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Gauvain et la demoiselle à la mule

La Demoiselle à la mule (ou La mule sans frein) est un récit en vers attribué à Païen de Maisières. Il a été écrit entre la fin du XII°s et le début du XIII°s.Tarsot_-_Fabliaux_et_Contes_du_Moyen_Âge_1913-70 - La Mule sans frein 2

L’histoire en est la suivante: Une demoiselle, ayant perdu un frein à sa mule, vient demander de l’aide à la cour du roi Arthur. Gauvain va se charger d’aider cette dernière afin de lui rendre la joie qu’elle a perdu à cause de cet événement. La mule, privée de la partie essentielle de sa bride, va cependant amener Gauvain sur la trace de l’objet perdu. La quête va aboutir à la sœur de la demoiselle. Il va s’emparer du frein et le rendre à sa propriétaire, brisant ainsi un maléfice qui avait été jeté par la voleuse sur le Château Tournoyant.Tarsot_-_Fabliaux_et_Contes_du_Moyen_Âge_1913-66 - La Mule sans frein - 3

Il va sans dire que Gauvain aura à traverser de multiples épreuves; épreuves constituant un vrai kaléidoscope: elles se succèdent ainsi en cascade, dans un univers restreint (1200 octosyllabes environ) et créent ainsi une aventure énigmatique.

Le récit se veut parodique. En effet, les amours de Gauvain sont, là encore, tout comme dans Le Chevalier à l’épée, ou Hunbaut, portées en dérision.

Chevalier Cheval

Gauvain est « l’éternel célibataire » qui, ayant réussit une épreuve dont le prix devrait être l’obtention de la femme, par exemple ici : celui qui conquérait le frein de la mule, avait (l’amour de) la demoiselle), il s’arrange toujours pour que ce prix n’ait pas uneknight Sir Gawain dimension définitive.

Certains commentateurs notent que celui qui maîtrisera la mule, maîtrisera la demoiselle … Équivalents par métaphore ou par métonymie, cheval et femme sont, donc, échangeables !
Par ailleurs, on peut noter le contraste entre l’inconstance des amours de Gauvain et sa fidélité à son cheval Gringalet : il a une peur bleue de le perdre (voler son cheval c’est lui voler son cœur : Le conte du Graal, v.7102-03) et sa joie est immense lorsqu’il le récupère … Gauvain n’a pas de dame, mais il a un cheval : pas n’importe lequel, pas un cheval anonyme, mais le Gringalet.

Gauvain-le-chevalier-aux-demoiselles

Extrait : Je prends la traduction de Romaine Wolf-Bonvin :

Alors la jeune fille est arrivée. Devant la salle elle descend de sa monture. Gauvain se précipite à sa rencontre et nombreux parmi les autres chevaliers sont ceux qui courent vers elle, lui proposent leurs services et l’honorent tant et plus. Mais il semblait bien à la voir qu’elle n’avait pas envie de badiner car elle avait enduré bien des tourments. Le roi la mande et on la lui amène. Sitôt arrivée devant lui, elle le salue:Sir Gawaine finds the beautiful Lady
– Sire, dit-elle, vous le voyez, je suis fort irritée, et fort chagrine, et ainsi serai-je à tout jamais – et jamais je n’aurai de joie, tant qu’on ne m’aura pas rendu mon frein que par malveillance on m’enleva, ce qui m’a fait perdre toute ma joie. Je le récupérerais, je le sais bien, s’il y avait ici un chevalier assez audacieux pour s’affirmer résolu à en prendre la voie; et s’il voulait me le rendre, je serais toute à lui dès que j’aurais recouvré mon frein, sans débat ni contredit. Et moi, sur-le-champ et sans délai, je ferais tant par amour pour lui, que je lui donnerais ma mule pour le mener à un château très bien situé, puissant et beau, mais qu’il n’aura pas en toute quiétude.

Sir gawain 3

Gauvain est « l’éternel célibataire » qui, ayant réussit une épreuve dont le prix devrait être l’obtention de la femme, par exemple ici : celui qui conquérait le frein de la mule, avait (l’amour de) la demoiselle), il s’arrange toujours pour que ce prix n’ait pas une dimension définitive.

Certains commentateurs notent que celui qui maîtrisera la mule, maîtrisera la demoiselle … Équivalents par métaphore ou par métonymie, cheval et femme sont, donc, échangeables !

Par ailleurs, on peut noter le contraste entre l’inconstance des amours de Gauvain et sa fidélité à son cheval Gringalet : il a une peur bleue de le perdre (voler son cheval c’est lui voler son cœur : Le conte du Graal, v.7102-03) et sa joie est immense lorsqu’il le récupère … Gauvain n’a pas de dame, mais il a un cheval : pas n’importe lequel, pas un cheval anonyme, mais le Gringalet.

Tarot -15- Le Diable – Le Chevalier Vert

Le Tarot de la Quête du Graal

Les arcanes majeurs ou  » grands pouvoirs »

15-diableLe Diable est un personnage imaginaire, mythique, servant le plus souvent à incarner « le Mal ». On pourrait aussi dire qu’il incarne tout ce qui est interdit et tout ce qui dépasse l’entendement, tout ce qui inspire des peurs…

Le diable est celui qui divise, et nous place en face de nos paradoxes…

* Le diable représente le désir de vivre. Le désir sous toutes ses formes… Cet arcane est synonyme de passion, d’instinct, d’énergie et de la liberté.  Il est aussi synonyme de déséquilibre, d’excès ou d’insuffisance. Le Diable peut alors se révéler maléfique, violent, incontrôlable et tyrannique mais aussi instable, dépendant ou complètement passif.

* Le Diable invite à se faire face afin d’oser affronter son ombre et ses peurs. Il est dit que derrière les peurs se cachent des talents latents. Le Diable est l’autre en soi, la part animale (instinctive) millénaire (mémoire collective).

* Mais Attention! Le Diable est le Prince des séducteurs, un redoutable manipulateur. Il est le Maître du jeu. Le Diable vous encouragera toujours à capituler devant vos envies, votre superficialité, et vous incitera à répondre à vos pulsions.

Llewellyn Tarot (by Anna-Marie Ferguson) XV the Devil (the Horned One) The Devil (Herbal Tarot deck)

Et, pourtant :

* Le serpent de la genèse, le diable, est l’instrument de l’éveil à la conscience!

Le diable porte dans son nom même, l’énoncé de sa fonction qui est de séparer. C’est le diable qui pousse à transgresser la loi. Le désir, la pulsion de vie nous oblige à nous dépasser, aller au delà de nos limites pour accéder à plus de conscience.

15 Le chevalier VertDans la légende Arthurienne,  »Le Chevalier Vert » représente celui qui met au défi tous les chercheurs dans leur quête. Il répond aux questions, donne des conseils, et pose aussi des énigmes. Ceux qui pensent tout savoir, il les égare et les tourmente… Son plus grand désir c’est d’être surpassé par un adversaire valeureux…

Le  »Diable  » –  » Chevalier Vert  » représente le défi, les obstacles dont je dois venir à bout… Il matérialise mes peurs, mon ignorance, ma stagnation …etc

Cette carte renvoie à l’histoire contée dans le texte :  »Sire Gauvain et le Chevalier vert » :

Sir gawain et le chevalier vert

Le  » Chevalier Vert  » fait irruption dans la salle, portant un défi appelé le ‘ jeu de la décapitation’. A lire ICI :

GAUVAIN ET LE CHEVALIER VERT -1/2-

GAUVAIN ET LE CHEVALIER VERT -2/2-

le chevalier vert 2Cette histoire a beaucoup de précédents… En particulier un récit qui fait partie du cycle d’Ulster, où Cuculainn est semblablement défié par un terrible géant qui est Cu Roi mac Daire, Roi de Munster, déguisé et personnage puissant de l’autre-Monde… et considéré comme un instrument de la déesse de la Souveraineté ( figure déjà rencontrée …) … Parallèlement : le mystère du Chevalier Vert, s’explique par l’enchantement de Morgane, du chevalier Sire Bertilak … Morgane elle-même une manifestation de la Déesse sous son aspect de Cailleach, ou Femme de la Connaissance Obscure …

Dans le contexte de la  »Quête du Graal », cette Image, appelle à la transformation, et encourage le Chercheur à avancer. Accepter le défi d’échapper du mode normal de l’existence pour s’imposer une nouvelle manière inédite et puissante …

– La Question du Graal : Qu’est-ce qui vous retient?

Sources : Le Tarot du Graal, et Le Tarot Arthurien de Caitlin et John Matthews

Tarot -10- La Roue de fortune , La Table Ronde.

Le Tarot de la Quête du Graal

Les arcanes majeurs ou  » grands pouvoirs »

10-roue-fortuneCet arcane exprime la fatalité, soit : des circonstances face auxquelles l’on ne peut que s’adapter en agissant en fonction de ce qui arrive. Pas d’autre choix possible face à cet arcane que de laisser faire et s’adapter, ou de lutter contre les événements qui se présentent et d’en souffrir.

fortuna1_Hortus_Deliciarum
Enluminure de l’Hortus Deliciarum (XIIe s). Fortune sur un trône, à gauche de la roue qu’elle actionne. Jupiter siège sur la roue. Il porte ici la même couronne impériale que Fortune et un trésor sur les genoux. Il brandit deux récipients contenant les biens et les maux.

La Roue de la fortune fait partie des thèmes les plus largement utilisés par la littérature et la philosophie médiévale. Elle représente essentiellement la mutabilité de la vie, le caractère éphémère du règne humain sous la loi divine des cieux. Les rois peuvent arriver aux sommets et pourtant tomber en un clin d’œil.

Dans la tradition arthurienne, Gauvain – l’un des premiers chevaliers en quête du Graal – rencontre (la déesse) Fortune dans grand-château ; mi-noire, mi-blanche, Fortuna se tient au sommet de la roue, changeant sans cesse à mesure du mouvement de celle-ci. Sa mutabilité est encore plus manifeste quand elle apparaît en alternance belle et hideuse. Toutefois, quand Gauvain est en sa présence, Fortuna reste belle, montrant au Chercheur de Graal son rayonnement intérieur…

10 La Table RondeLa Table Ronde, représente la stabilité des lois éternelles qui se manifestent à chaque époque et chaque cycle ; pour la perception terrestre, ces lois semblent modifiables et incertaines, mais elles suivent certains modèles cosmiques. Ceux qui sont assis à la Table Ronde sont assujettis à ces lois et s’adaptent continuellement à leur manifestation.

A La Table Ronde, les chevaliers s’assoient, pour raconter leurs exploits et réguler les lois du Pays, par leur vigilance et leur action personnelles.

– La Question du Graal : Assis à La Table, je m’interroge, je relis les événements… Quelle  »Fortune » m’attend ?

Sources : Le Tarot du Graal, et Le Tarot Arthurien de Caitlin et John Matthews

Tarot -8- La Justice, Gauvain.

Le Tarot de la Quête du Graal

Les arcanes majeurs ou  » grands pouvoirs »

8-justiceIl est question sur cet arcane d’équilibre, de maîtrise, de justesse et de vérité. Cette carte évoque aussi la logique des choses et le résultat de nos actions antérieures.

Une justice qui  »tranche »… Intolérante ?Une justice au-dessus des hommes … ? Celle à laquelle personne n’échappe.. ? Y a t-il, en nous, un sens inné de la justice … ?

Elle contient la propriété réceptive du principe féminin, la Rigueur et la Détermination.

Le nombre 8 est un symbole de perfection. À l’horizontale, le « 8 » devient la « lemniscate », symbole d’éternité et d’infini. Si le nombre 7 indique un aboutissement, 8 indique le fonctionnement autonome de la création qui s’auto-génère.8 Gauvain

Gauvain ( ou Gawain, Gwalchmai) est le principal champion d’Arthur qui est son oncle… la tradition ancienne le présente comme le chevalier le plus courageux de la cour d’Arthur, qui s’est voué à la défense du pays.

Son étroite association avec la Déesse, dont il rencontre beaucoup de représentations, en est une preuve. Parmi ces manifestations de la déesse, il y a Dame Ragnell … A lire ICI…

Gawain_and_Ragnell_by_SiguneGauvain, est l’héritier d’Arthur .. Il est le fils de la sœur d’Arthur – elle est appelée Morgause dans les textes tardifs, mais dans les textes anciens, elle est nommée Anna, Gwyar ou Morcades… La lignée royale est donnée par la femme ‘royale’ parce qu’elle incarne sa ‘souveraineté’

Gauvain est surtout connu pour ses exploits contés dans le récit médiéval intitulé Sire Gauvain et le Chevalier vert ( ICI), dans lequel il triomphe du chevalier verts dans une compétition qui demande à la fois la force physique et ressources intérieures. La force de Gauvain, dit la tradition, augmente jusqu’à midi, et décline ensuite..

Gauvain et le chevalier vert

*****

Gauvain - détail -  le coq d'orGawain possède l’équilibre des forces. En lui, les polarités de la vie sont résolues et équilibrées ; masculin et féminin, force et compassion, sévérité et merci. Il est l’extension chevaleresque d’Arthur ( carte 4 ), accomplissant la volonté du Roi, et loyal envers la déesse de la Souveraineté dans le pays de Logres.

 

– La Question du Graal : Quelles sont les forces – à équilibrer – en ma possession ?

Sources : Le Tarot du Graal, et Le Tarot Arthurien de Caitlin et John Matthews

Gauvain et le Chevalier Vert -2/2-

gawain wife green knightLe dernier jour, de plus en plus insistante, la jeune femme réussit à donner trois baisers à Gauvain. Mais elle ne s’arrête pas là, et veut lui offrir un gage de son amour. Après avoir refusé une bague, Gauvain se voit offrir une ceinture verte aux pouvoirs magiques importants, qui protège celui qui la porte de la mort. Après avoir considéré la terrible épreuve qui l’attend le lendemain, Gauvain accepte la ceinture, mais ayant promis à la belle dame de n’en toucher mot au seigneur, il ne donne à Bertilak que trois baisersgawain02 film

Le lendemain, alors que Gauvain est conduit par un homme de Bertilak jusqu’à la Chapelle verte, ce dernier lui propose de garder la vie sauve et de s’enfuir, sans que personne ne s’en aperçoive. Gauvain refuse catégoriquement une telle issue, et s’approche de la Chapelle verte. L’endroit ressemble davantage à un sanctuaire païen qu’à une chapelle, et Gauvain entend le bruit d’une faux que l’on aiguise. Le Chevalier vert apparaît enfin, et lui demande de se préparer à recevoir son châtiment.

Sean Connery wielding an axe as the Green Knight in the 1984 film  ' Sword of the Valian - The Legend of Sir Gawain and the Green KnightGauvain retire alors son heaume et se met en position, attendant sa mort. Mais le Chevalier vert donne trois coups légers de sa hache. Au dernier coup de hache, seules quelques gouttes de sang s’échappent la nuque de Gauvain.

À peine a-t-il reçu la dernière entaille que Gauvain bondit vers son adversaire, estimant avoir tenu sa promesse jusqu’au bout. C’est alors qu’il se retrouve face à son adversaire souriant, qui lui explique qu’il est l’un des meilleurs chevaliers sur cette terre, car son seul péché a été de vouloir rester en vie. Il lui avoue ensuite qu’il n’est autre que Bertilak, et la seule épreuve qu’a passée Gauvain se trouvait dans l’enceinte même du château, quand sa femme l’a tenté.

Les deux premiers coups de hache valent pour les deux soirs où Gauvain a remis à Bertilak les présents reçus dans la journée; le troisième a puni Gauvain d’avoir gardé – pour lui seul – la pièce d’étoffe donnée par la belle épouse.Illustration from the only surviving manuscript of  Sir Gawain and the Green ...

Ayant par trois fois repoussé ses avances, il n’avait accepté que la ceinture verte, d’où l’entaille du dernier coup de hache.

Dès cet instant, Gauvain se fit la promesse de toujours porter la pièce d’étoffe afin de se remémorer cet instant de faiblesses.

La fée Morgane a contraint par enchantement Sir Bertilak – en le changeant en chevalier vert – à toute cette aventure pour effrayer la Reine Guenièvre ( et la faire mourir de peur…) et mettre Camelot à l’épreuve.

Gauvain et le Chevalier Vert -1/2-

Gauvain, est le fils du roi Lot d’Orcanie et de la reine Morgause son épouse, il est aussi le neveu du roi Arthur et malgré la rudesse de son caractère, il est l’un des plus fidèles compagnons d’Arthur.

Dans les romans français il n’occupe pas une place prépondérante, il laisse le premier rôle à Perceval ou à Lancelot alors que dans la tradition anglaise il très souvent le héros principal comme dans « Sire Gauvain et le chevalier vert ».

An illustration from The Sphere magazine showing the Knights of the Round Table

Dans ce récit, les chevaliers de la Table Ronde célèbrent Noël ( ou le solstice d’hiver) en compagnie du roi Arthur et de la reine Guenièvre; un chevalier vert s’annonce et porte insulte au roi Arthur.The Green Knight Entered the Hall  by Herbert Cole [Sir Gawain takes up his challenge to test the Round Table knight

Ce chevalier vert pourrait rappeler la figure rituelle du Feuillu lié au folklore saisonnier, et dont le sapin de Noël est l’emblème. Cet homme  »à moitié ogre » arrive tout de vert vêtu… Il brandit une branche de houx…

Gauvain s’offre à laver l’offense et le chevalier vert lui propose un défi: le décapiter lui, ce chevalier inconnu et à accepter que ce dernier vienne lui réclamer sa tête au bout d’un an, jour pour jour…

Gauvain décapite le chevalier vert qui se relève et, sa tête sous le bras, lui rappelle de ne pas manquer à sa promesse. (à noter la scène de décapitation identique dans la légende celtique d’ Uath et dans le Livre de Caradoc )Gawain and the Green Knight  tête coupée

Dix mois plus tard, Gauvain, monté sur son fidèle destrier Gringalet,se met en quête du chevalier décapité.

C’est alors que commence une aventure extraordinaire où son courage et sa loyauté seront mis à l’épreuve.

A quelques jours de Noël, alors qu’il erre dans une forêt… Comme par enchantement, un château apparaît à la lisière de la forêt. Il se nomme le château de Hautdésert, et appartient au seigneur Bertilak qui accueille Gauvain avec chaleur et joie. Étant donnée la fatigue du chevalier, le seigneur lui propose de rester et de se reposer quelques jours avant de repartir. Gauvain décline l’offre, car il doit avant tout retrouver la Chapelle verte et le chevalier vert. Bertilak le rassure aussitôt et lui apprend qu’elle n’est située qu’à quelques milles de là. Gauvain accepte donc de rester durant trois jours. Ils s’en vont à la messe de Noël où Gauvain rencontre la femme du seigneur, jeune et d’une grande beauté…

Sir Gawaine finds the beautiful LadyDu fait des festivités, Bertilak propose un jeu à Gauvain, connu sous le nom d’« échange des gains » : ce que, durant trois matins, Bertilak gagnera dans une chasse à coure, Gauvain l’aura en échange de ce que lui, resté à se reposer au château, aura gagné dans sa journée.

Bertilak ordonne à son épouse de le divertir, en fait de le séduire. Tous les matins, tandis que le seigneur Bertilak quitte le château de bon matin avec ses chiens et s’en va chasser, elle rend visite à Gauvain dans sa chambre. Gauvain ne veut accepter d’elle que des baisers, le chevalier refuse tout autre chose, à la fois il ne veut pas l’insulter en refusant ses avances et ne veut pas trahir la l’hospitalité de son mari.

Tous les soirs, le seigneur et le chevalier annoncent ce qu’ils ont obtenu de la journée. Sincère, Gauvain rend ce que la jeune femme lui a offert dans la journée, pas plus qu’un baiser …

L’échiquier en guise d’écu, pour Sir Gauvain.

Il existe un autre échiquier dans le Perceval de Chrétien de Troyes et qui intervient lors d’une aventure de Messire Gauvain. Ce dernier, accueilli cordialement en la cité d’Escavalon sur l’ordre du seigneur du lieu, ignore qu’il est introduit chez son pire ennemi. Et le seigneur, n’ayant jamais vu Gauvain (son hôte), ni demandé à celui qu’il invite si généreusement son identité, n’apprendra que plus tard sa méprise.

Chevalier errant reçu

En attendant Gauvain est conduit dans une tour auprès de la gracieuse sœur du châtelain et le sémillant chevalier ne tarde pas à se montrer des plus courtois. Mais entre alors un vassal du seigneur qui, reconnaissant le preux, donne l’alerte à la cité.

La cloche sonne l’alarme, manants et bourgeois s’arment et bric et de broc et encerclent la tour où Gauvain se retrouve sans armes tandis que la demoiselle s’évanouit. Sans armes ?Briar Rose by liga-marta.devian..

Pas tout à fait puisqu’il portait au côté Excalibur, la meilleure épée qui fût capable de trancher le fer comme si c’était du bois, et que la demoiselle revenue à elle, loin de se montrer hostile à Gauvain, s’empresse de lui procurer une armure. Mais en ce lieu point de bouclier.

Aussi « en guise d’écu se saisit-il d’un échiquier. « Mon amie, lui dit-il, inutile d’aller me chercher un autre écu« . Il renverse les pièces sur le sol et se saisit de l’échiquier.

La demoiselle, quant à elle, se met à la fenêtre et reproche avec véhémence aux assaillants de manquer aux lois de l’hospitalité et de prendre des initiatives aux allures de révolte. L’arrivée du seigneur mettra fin à l’émeute et un accord sera conclu entre lui et Gauvain. The Play of Chess 3

Les prouesses échiquéennes des Chevaliers de la Table Ronde étaient chantées par les troubadours :

Les chevaliers affrontaient aux Echecs des châtelaines aussi belles que cruelles dans des combats sans pitié. Celui qui perdait en devenait l’esclave, celui qui l’emportait la libérait de son enchantement et gagnait ses faveurs ou conquérait ses propriétés.

Sir Gauvain, et Dame hideuse, un conte et son enseignement -2/2-

Pour lire et interpréter un conte, il faut accepter d’entendre qu’il vient d’une lointaine tradition, et que son enseignement passe par le chemin de ce que l’on ne comprend pas, de prime abord…. Souvent c’est ce qui nous gène, nous agace qui pourrait être le support de l’enseignement …

Par quoi, sommes-nous dominé ? – De qui ( de quoi) sommes-nous le vassal ? Comment acquérir notre pleine souveraineté, et devenir notre propre suzerain … Ce sont des questions qui nous concernent tous. « Le roi » ( le chevalier) est cette énergie masculine, que nous pouvons mettre en œuvre. Si nous lisons l’histoire comme un dialogue entre les différents aspects de la psyché : le roi, le désir de vengeance de Sir Gromer, Gauvain le chevalier fidèle et courtois, et Dame Ragnell..; ces personnages deviennent des acteurs dans un processus de découverte de soi. Et la conclusion du mariage, l’union des archétype du féminin et du masculin dans la psyché.
Au début de l’histoire, lorsque le roi Arthur voit et suit un cerf blanc. Nous savons que le cerf fait partie de ces animaux blancs qui indiquent le « surnaturel ».Ils sont un pont entre le monde terrestre et monde spirituel. Le roi est en «chasse», en quête, seul – à la recherche de l’Autre – c’est à dire,, pour certains de la la connaissance du Soi ; d’autres emploieraient des mots plus religieux …

Le Roi Arthur suit le cerf blanc à la lisière du bois de chêne. Ces arbres, sont associés au potentiel psychique, et portent en eux le cycle de la naissance et de la mort. Les chênes sont de grands arbres avec des racines profondes et peuvent vivre mille ans, ils évoquent l’image de l’axis mundi, l’arbre du monde au centre de la terre. A ce moment, alors qu’Arthur est sur le bord de l’ancien et éternel mystère profond, à proximité de la source ; le vengeur Sir Gromer émerge du bois et l’oblige avec une menace de mort à trouver la bonne réponse à une question à laquelle le roi ne croit pas possible de répondre: «Que veulent les femmes par-dessus tout? »

Savons-nous ce que notre âme désire par-dessus tout? Lors de cette quête , à quoi allons-nous être obligé ? Qui détient la réponse ?

Dame Ragnell, sous la forme d’une sorcière hideuse et répugnante, sort des bois de chêne avec la réponse à de désir profond. Ici Arthur, rappelle Perceval qui est poussé à revenir sur sa quête inachevée ( alors qu’il n’a pas réussi à posé la question, devant la procession du Graal, au château du roi Pêcheur..) par une autre demoiselle hideuse ….
Arthur veut rejeter Lady Ragnell parce qu’elle est laide et qu’elle exige le sacrifice de ce qu’il aime le plus, son neveu Gauvain. Gauvain est le meilleur chevalier, brave, loyal et courtois. Dans cette histoire, Gauvain est le champion masculin intérieur, plus fin ( idéal) que le roi. Arthur apparaît encombré de ses conditionnement culturels, que nous pourrions appeler « l’égo » ..

La réponse vient de ce qui est rejeté et laid. Le résultat final est la rédemption et l’exaltation, à la fois, du féminin et du masculin. Comment est-ce possible?

Sir Gauvain, et Dame hideuse, un conte et son enseignement -1/2-

Sir Gauvain jure de servir les dames
par William Dyce

Gauvain est comme chevalier, une figure respectable courtoise et héroïque. Il est l’objet de plusieurs romans et le héros de l’une des plus grandes œuvres anglaises sur la légende arthurienne : Sire Gauvain et le Chevalier vert ; il y est décrit comme un excellent chevalier, de grande humanité.
Dans Le mariage de Gauvain et Dame Ragnell, son esprit, la vertu et le respect qu’il a pour les femmes, lui permettent de libérer Dame Ragnell de sa malédiction de la laideur.

( Très court résumé …)

Le roi Arthur, part chasser le cerf blanc, il se met en fâcheuse position devant Sir Gromer, un géant qui -faute de pouvoir combattre – lui propose un défi d’esprit. D’ici une année, il s’agit de répondre à une question, faute de quoi, Sir Gromer lui tranchera la tête. La question est la suivante :
– Que désirent les femmes, par dessus tout ?
Le neveu du roi sir Gauvain, accepte de l’aider dans sa quête d’une réponse vraie… Mais, finalement seule, une vieille sorcière ( Dame Ragnell) extrêmement laide peut lui souffler la bonne réponse… Mais son prix est exorbitant : épouser Sir Gauvain.

Finalement, le mariage se fait. Au cours de la nuit de noces, dès le premier baiser, Dame Ragnell se transforme en une magnifique femme. Seulement, la malédiction n’est qu’à moitié levée…

 Gauvain doit choisir : en effet, sa Dame ne peut être belle, et le jour, et la nuit… ! Il doit choisir…
 Il répond, que ce choix la concerne, et qu’elle est la seule à en décider… Et …. C’était la réponse qui permettait de lever complètement la malédiction … !

La réponse à la question serait : «  Ce que la femme veut, c’est être sa propre suzeraine. »

frise épée sword fond blanc 600

Cette légende est issue des traditions orales celtiques, nous en avons une transcription du XVe s. Nous la retrouvons dans les contes de Canterbury, avec « Le conte de la femme de Bath »… Elle pose bien sûr la question de savoir si un jour, hommes et femmes, vivront ensemble à égalité de droits, sans se poser de questions… !

L’intérêt réel et de ce conte, est d’élargir notre vision pour comprendre avec l’esprit, les représentations des personnages…

Qu’en est-il de cette sorcière, rejetée et renvoyée à la « laideur». Si injustice il y a , quel pourrait être le chemin de guérison ? Guérison pour chacun, pour soi…
Qui est Gauvain, capable d’affronter le « monstrueux »… De quel courage s’agit-il ? Quel est donc le chemin de la beauté « cachée » ?
Comment pouvons-nous – comme Gauvain – toucher ce « monstrueux », et transformer nos attentes, en ce qu’il nous est possible d’accomplir… ?

Cet approfondissement de soi, de l’âme ; implique une recherche de la beauté. Nous pouvons trouver la beauté, même sous ce qui est laid. Comment ? Peut-être en montrant de la compassion bien sûr, mais surtout en reconnaissant la « souveraineté » de l’autre. Il s’agit de restaurer la beauté, quand elle semble absente …
( à suivre)

Les tapisseries du Saint Graal.

Les tapisseries du Saint Graal sont un ensemble de six tapisseries représentant des scènes de la légende de roi Arthur et la quête du Saint-Graal commandé à Morris & Co. par William Knox D’Arcy en 1890, pour sa salle à manger à Stanmore Hall.  D’autres versions de tapisseries avec des variations mineures ont ensuite été été tissés au cours de la décennie suivante …

Holy Grail tapestry Stanmore Hall Holy_Grail_tapestry_Galahad_Stanmore_Hall

Les six tapisseries originales illustrent l’histoire de la quête du Graal selon l’oeuvre de Sir Thomas Malory:  la Mort d’Arthur . Comme d’autres tapisseries Morris & Co., la séquence Saint Graal a été un travail collectif,  avec la composition globale et chiffres conçu par Edward Burne-Jones , l’héraldique par William Morris , et la composition florale au premier plan et en arrière-plan par John Henry Dearle . 

Holy_Grail_tapestry_Verdure

Les panneaux narratifs ont été accompagnés par des panneaux de verdure plus petits représentant des cerfs, les boucliers des chevaliers accrochés sur les arbres, et le texte qui raconte l’histoire du panneau suspendus au-dessus. La séquence a été travaillée sur une période de cinq ans, de 1891 à 1894, à l’abbaye de Merton . 

Les six tapisseries sont:

Holy Grail tapestry The Summons

  • Les Chevaliers de la Table Ronde Convoqué à la quête par l’étrange demoiselle

Holy Grail Tapestry -The Arming and Departure of the Kniights

  • Le départ des chevaliers
  • L’échec de Sir Lancelot pour entrer dans la chapelle du Saint-Graal.

Holy Grail tapestry The Failure of Sir Launcelot

  • L’échec de Sir Gauvain devant la chapelle en ruine

Holy Grail tapestry The Failure of Sir Gawaine

  • le navire

Galahad_grail (2)

  • La vision du Saint-Graal offerte à Sir Galahad , Sir Bors , et Sir Perceval

L’ensemble des tapisseries originales sont restées à Stanmore, jusqu’à la mort de D’Arcy en 1920.  Elles ont ensuite été vendues et dispersées. Morris & Co. ont tissé un deuxième ensemble des panneaux narratifs en 1895 et 1896 pour le salon à Compton Hall, pour Lawrence Hodson à Wolverhampton . Un troisième ensemble complet a été tissé pour George McCulloch en 1898 et 1899. Quelques tentures de ces tissages ultérieurs sont dans le Birmingham Museum and Art Gallery .  D’autres sont dans la collection de Andrew Lloyd Webber .