, on lisait en lettres d’or : Ici doit s’asseoir Un Tel Mais sur celui qui était à la droite du fauteuil du roi, aucun nom n’était inscrit.
Artus et les chevaliers désignés vinrent prendre place. On remarquait messire Gauvain, et tous ceux qui avaient défendu le royaume durant l’absence du roi.
Puis Gauvain, en sa qualité de connétable, prononça, au nom de tous, le serment solennel : que jamais Dame, Damoiselle ou homme ne viendrait demander aide à la cour sans l’obtenir, et que, si l’un des chevaliers présents disparaissait, les autres, tour à tour, se mettraient sans trêve à sa recherche, pendant un an et un jour.
Tous les Chevaliers de la Table ronde jurèrent, sur des reliques de saints, de tenir le serment qu’avait fait pour eux messire Gauvain.
Ensuite, la reine Guenièvre proposa que quatre clercs fussent à demeure dans ce château de Carduel pour mettre par écrit toutes les aventures des Chevaliers.
Le roi Artus l’approuva. Et à l’unanimité, les Chevaliers manifestèrent grande joie.

épée sword fond blanc 600

Quête de Merlin

le tombeau de Merlin La Forêt de BrocéliandePour la quatrième fois, Merlin quitta la cour du roi Artus pour se rendre dans la forêt de Brocéliande.
Le roi et la reine en furent peinés, car il était pour eux un excellent ami. Et d’autant plus que Merlin leur avait dit qu’il ne reviendrait pas. Était-ce possible, se disaient-ils, en le voyant disparaître au loin, sur un cheval superbement harnaché.
Ayant retrouvé Viviane, Merlin céda enfin à sa prière et il lui donna les moyens de le faire prisonnier d’amour pour toujours. Mais cela, on l’ignorait à Carduel et quand trois mois furent écoulés, sans que Merlin parût, Gauvain dit au roi, qui se montrait très triste :
– Sire, je vous jure, par le serment que je fis, pour Noël, que je le chercherai, partout où cela me sera possible, durant un an et un jour.
Et tous les chevaliers l’imitèrent, et partirent en quête de Merlin à la même heure. Ils se séparèrent à une croisée de chemins.
Or, un jour que Gauvain traversait une forêt après avoir longtemps erré sur les terres de Logres et ne savait où se diriger, il croisa une Damoiselle montée sur un beau palefroi noir, harnaché d’une selle d’ivoire aux étriers dorés. Elle-même était richement vêtue. Mais Gauvain, plongé dans une sombre rêverie, passa auprès d’elle sans la voir ni la saluer, ce qui représentait, pour un chevalier, une faute grave.
Profondément choquée, la Damoiselle fit tourner son palefroi et aborda Gauvain, pour lui reprocher son manque de courtoisie. Et, pour le punir, elle lui souhaita de ressembler au premier homme qu’il rencontrerait.
Gauvain s’inclina, ne dit mot et repartit, mais à peine eut-il chevauché quelques lieues, ses yeux s »arrêtèrent sur un nain qui marchait en compagnie d’une Damoiselle. Se rappelant la leçon qu’il venait de s’attirer, il s’empressa de la saluer.
À quelque distance, il ne comprit pas, ou il ne comprit que trop, ce qui lui arrivait : les manches de son haubert lui venaient maintenant bien au-delà des mains, et les pans lui couvraient les chevilles. Eh oui, Gauvain avait tellement diminué de taille qu’il n’était plus qu’un nain, dont les pieds n’atteignaient pas les étriers et la tête son écu… Sa peine fut si vive, qu’il se demanda, un moment, s’il n’allait pas en finir avec la vie.
Mais que dirait-on, à la cour du roi Artus, d’un chevalier qui n’aurait su faire face à l’épreuve ? Et déjà, s’aidant d’un tronc d’arbre coupé pour descendre de cheval, il raccourcissait ses étriers, relevait les manches et les pans de son haubert et aussi ses chausses de fer. Puis, courageusement, il reprit la route pour être fidèle à son serment.
Mais de Merlin, point ne se présentait. Personne ne l’avait vu ni ne le connaissait. Et vous devinez aisément l’angoisse de messire Gauvain qui continuait à parcourir des lieues.
Un jour, il entra dans la forêt de Brocéliande, et c’est là qu’il découvrit un étrange phénomène : une sorte de vapeur… Il ne pouvait croire que son cheval ne franchirait pas un obstacle transparent et aérien. Mais non. Obstinément, le cheval refusa d’avancer… Et, soudain, il s’entendit appeler par son nom, et reconnut la voix de Merlin.
– Où êtes-vous ? demanda Gauvain. Je vous supplie de m’apparaître…
– Non, répondit Merlin, vous ne me verrez plus jamais, et après vous je n’adresserai la parole qu’à ma mie, Viviane. Le monde n’a pas de tour si forte que la prison d’air où elle m’a enserré.
Et il raconta comment, alors qu’il dormait, Viviane avait fait un cercle de son voile, autour du buisson ; et comment, quand il s’éveilla, il comprit qu’il ne pourrait plus sortir de ce cercle enchanté où Viviane le retenait prisonnier. Il dit encore :
– Saluez pour moi le roi, et madame la Reine, et tous les chevaliers et barons, et contez-leur mon aventure. Puis il ajouta : Ne désespérez pas de ce qui vous est advenu, Gauvain. Vous retrouverez la Damoiselle qui vous a enchanté ; cette fois, n’oubliez pas de la saluer, car ce serait folie.
À tout ce discours, le nain Gauvain ouvrit de grands yeux. Cependant, il reprit la route de Carduel, tout à la fois heureux et mécontent, heureux de ce que Merlin lui prédisait la fin de sa mésaventure, et mécontent de penser que son ami s’était montré, pour la première fois, plus fol que sage.
Quand il traversa la forêt où il avait croisé la Damoiselle qui lui avait jeté ce mauvais sort, il craignait tant de la rencontrer et de ne pas la saluer, qu’il ôta son heaume pour mieux la voir. Et soudain, il l’aperçut aux prises avec des chevaliers félons qui lui voulaient du mal. Gauvain s’élança alors sur eux et les combattit si bien, malgré sa petite taille, qu’il les mit en déroute.
En reconnaissance de son dévouement et de sa bravoure, la Damoiselle, sur la promesse qu’il lui fît d’être toujours courtois, lui permit de redevenir ce qu’il était avant leur première rencontre.
Alors messire Gauvain chevaucha si vite qu’il arrive en même temps que les chevaliers qui étaient partis comme lui pour chercher Merlin et qui revenaient, comme lui, après un an et un jour. Tous firent au roi et à la reine le récit de leurs aventures et quand vint le tour de Gauvain de raconter l’enserrement de Merlin, il provoqua chez tous une grande tristesse.
Des clercs mirent ces récits par écrit. Grâce à eux, nous les connaissons aujourd’hui.

*** Bien sûr tous ces textes sont des adaptations modernes, recueillies comme des  » Contes et Légendes de Merlin « , inspirées par les textes anciens ….

Sur la route du Roi Arthur – 1/3 –

Chateau de tintagel-banner
Arrivée d'Uterpandragon à Tintagel  et Conception d'Arthur
Arrivée d’Uterpandragon à Tintagel, et Conception d’Arthur.
En Cornouailles, à l’Ouest de la Grande Bretagne, sur la côte nord de cette péninsule, se visite les ruines du château de Tintagel. Dans cette forteresse, aurait été conçu et serait né Arthur: de sa mère Ygerne, duchesse de Cornouailles, et son père Uther Pendragon, Roi de Grande Bretagne.
Ce château en ruine a été construit par Richard de Cornouailles : seigneur des Cornouailles du XIIè siècle. Il voulait ainsi se rattacher de façon tangible à Arthur, le faisant son illustre ancêtre.
 
800px-Frank_William_Warwick_Topham_Voyage_of_King_Arthur_and_Morgan_Le_Fay_to_the_Isle_of_Avalon_1888L'île d'Avalon ou d'Avallon est, dans la littérature arthurienne, le lieu où est emmené le roi Arthur après sa dernière bataille à Camlann. C'est aussi, selon certaines sources, l'endroit où fut forgée l'épée d'Arthur, Excalibur. C'est enfin l'île où vivait supposément la fée Morgane.
Dans Erec et Enide, Chrétien de Troyes situe l'île dans l'actuelle Cornouaille continentale. La localisation d'Avallon à Glastonbury, dans le Somerset, à la fin du XIIe siècle est certainement due à la volonté des moines de cette abbaye d'appâter les pèlerins et de s'attirer les bonnes grâces du roi Richard Cœur de Lion en accaparant la renommée du désormais célèbre roi breton.
Great_Hall_Winchester table ronde
A Winchester, dans le grand hall de ce qui reste du château, est accrochée au mur : La table Ronde… Elle date du XIème siècle, à l’époque où la monarchie anglaise redécouvre le mythe arthurien qui parle du retour d’un grand roi pour unifier le pays et le porter vers un nouvel âge d’or. Le décor peint actuel, remonte à Henri VIII, qui est représenté dans le personnage d'Arthur. Au centre, la double rose Tudor, symbole d’Henri VIII, rassemblant la rose rouge des Lancastre (dont il est héritier par son père) et la rose blanche des York (dont il est héritier par sa mère).
 
Glastonbury Tor est une colline située à Glastonbury, dans le comté du Somerset, en Angleterre. Le « Tor » est associé au nom d'Avallon et est identifié au Roi Arthur depuis le récit de Giraud de Barri sur la prétendue découverte en 1191 de deux cercueils sur lesquels on pouvait clairement lire les noms du Roi Arthur et celui de la Reine Guenièvre. En 1278 les os furent déplacés dans une tombe en marbre au coeur de l’abbaye.

Ruines de l’abbaye de GlastonburyLa construction l'abbaye commence au VIIe siècle… Petit à petit au cours des siècles elle se verra agrandir jusqu’en 1541 où elle fut détruite par le roi Henry VIII. Certains pensent que l’abbaye serait encore plus ancienne et daterait du premier siècle et que Joseph d’Arimathie en serait à l’origine… Là, il aurait dissimulé le Graal en l’ensevelissant juste au dessous du Tor de Glastonbury à l’entrée du monde souterrain.