Archives pour la catégorie Histoire de la légende d’Arthur

Le Merlin en prose – Robert de Boron

Merlin - Timbre anglaisLe Merlin en prose est attribué à Robert de Boron. Il semble avoir été composé au tout début du XIII°s.

Il fait partie d’une trilogie (de Robert de Boron), L’estoire du Graal Le Merlin en prose et le Perceval en prose…

Eude vieux manuscritsC’est un peu plus compliqué: Ce qui nous reste de l’oeuvre de Robert de Boron comprend un roman de l’Estoire du Graal, qui compte 3500 vers, et le début d’un roman de Merlin, interrompu au vers 502, au milieu d’une phrase . Mais le tout fut mis en prose, et dans ce deuxième état le  »Merlin » est complet.

Joseph d’Arimathie, raconte la première consécration du mystérieux Graal et annonce qu’il sera plus tard porté en Occident et trouvé par un chevalier de la famille de Joseph d’Arimathie.

Dans le second, Merlin, la scène est transportée dans la Grande-Bretagne; le célèbre enchanteur nous est présenté comme un enfant du diable, engendré par lui pour combattre le Christ, mais trompant l’attente de son père et servant la bonne cause par sa connaissance du passé et de l’avenir.

la conception de Merlin 2
La conception de Merlin

Dans le dernier poème Perceval, l’auteur raconte comment ce chevalier trouva le Graal perdu depuis longtemps et mit fin ainsi aux « merveilles de Bretagne ».

Histoire de Merlin L'enfer et le conseil des démons Angers, vers 1450-
Histoire de Merlin – L’enfer et le conseil des démons Angers, vers 1450

Lorsqu’il rédige le Merlin , Robert de Boron cherche à christianiser la figure de Merlin qui existe depuis le IXème siècle. En tant que ‘clerc’, il veut illustrer une morale : celle du rachat, à travers le personnage de Merlin. Cette volonté, fréquente dans la littérature arthurienne de cette époque, permet de faire entrer dans l’histoire païenne la présence de Dieu. Il s’agit aussi de trouver comment intégrer la figure du  »diable » au mythe.

Le « Merlin en prose » est le roman des origines du royaume arthurien.

a souvenir program from the 19th century play King Arthur by J.Comyns Carr, starring Henry Irving as Merlin

Le Merlin en prose s’ouvre sur le conseil des démons qui, au lendemain de la Passion, s’efforcent de créer un antéchrist et d’annihiler l’œuvre de rédemption. Il est centré sur la figure du fils du diable racheté par Dieu. Dans ce récit, où s’entremêlent chronique historique, discours didactique et moralisant, merveilles et sortilèges de la matière de Bretagne, geste épique des fils de Constant ou encore la passion amoureuse d’Uterpandragon, Merlin multiplie les fonctions.

Merlin and Arthur by alanlathwell
Merlin and Arthur by alanlathwell

Il inspire, soutient et organise les efforts de la dynastie légitime des fils de Constant, Uter et Pandragon, pour reprendre leur royaume à l’usurpateur Vertigier et en assurer définitivement, lors de la bataille de Salesbieres, l’indépendance face aux Saxons. Il persuade le nouveau roi d’établir à sa cour la Table Ronde, mais brise le cercle parfait en laissant vacant le fameux « siège périlleux », siège laissé vide par Judas à la Table de la Cène.

Par ses dons d’enchanteur et de magicien, Merlin le prophète est également celui qui, se jouant des passions et des faiblesses humaines, assure la naissance d’Arthur. Il n’hésite pas à reprendre tout aussitôt l’enfant à ses parents légitimes et à en faire, à son image, un « fils sans père », qui devra faire ses preuves, s’imposer comme l’élu de Dieu pour retrouver son Royaume et obtenir une certaine maîtrise du monde.

histoire-de-merlin-merlin-dictant-ses-prophécties-à-blaise-roman-du-xiiic
Merlin-dictant-ses-prophécties-à-blaise roman-du-xiiic

Enfin, Merlin dicte à Blaise le Livre du Graal, ce livre qui relate le passé (Joseph d’Arimathie avec le Joseph en Prose), le présent (le temps du Merlin en prose) et l’avenir (le temps du Perceval en prose).

Concernant toute la partie historique du texte – la chronique des rois bretons et leur lutte contre les Saxons- le Merlin s’inspire très largement du Roman de Brut de Wace

****************

Bedd-Arthur-bw

Après la mort de Vertigier, brûlé dans un incendie, le devin se met au service des rois légitimes de Grande-Bretagne et les aide à repousser les envahisseurs saxons. Lorsque Pendragon est tué sur le champ de bataille de Salisbury, Merlin transporte et érige des pierres d’Irlande sur le lieu du combat, en l’honneur du souverain défunt. Il assiste alors le frère de ce dernier Uter, à qui il suggère de fonder la Table Ronde..

Merlin et les pierres de Salisbury (extrait)

Lorsque grands seigneurs et prélats furent rassemblés, il [Uter] se fit couronner et sacrer et succéda à son frère sur le trône. Quinze jours après son sacre et son couronnement, Merlin parut à la cour, accueilli avec joie par Uter et, quinze jours plus tard, il vint trouver le nouveau roi.
-Il faut que vous disiez à votre peuple tout ce que je vous avais prédit: l’invasion de ce pays par les Saxons, l’accord passé entre moi, votre frère et vous, le serment que vous avez échangé entre vous.
Uter exposa à ses sujets les actions accomplies par son frère et par lui-même d’après les indications de Merlin, mais ne parla pas du dragon dont, tout comme les autres, il ne savait rien. À la suite du rapport d’Uter Merlin dévoila la signification du dragon: il représentait la mort du roi, l’élévation d’Uter en dignité, une impérissable marque d’honneur pour son frère. En raison du dragon miraculeux qui planait dans les airs Uter se fit appeler Uterpandragon.

Les barons découvrirent ainsi le fidèle dévouement du devin et Merlin fut le maître écouté d’Uter et de son conseil.
Il régnait depuis longtemps en maintenant le royaume en paix, lorsque Merlin vint lui parler.
-Quoi! lui dit-il. C’est tout ce que vous faites pour votre frère qui repose dans la terre de Salisbury?
-Que veux-tu que je fasse? Je ferai tout ce que tu voudras et que tu me suggéreras.
-Vous lui avez juré, et moi aussi je lui ai promis, de lui consacrer un monument aussi durable que la chrétienté; respectez votre serment et je ne manquerai pas à ma parole.
-Dis-moi ce que je peux faire et je l’accomplirai de grand coeur.
-Entreprendre une oeuvre immortelle et qui à jamais résiste au temps.
-Très bien, j’y consens.
Envoyez chercher d’énormes pierres qui sont en Irlande et des bateaux pour les transporter. Si énormes soient-elles, je saurai les dresser; j’irai montrer à vos gens celles qu’ils doivent apporter.
Uter approuva cette expédition et envoya hommes et bateaux en grand nombre; quand ils furent là-bas, Merlin leur montra des pierres colossales pour leur longueur et leur largeur.
-Voici, dit-il, les pierres que vous êtes venus chercher et que vous emporterez.
En les voyant, les hommes jugèrent que c’était une folie et déclarèrent que personne au monde ne pour­rait même en faire bouger une et ils refusaient de les embarquer. Merlin leur répondit que dans ces condi­tions ils étaient venus pour rien. Alors ils s’en retour­nèrent chez le roi, lui exposèrent la besogne inouïe que Merlin leur avait commandée et qui à leur avis était au-dessus de toute force humaine.
-Attendez qu’il revienne, dit le roi.
Quand Merlin fut de retour, Uter lui rapporta les paroles de ses gens.
-Puisqu’ils me font défaut, répondit Merlin, je tiendrai ma promesse.
Il eut recours aux ressources de son art magique et fit venir les pierres d’Irlande qui sont encore aujourd’hui au cimetière de Salisbury Swinside stone circle, in the Lake District, England et quand elles furent en place, il invita Uterpandragon et une grande partie de son peuple à venir admirer le prodigieux amas. Arrivés sur les lieux et en pré­sence de ce spectacle, ils avouèrent qu’aucun être humain n’était assez fort pour en soulever une seule et qu’il aurait fallu beaucoup d’audace pour embar­quer pareilles masses. Ils se demandèrent, éberlués, comment Merlin les avait transportées à l’insu de tous. Merlin leur ordonna de les dresser, car elles seraient plus belles debout que couchées sur le sol.
-Personne, dit Uter, n’en serait capable sauf Dieu et toi-même.
-Allez-vous-en, dit Merlin, je m’en chargerai et j’aurai tenu la promesse faite à Pandragon, j’aurai entrepris pour lui une oeuvre que personne ne pourrait mener à bien.
C’est ainsi que Merlin érigea les pierres d’Irlande qui sont au cimetière de Salisbury et qui y resteront aussi longtemps que durera la chrétienté.

Robert de Boron, Merlin, traduction Alexandre Micha, éd Garnier-Flammarion, 1994

L’origine de l’histoire de ‘Tristan et Iseult’

44393f9ab218935b941515e0baf4d84dLa plupart des critiques s’accordent aujourd’hui pour dire que des récits celtiques sont à l’origine de cette histoire… Un récit irlandais intitulé La fuite de Diarmaid et Grainne, attesté dès le Xe siècle, contient ainsi un certain nombre d’éléments qui annoncent les versions postérieures de Tristan et Iseut : Diarmuid and Gráinneun roi irlandais Finn a pour épouse Grainne ; elle jette un sort (geis) sur le neveu du roi, Diarmaid, et l’oblige à l’enlever et à se réfugier avec elle dans la forêt. D’abord chaste, Diarmaid laisse chaque matin un morceau de viande crue à l’endroit où ils ont dormi. GrainneD’autres récits celtiques font allusion à des combats contre un dragon, à des philtres magiques préparés par des femmes expertes en enchantements. Certains rapprochements ont été faits avec des récits persans, mais aussi avec des thèmes développés dans les textes antiques et les récits mythologiques : on a comparé la figure du Morholt et celle du Minotaure, l’évocation des deux voiles, blanche et noire, du bateau qui amène Iseut auprès de Tristan mourant rappelle la traversée de la mer Égée par Thésée après qu’il a réussi à sortir du labyrinthe…

L’histoire de Tristan et Iseult s’est diffusée à partir du XIIe s. dans toute l’Europe chrétienne. Aujourd’hui, elle n’est plus confinée à l’époque médiévale.

Tristan et Iseut - manuscrit de Gottfried von Strassburg (1210)

Les textes qui – aujourd’hui – nous révèlent ce mythe sont :

  • Tristan und Isolde 10Deux romans en vers, l’un écrit en Angleterre par Thomas en 1170 : défini comme une version courtoise, il n’en reste qu’environ le quart ; et l’autre composé vers 1180 par le poète normand, Béroul, dont il ne reste qu’un fragment de 4485 vers.
  • S’y ajoutent trois nouvelles en vers : Folies de Tristan …
  • Un lai de Marie de France, le Lai de chèvrefeuille.
  • On peut y ajouter une saga scandinave composée par frère Robert en 1226
  • Tristan und Isolde 12Une réécriture vers 1230 : le Tristan en prose, influencé par le Lancelot en prose ; le récit se passe à la fois à la cour du roi Marc, et celle du roi Arthur. Tristan devient un chevalier de la Table Ronde …
  • Des adaptations en moyen haut allemand de Gottfried de Strasbourg et ses continuateurs vers 1200, 1210…
  • Vers 1300, en Angleterre : Sir Tristrem d’un auteur anonyme.
  • Fin du XIIIe s. une version italienne Tristano Riccardiano.

August Spiess. Muerte de Isolda. 1883

Le Roman de Tristan et Iseut, a été renouvelé par Joseph Bédier, médiéviste de la fin du XIXe siècle qui a reconstitué le récit que nous ne possédons que par fragments : ceux de Thomas et de Béroul du XIIe siècle, celui d’Eilhart d’Oberg, celui de Gotfried de Starsbourg.

Robert de Boron et le Graal. -2/2-

«La position de Robert de Boron dans la tradition romanesque du Graal est décisive, non pas tant, comme on le dit, par les innovations qu’il introduit dans l’histoire du Graal que par la forme d’écriture et de compilation qui est la sienne. Chacun le sait : il est le premier à faire du Graal le calice de la Cène (encore cette formulation est-elle doublement inexacte, car il ne s’agit pas vraiment de la Cène et le Graal n’est pas essentiellement un calice), dans lequel Joseph d’Arimathie a ensuite recueilli le sang du Christ…»  Michel Zink – Collège de France

Christ Graal

On lit généralement Robert de Boron comme le continuateur de Chrétien de Troyes, en effet le Joseph d’Arimathie « christianise définitivement le graal en s’inspirant d’écrits apocryphes » (J.-M. Fritz). « Pourtant rien ne dit, ni que la légende ait connu une évolution cohérente allant vers la christianisation, ni que les étapes de cette évolution au tournant du XIIe et du XIIIe siècles se réduisent à Chrétien et ses continuateurs d’une part, à Robert de l’autre. Le Parzival de Wolfram est même un indice du contraire et accréditerait plutôt l’idée que Chrétien, à sa manière épurée, n’a retenu que le peu qui l’intéressait d’une matière foisonnante. » Michel ZinkThe Holy Grail with the Blood of Christ

Robert de Boron n’a sans doute pas ignoré qu’à son époque, vers 1229, un moine de l’abbaye cistercienne de Fromont ( qui existait de puis 1141, et il n’en reste que des vestiges …), en Ile de France, non loin de Beauvais, avait écrit, en latin bien sûr, une sorte de chronique historique, et pour l’année 717 (!), s’exprime ainsi :Cisterciens stjacques8 « En Bretagne, un ermite se fit montrer par un Ange, l’histoire de Joseph d’Arimathie, celui qui descendit le corps de Chist de la croix et celle de la Coupe, avec laquelle le Sauveur avait célébré la Cène avec ses disciples et cet objet est connu dans l’histoire sous le nom de  »Grasal » or, chez les francs il désignait un plat destiné à servir des personnes de haut rang. Ce document a disparu, mais des princes français le font refaire en ce moment… »

Ce moine mélangeait tout, bien entendu, et jamais ledit document ne fut retrouvé, et le fait qu’il en fait allusion montre combien à l’époque, le merveilleux était bien accepté…

Robert de Boron et le Graal. -1/2-

Robert de Boron, né en territoire de Belfort, est au service de Gautier de Montbéliard. Gautier s’embarque pour la Croisade en 1201, et meurt en Terre sainte en 1212.

Robert de Boron découvre la littérature byzantine et syriaque… Il a le projet d’une grande synthèse poétique…

Il a l’intuition de rattacher les légendes celtiques, avec le mythe du Graal, ramené aux origines du christianisme et écrire une sorte d’allégorie chrétienne de la Rédemption.

 Joseph of Arimathea walks on water holding the holy grail
Joseph of Arimathea walks on water holding the holy grail

Ses sources sont dans la Bible, mais aussi dans des textes apocryphes comme l’Évangile de Nicodème et La Vengeance du Sauveur. On nous dit, en particulier, comment Joseph fut maintenu en vie dans sa prison grâce au « vaissel » dans lequel le Christ avait institué l’Eucharistie au cours de la Cène, vase qui est aussi le calice où fut recueilli son sang. Le transfert de cette relique à Glastonbury assure le lien entre les âges et les civilisations : le calice devient le Graal.boron-graal

Le  »Merlin » raconte l’histoire du Graal jusqu’à la fondation de la Table ronde annoncée sous forme de prophétie par ce curieux personnage, décrit précédemment par Geoffroy de Monmouth.

C’est à la cour des Plantagenets qu’il écrit son œuvre. Bien au fait des mythes de son temps, des légendes celtiques, Robert de Boron affirme qu’il tient la substance de son récit d’un texte latin appelé le Grand Livre, rattaché à la Table Ronde … Une histoire reliée à celle des roi anglais, puisque par Merlin, le Roi Arthur est reconnu, roi des Bretons…

Le saint Graal et Table ronde
Le saint Graal à la Table ronde

Le XIIe siècle, qui abrite le récit est fort agité par les querelles brûlantes autour du dogme de la Transsubstantiation, adopté en 1215 par le Concile de Latran.

C’est en vers que Robert de Boron a composé sa trilogie : le  »Joseph d’Arimathie ou Roman de l’estoire dou Graal  »,  »Merlin  » et  »Perceval ». Seuls le premier de ces trois textes et le début du deuxième nous ont été conservés dans un manuscrit, mais une ou plusieurs versions en prose (Merlin en prose, Perceval de Modène et Didot-Perceval) nous transmettent le contenu de l’œuvre.

Camelot ou Camaalot

A town named Camelot was first introduced into the Arthurian ...Camelot, pourrait être à l’origine, la ville romaine de « Camulodunum », (Colchester au nord-est de Londres), qui partageait avec Londinium (Londres) le siège du gouverneur de la province du temps de l’occupation romaine.

 

camelot (1)

 

Pourtant, c’est le site de Cadbury ( Somerset) qui aurait la préférence archéologique. On rapproche également Camelot du nom de Camlann – le lieu de bataille où auraient péri Arthur et Mordred…

la cour du Roi Arthur itinérante bnf
La cour itinérante du Roi Arthur – bnf

Le roi Arthur, comme les autres, est un roi voyageur : la cour circule d’une ville à l’autre, accompagne le souverain lorsqu’il part en guerre, va assiéger une ville ennemie ou rend visite à l’un de ses vassaux.

Gustave Doré de Camelot, dans Les Idylles du Roi, d'Alfred Tennyson, 1868Un lieu cité par Geoffroy de Monmouth, Carleon, est le siège principal de la cour d’Arthur. Dans un seul des manuscrits du Moyen Âge (vers 1200) du Lancelot ou le Chevalier de la charrette de Chrétien de Troyes apparaît Camelot. C’est à partir du Lancelot-Graal que Camaalot prend de plus en plus d’importance et finit par remplacer Caerleon.

Map_Of_Camelot 2
Carte de Camelot

 Camelot est située à l’entrée du royaume de Logres.

camelot-cadbury castle
Camelot au Cadbury castle

Les archéologues cherchent en vain Camelot, parmi les candidats les plus sérieux à cette identification figure le site de Cadbury Castle, dans le Somerset. En tout cas, il ne s’agit pas d’une ville.

Roi Arthur et ses chevaliers de retour à Camelot, après un tournoi

 

 

Certains évoquent également Caerleon-sur-Wysc dans le pays de Galles, Celliwig en Cornouailles, Camaret dans le Finistère, ou encore Winchester pour ne citer que ces endroits.

D’après ce que nous révèlent les romans, Camelot tient de la forteresse guerrière et du palais oriental : c’est un microcosme dont la seule fonction est de mettre en valeur la cour et le roi.

A la cour, le récit des aventures
Retour de Bohort l’Essillié à Camelot où il raconte la quête du Graal au roi – Arthur interroge Gauvain 

Son nom est rapidement devenu le symbole même de la politique qu’entendait mener le Roi Arthur. Sous les conseils avisés de Merlin, à l’image de la Table Ronde, il voulait instaurer un monde de justice, de liberté et de paix qu’il voulait étendre à tout son royaume de Bretagne.

Camelot incarne également le départ vers la quête du Graal, la féodalité et l’amour courtois.

Camelot 555AD - This map is from The Great Pendragon Campaign, page 325C’est à Camelot que viennent se faire connaître les aspirants chevaliers, et là qu’ils retournent après avoir accompli les merveilles qui leur vaudront la reconnaissance de leurs pairs, et peut-être un siège à la Table Ronde. Rien ne se passe à Camelot, ou presque, mais c’est de là que partent touts les quêtes, toutes les expéditions guerrières, et la plupart des parcours individuels.

Le Graal – Les lieux où il est passé, et où il s’est perdu… ? -3/ –

Jérusalem

Une des sources les plus anciennes inhérentes à la recherche du Graal et de sa position, parle d’un calice argenté à deux manches qui était gardé dans un reliquaire d’une chapelle près de Jérusalem, entre la basilique du Golgotha et le Martyre.

Dessin de la basilique du Saint-Sépulcre au VIIe siècle - De Sanctis locis
Dessin de la basilique du Saint-Sépulcre au VIIe siècle – De Sanctis locis

Cette nouvelle est transmise par une source en relation avec le pèlerin et évêque du nom de Arkulf de Périgueux( en Gaule, ou en Allemagne selon d’autres sources …) qui vécut au VIIe siècle – à la recherche de reliques et qui affirme avoir vu et touché le calice Sacré, près d’une petite église à Jérusalem entre les deux basiliques… ! .C’est aussi le seul témoignage qui place le Graal en Terre Sainte. Sa mémoire est préservée par un écrit d’Adamnana, abbé du monastère de Hy sur l’île de Iona  »histoires de l’évêque Arkulfa « (De locisSanctis), qui reprend son récit de plusieurs mois de pèlerinage et qui a eu lieu entre les années 660 ou 679 et 687. Ses descriptions fournissent de nombreux détails sur le fonctionnement de l’ancienne Église et de l’architecture religieuse, en Terre Sainte, et en particulier de Jérusalem. Arkulf décrit également la relique de la Sainte Croix de Constantinople …

Que vit en réalité Arkulf ? Le Suaire, le Saint Graal ? Ou peut-être vit-il un autre objet, un objet qui au fil du temps à changé plusieurs fois de nom et d’aspect ?

Corbis-42-65569279

De Constantinople à Troyes

Garnier de Traignel
Garnier de Traignel

Le Graal ( ou sa copie …) aurait été conservée à Constantinople ! C’est du moins ce qu’affirme une source du XIIIe siècle, et plus exactement le roman de « Titurel le jeune ».

Le Saint-Calice aurait été volé de l’église du Boucoleon durant la quatrième croisade et porté de Constantinople à Troyes par Garnier de Trainel, dixième évêque de Troyes, en 1204.

Lors de la quatrième croisade, les croisés firent main basse sur les trésors (reliques et pierreries) de Contantinople. Garnier de Trainel, que la mort attendait en cette ville, acquit un grand nombre de reliques et ses chapelains ramenèrent avec eux une part considérable de ce trésor dans laquelle on trouvait un morceau considérable de la vraie Croix, du sang du Christ, mais aussi le chef de saint Philippe, le bras de saint Jacques le Majeur ou le corps entier de sainte Hélène vierge. (Mentionné dans les inventaires des églises de Troyes).

Caliz de los Patriarcas,Constantinopla Siglo X-XI Tesoro de San Marcos -Venecia
Caliz de los Patriarcas,Constantinopla Siglo X-XI Tesoro de San Marcos -Venecia

Le vase de la Cène était, assurément, le plus précieux des trésors.

En 1429, le Chapitre fait l’inventaire de s

on Trésor, dont le vase de la Cène : «  c’est un grand plat d’argent, dont le fond est fait d’un vase qui a servi à Notre-Seigneur.  »

En 1611, le chanoine Camusat dans un inventaire du Trésor de la cathédrale, donne une description détaillée du vase de la Cène :  » il est en porphyre vert et noir, en forme de bassin rond, garni d’argent, au milieu duquel il y a un crucifix d’argent doré, aux coings des croisons y a 5 émeraudes fines« .

The Attarouthi Treasure - Chalice 7th century,Byzantine Made in Attarouthi,Syria silver and gilt
The Attarouthi Treasure – Chalice 7th century,Byzantine Made in Attarouthi,Syria silver and gilt

En 1637, Des Guerrois rappelle que Garnier de Trainel a envoyé un fort beau vase de jaspe, entouré d’un bord d’argent sur lequel il y a 4 vers grecs qui sont gravés en lettres majuscules : «  Autrefois, ce plat servait à Notre-seigneur, quand il mangea avec ses bien-aimés apôtres. Maintenant il sert aux saintes Particules (c’est-à-dire les Hosties consacrées) de notre même Seigneur, ce que témoigne ce don si artistement orné.  »

Un inventaire de la Cathédrale de 1700, ajoute que ce vase «  a servi à la Cène de Notre-Seigneur, les lettres grecques qui sont autour le disent ainsi.  »

Calice de Kremsmünster offert par le Duc Tassilon. Cuivre fondu et doré, plaques d'argent. Vers 770 ; 22,5 cm de haut, 15,7 cm de diamètre. Abbaye bénédictine de Kremsmünster
Calice de Kremsmünster offert par le Duc Tassilon. Cuivre fondu et doré, plaques d’argent. Vers 770 ; 22,5 cm de haut, 15,7 cm de diamètre. Abbaye bénédictine de Kremsmünster

Un chanoine raconte après le terrible incendie de 1700, qu’il y a à la cathédrale «  un bassin assez grand, qui a servi à la Cène, lorsque Notre-Seigneur mangea avec ses Apôtres la veille de sa Passion, sur le bord duquel on lit 4 vers qui en font foi.  »

En 1709, des bénédictins venus à Troyes, constatent l’existence de notre précieuse relique «  dont Notre-Seigneur se servit à la Cène lorsqu’il lava les pied à ses disciples, dans le fond duquel on voit un beau vert émeraude, et autour on lit 4 vers grecs qui prouvent son antiquité. Ce vase de porphyre, ou de quelque autre pierre plus précieuse, en forme de petit bassin, a un pied et demi environ de diamètre, y compris un bord d’argent qui en augmente la circonférence. Le fond est enrichi d’une croix d’or ou d’argent doré, fixé çà la circonférence par ses quatre extrémités. Le bord d’argent est chargé de 4 iambes grecs en lettres capitales, gravées en relief. Le caractère de ces lettres, maigre et allongé, est assez semblable à celui des lettres capitales que l’on voit dans quelques manuscrits du temps de Charlemagne.  »

Gold Goblet with Personifications of Cyprus, Rome, Constantinople, and Alexandria c700. Byzantine or Avar
Gold Goblet with Personifications of Cyprus, Rome, Constantinople, and Alexandria c700. Byzantine or Avar

Courtalon-Delaistre, curé de Sainte-Savine écrit :  » On voit dans le Trésor de la Cathédrale, un plat de jaspe avec un cercle d’argent large d’environ 3 pouces, autour duquel on lit 4 vers grecs, par lesquels on assure que ce plat servit à Jésus-Christ dans la dernière Cène qu’il fit avec ses apôtres, lorsqu’il institua l’Eucharistie.  »

  Il en reste le témoignage dans les verrières exécutées sous Nicolas de Brie (verrière 10, la seconde à droite du chœur).

En janvier 1794 tous les reliquaires et reliques furent livrés aux flammes révolutionnaires !

Gold Chalice, Europe 5th-10th century
Gold Chalice, Europe 5th-10th century

Dans ce cas également le doute exprimé en ce qui concerne l’objet décrit par Arkulf devient légitime, car Constantinople était justement célèbre parce qu’elle gardait la Couronne d’Épines, le Suaire et même la Croix du Christ, amenée dans la ville par l’Empereur Bizantin Héraclius en 629. Encore une fois il est légitime de se demander: Quels sont les mots employés à cette époque pour désigner le Graal ?

Blasons des Chevaliers de la Table Ronde

« Ce sunt les noms, armes et blasons des chevaliers companions de la Table ronde au tamps du roy Artus et insi qu’ils estoyent assis, au comencemant de la grant queste du saint Greal, a la dite Table ronde » Date d’édition : 1401-1500

On rapporte l’institution de l’héraldique aux tournois, où ceux qui se présentaient pour entrer en lice prouvaient leur extraction par l’écu de leurs ARMES ; d’autres prétendent qu’elles furent introduites à l’occasion des croisades, où la différence des bannières servit à distinguer les chevaliers et à faciliter le ralliement de leurs vassaux.

Les ARMES sont les symboles, emblèmes peints et figurés sur l’écu. Il ne faut pas les confondre avec les ARMOIRIES. Les ARMOIRIES sont des marques d’honneur héréditaires, d’émaux et de figures déterminées, d’usage immémorial ou concédées par les souverains, qui distinguent les familles nobles l’une de l’autre.

Un blason est un ensemble de couleurs et de dessins ( les armes) peints sur un écu. Un écu est un bouclier. Il servait aux guerriers à se protéger bien sûr, mais aussi à effrayer l’ennemi (dans l’Antiquité on dessinait des figures monstrueuses sur le bouclier) et puis à identifier le porteur, sa famille ou son clan sur les champs de bataille.

En héraldique, les couleurs ont un nom particulier, on les appelle les « émaux ». On les classe en trois catégories : les métaux, les couleurs et les fourrures.

Le roi Arthur

Le chevalier Lancelot

D’azur aux treize couronnes d’or.

Sa devise : « Pendragon Teste de Dragon« .

D’argent aux trois bandes de gueules.

Sa devise: « Du lac ma Dame« 

 

Le Graal – Les lieux où il est passé, et où il s’est perdu perdu… ? -2/ –

Quand on ne sut plus ce qu’était devenu le Saint-Graal,  et qui avait pu le cacher.. ?

Il sera recherché des siècles par des chevaliers, et donnera lieu à une série d’aventures merveilleuses, et littéraires… Puis, on tenta même de mettre une fin à cette Quête, affirmant que le Saint-Graal ne serait plus en Occident mais en Inde, non loin de l’emplacement du Paradis Terrestre, et confié au Prêtre Jeanpreste joao : Wolfram von Eschenbach, dans son Parzival, fait du Prêtre Jean le neveu de Perceval, chevalier de la Table ronde cherchant le Graal, Perceval lui-même devenant le père du Chevalier au Cygne, ancêtre légendaire de Godefroy de Bouillon, le premier roi de Jérusalem. Dans ces constructions complexes, qui mêlent autour de Jérusalem les croisades, le Graal et le Prêtre Jean, c’est toute une mythologie chrétienne qui s’invente…

Peinture murale -montreal-sos
Peinture murale – Montreal de Sos

* Mais, pour revenir chez nous ; il faut compter sur les Templiers. La grotte située sous Montreal de Sos ( commanderie du Temple en Ariège) en garde la trace… Deux auteurs : Coincy St Palais et d’Artaran font mention de l’existence d’une crypte antique qui serait « celle de l’initiation des Gardiens du St Graal » et aussi « témoin ou sont gravés des signes spéciaux ». Ces auteurs s’interrogent sur la vraie destination du château… Et si le Graal a pu trouver un temps un refuge à Usson, ou dans une commanderie voisine, le Graal n’a pu être confié qu’aux Templiers …

Quel était donc cet objet que les Templiers d’Espagne, envoyèrent en 1247, au roi d’Angleterre Henri Ier, en passant par Gisors ? Bien sûr, nous reviendrons prochainement sur ce lien entre le Graal et les Templiers…

Castel-del-Monte_aerea
Castel-del-Monte

** Le Castel del Monte est un château italien du XIIIe siècle construit par l’empereur du Saint Empire, Frédéric II de Hohenstaufen (à70 km à l’ouest de Bari, dans les Pouilles). Construit en 1240, l’empereur n’y serait jamais entré… parfaitement octogonal, ses huit côtés sont surmontés de huit tours octogonales elles aussi; il affiche également huit fenêtres et offre huit salles communes! Le château n’avait rien à défendre. D’ailleurs, il n’y a ni fortifications, ni douve, ni pont-levis, ni meurtrière!  Castel del Monte ne fut jamais utilisé, du moins officiellement, pour aucun but, que ce soit civile ou militaire et encore moins comme habitation de l’Empereur.Virgo Mater Adoratrix[2]

Cette construction est inadaptée pour la réception, et semble avoir été construit pour … recevoir le Graal ! ….. Il occupait une position indispensable pour tous ceux qui étaient sur ​​le point d’atteindre le Saint Sépulcre

On pense qu’au centre de la cour, il existait un bassin, également octogonal, fabriqué en marbre d’une seule pièce, selon la description de Troyli en 1743. Ce bassin représentait le Graal, Graal déposé dans le château par les chevaliers teutoniques, grâce à une confrérie soufie…

Le Graal – Les lieux où il est passé, et où il s’est perdu… ? -1/.-

Je ne reviendrai pas ici sur l’origine du Graal, dans la tradition celtique, ou chrétienne. Voir à la fin de cet article quelques liens d’articles sur ce thème …

Je m’intéresse ici, à ce que serait devenu l’objet même du Graal après la fin de l’aventure des chevaliers de la Table Ronde. Cette histoire est, elle aussi, un mythe – composé de multiples récits -, et elle est une manière de continuer cette fantastique Légende qu’est la  »Quête du Graal » …

Saint Sixte remet à Laurent les trésors de l'Eglise...
Saint Sixte remet à Laurent les trésors de l’Eglise…

Rappelez-vous, le Graal – arrivé avec Joseph d’Arimathie – a quitté la Grande-Bretagne pour Rome, et il va réapparaître sous le pape Sixte II, élu pape en 257. Il avait pour trésorier, Saint Laurent ; il lui était dévolu la garde des biens de l’Eglise et autres trésors… Sixte voulait mettre en lieu sûr la relique que possédait Rome, une coupe qui avait contenu le vin qui avait servi à l’institution de l’Eucharistie. Saint-Laurent ( San Lorenzo ) originaire d’Espagne, non loin de Huesca, lui offrit de cacher ces trésors dans une grotte inaccessible au milieu des rochers de la Sierra…

San juan de la Pena
San juan de la Pena

Le Graal y fut conservé depuis la moitié du IIIème siècle jusqu’en 713. À ce moment, l’invasion musulmane arrivait à sa plus grande expansion en Espagne ; l’Évêque de Huesca de l’époque se réfugia dans les montagnes des Pyrénées en emmenant avec lui différentes reliques dont le Saint Graal. De cette façon, et finalement, la relique arriva au monastère de San Juan de la Peña, où elle resta jusqu’au début du XVème siècle étant honorée pendant tout ce temps par les rois aragonais et tout le peuple en général. Le monastère fondé au XIe siècle devint le panthéon des rois d’Aragon.

galeria_grande San Juan de la Peña
galeria_grande – San Juan de la Peña

graal San-juan de la Pena - Replique petit
Réplique du graal de Valencia – San-juan de la Pena

Ensuite, le Saint Calice arriverait à Valence en 1437, après un bref séjour à Barcelone… Nous en reparlerons…

Monserrat Abbey, Spain
Monserrat Abbaye

Bien avant … En citant l’oeuvre de Wolfram, le Graal fut mit à l’abri au château de Munsalvaesche ou Montsalvat, et fut confié à Titurel, le premier roi du Graal. Certains  »chercheurs » sont convaincus que le lieu dans lequel le Graal fut mit en sûreté est le monastère de Monserrat, en Catalogne.

Chalice Well, à Glastonbury
Joseph d’Arimathie aurait caché le Graal à Chalice Well (le puits du calice), près de la colline de Glastonbury Tor

Toutes ces péripéties sont racontées dans un roman d’auteur anonyme de 1220. Une version de 1885 de « Les Quêtes du Saint Graal » voudrait que Joseph d’Arimathie ait caché le Graal dans le Chalice Well, à Glastonbury ; cette nouvelle a engendré de nombreuse hypothèse qui font de cette église le centre de mystérieux événements et d’inquiétants secrets.

Une tradition veut que le Saint Graal soit intimement lié aux Chevaliers Croisés, à la Terre Sainte, et aux Templiers…

DGA627637 Galahad, Perceval and Bohors kneel before Holy Grail, miniature from manuscript 122 folio 179 verso, France 15th Century.; (add.info.: Galahad, Perceval and Bohors kneel before Holy Grail, miniature from manuscript 122 folio 179 verso, France 15th Century.); De Agostini Picture Library; out of copyright
Galahad, Perceval and Bohors kneel before Holy Grail, miniature from manuscript 122 folio 179 verso, France 15th Century

La recherche du Graal, au-delà de ses caractères mystiques et ésotériques, est devenue également une véritable chasse au trésor, une chasse qui énumère des centaines de cartes, d’indications et de livres sur lesquels on peut passer des jours et des jours de patiente étude.

Les témoignages en relation au mystérieux lieux dans lesquels a été cachée la Sainte Relique, commencent déjà au Moyen-Âge et tienne évidemment, non seulement de la période qui les a vu naître, mais aussi de la tradition philosophique et spirituelle de ceux qui les rédigèrent.

A suivre …

Quelques liens sur ce site concernant le Graal … et bien d’autres encore …

Qu’est-ce que le Graal ? | La Quête du Graal

La lance et le graal pourraient représenter des organes sexuels, masculin et féminin … L’union de la lance portée par un jeune homme et du …

Le Graal et l’épisode du palais de Sarraz. | La Quête du Graal

10 janv. 2015 – Devant le Graal entouré d’une lumière surnaturelle, Galaad est saisi par l’UNIO MYSTICA, prélude de la vision béatifique céleste. Aussitôt …

La Quête du Graal

Cette « matière de Bretagne » est à l’origine d’une extraordinaire merveille qui aujourd’hui semble si loin de nos pensées ; Le Graal. Par contre, il s’impose aux …

Le Graal – 1/3 – | La Quête du Graal

Dans Le Roman de l’Estoire dou Graal (1200-1210) de Robert de Boron,le Graal apparaît bien comme la relique précieuse qui a servi au …

La Quête du Graal | La Quête du Graal

Seul un chevalier : homme pur et chrétien peut trouver le Graal… Ceux qui partiront dans cette Quête prouvent leur valeur chrétienne et spirituelle, mais aussi  …

Perceval | La Quête du Graal

Quand elle fut entrée avec le Graal, une si grande clarté s’épandit dans la salle que les cierges pâlirent, comme les étoiles ou la lune quand le soleil se lève.

La porteuse de Graal -1/4- | La Quête du Graal

Quand elle fut entrée avec le Graal, une si grande clarté s’épandit dans la salle que les cierges pâlirent, comme les étoiles ou la lune quand le  …

La légende du Roi Arthur. | La Quête du Graal

1 – Le Graal. Tout commence à l’époque du Christ, 500 ans avant le règne d’Arthur. Un homme pieux et bon, Joseph d’Arimathie, récupère l’écuelle dans  …

Historique du mot » Graal « | La Quête du Graal

On y voit Perceval témoin, au château du riche roi pêcheur, d’un cortège au milieu duquel se trouve le Graal aux vertus fécondantes, mais que  …

L’apparition du Graal, dans la littérature médiévale… -2/3 …

Et c’est avec lui que le graal devient « Le Graal », le plat de la Cène et le récipient dans lequel Joseph d’Arimathie recueillit le sang du Christ,  …

Graal | La Quête du Graal

Le Chaudron n’est pas ( encore) le Graal.. Il peut être l’un de ses aspects, car il donne connaissance de l’Autre-Monde, il fait reverdir le désert  …

Quête | La Quête du Graal

Encore quelques mots sur le Graal… En parler ( le chercher ) : c’est sa fonction… Ainsi, de tous les mythes arthuriens… Mais, bien sûr en parler de façon  …

Le Saint Graal et l’histoire de la Chrétienté. | La Quête du …

Le Graal C’est ainsi que le thème du Graal fait irruption dans le cycle littéraire …. Le Graal, bien plus vieux que vous ne l’imaginiez.

Chretien de Troyes | La Quête du Graal

Perceval est le premier témoin du Graal, et cela se passe dans le roman de Chrétien de Troyes : le Conte du Graal ( 1182)… Le Graal est une coupe magique et  …

Le Graal, à Brive en Limousin, au Ve s.

Une tradition limousine affirme que le Graal aurait, vers le Ve siècle, séjourné à Brive avant d’être emporté par les Normands.

Echo Correze Graal 0

Texte repris de l’édition de 1892 de l’Echo de la Corrèze

Grâce à Richard Wagner, les romans de chevalerie, qui se rattachent au cycle des chevaliers du Cygne, retrouvèrent au XIXe siècle un regain de vogue, d’actualité. Lohengrin, ce pur chef-d’œuvre, et Parsifal, cette sublime envolée d’au-delà, puisent leur sujet, en effet, dans la célèbre légende du Saint-Graal dont les chevaliers du Cygne avaient la garde.

Cette légende a des racines jusque dans l’antiquité mythique la plus haute. Les textes sacrés de l’Inde font mention d’un lieu sur la terre d’où toute misère est bannie, où règne une félicité parfaite, où les désirs se taisent, parce qu’ils sont satisfaits, où l’âme jouit d’une paix sereine, inaltérable. On se représentait ce lieu de délices, ce paradis, tantôt comme une coupe merveilleuse, qui répand sur le monde, — à l’inverse de la boîte de Pandore, — tous les dons du ciel, tantôt comme un sanctuaire, un temple inviolable et sacré. Les légendes bretonnes parlent aussi d’un vase merveilleux, dont Pérédur (Parsifal) avait fait la-conquête et qui avait le pouvoir de ressusciter les guerriers morts.

L’imagination chrétienne s’empara de ces mythes en les purifiant. Une pierre précieuse tombée de la couronne de Lucifer, lorsque Dieu le précipita dans les abîmes, fut ciselée en coupe, et, par on ne sait quelle circonstance, devint la propriété de Joseph d’Arimathie. C’est dans ce vase que le Christ but à la Cène et que fut recueilli, plus tard, sur le Calvaire, le sang qui s’échappa de la blessure faite par la lance du soldat romain.

Quand Joseph d’Arimathie vint en Bretagne prêcher la foi catholique, il apporta cette coupe qui était désignée sous le nom de Saint-Graal. Le lieu où elle était déposée abondait en biens terrestres ; ceux qui, en danger de mort, étaient assez purs pour le contempler, étaient certains de vivre, et ceux qui le voyaient tous les jours conservaient une éternelle jeunesse.

lohengrin_monsalvat

Ce symbole du Graal est, toute question confessionnelle mise à part, certainement un des plus admirables, des plus sublimes que l’humanité ait connu. Le Graal était gardé au Montsalvat ou Mont-du-Salut, dans les Pyrénées, en Biscaye, par des chevaliers. Un mystère présidait à leur élection. Ils devaient être braves, d’une conduite irréprochable et purs de toute étreinte d’amour. Leurs noms étaient inscrits en lettres de feu sur les bords du vase. Chaque soir, comme aux temps du paganisme grec sur l’Olympe, le Graal se remplissait lui-même de nectar et d’ambroisie.

Sur cette légende vient se greffer celle qui a trait aux douze chevaliers de la Table-Ronde, dont les exploits merveilleux remplissent tout le Moyen Age. Ils furent fondés par Artus, roi de Bretagne, pour aller, dit-on, à la recherche du Graal, volé par des infidèles.

Si nous examinons cette légende du Graal, au point de vue littéraire, nous voyons qu’elle inspira, en tous temps, un très grand nombre d’écrivains. Les messingers, en Allemagne, les trouvères, en France — entre autres, Chrétien de Troyes, Robert Boron, Gauthier Map, William d’Eschenbach —, écrivirent au Moyen Age sur ce sujet, de très longs romans, des poèmes qui sont venus jusqu’à nous. A la fin du XIXe siècle, un certain nombre de jeunes écrivains, épris de littérature mythique, se groupèrent pour la rédaction d’une revue portant le titre : Le Saint-Graal. Le romantisme, dont le fond était une évocation du Moyen Age, s’empara aussi de cette légende, que nous retrouvons dans les œuvres de Victor Hugo et d’Alexandre Dumas.

Les Chevaliers à la Table du Graal - enluminure extraite de La Quête du Saint Graal, manuscrit sur parchemin, copié à Tournai en 1351
Les Chevaliers à la Table du Graal – enluminure extraite de La Quête du Saint Graal, manuscrit sur parchemin, copié à Tournai en 1351

Si l’origine du mot graal reste très discutée, certains cherchèrent son étymologie dans le mot limousin grial, griala, qui signifie vase en terre, en bois ou en pierre (en provençal il se ditgrazal). Il est intéressant de rechercher si, dans le pays limousin, cette légende du Graal a laissé quelques traces.

Collégiale St-Martin Brive
Collégiale St-Martin Brive

Un disciple du Christ, connu sous le nom de saint Martin l’Espagnol, vint en Gaule prêcher l’Evangile, vers le commencement du Ve siècle, et se fixa dans le Périgord. Ayant appris que les habitants de Brive (Briva curretia), sacrifiaient aux faux dieux et adoraient Priape, il accourut dans cette ville — en 407 —, dans le but de les convertir à sa foi. Il pénétra dans le temple, troubla du geste et de la voix leur cérémonie et brisa leurs idoles. Furieux, les Brivistes le chassèrent, le poursuivirent à coups de pierre et lui tranchèrent la tête dans la vieille rue de la Jaubertie, depuis rue de Corrèze. On raconte, à propos de ce martyre, que chaque fois que le chef de Saint-Martin était porté en procession, sa figure pâlissait quand elle passait à cet endroit.

Mais dès la mort de saint Martin une terrible épidémie décima Brive. En vain ses habitants recouraient-ils à leurs dieux. Ils eurent alors l’idée d’implorer leur victime elle-même et le fléau cessa. Frappés de ce prodige, les Brivistes se convertirent au christianisme, exhumèrent les restes de saint Martin l’Espagnol, qui furent portés dans le temple de Priape, de ce jour transformé en église.

St Martin de Brive
St Martin de Brive

Le bruit des miracles opérés par saint Martin se propagea. L’empereur Valentinien III (dans les faits sa mère, Galla Placidia, qui assurait la régence, puisque l’empereur romain n’était alors âgé que de 6 ans), sur le point de perdre une bataille, implora le martyr de Brive et remporta la victoire. Reconnaissant, on fit au nom du souverain de riches présents à l’église de cette ville, vers l’an 425. Dans ce trésor se trouvait un reliquaire en argent renfermant une coupe de marbre, qu’on disait avoir servi à la Cène du Christ, et qui était désignée sous le nom de Saint-Graal.

Le temple de Priape démoli, Rorice Ier, évêque de Limoges, fit à la fin du Ve siècle édifier sur son emplacement une superbe basilique, dans laquelle on venait voir et le tombeau de saint Martin et le Saint-Graal. Lorsque Gondebaut ou Gondovald, fils naturel du roi mérovingien Clotaire Ier — lui-même fils de Clovis Ier et roi des Francs entre 558 et 561 —, vint à Brive, s’y faire couronner roi (décembre 584), pour se venger des habitants qui l’avaient mal accueilli il brûla l’église et vola le Graal qu’il fit servir à ses orgies.

Le poète et philologue occitan Joseph Roux fit de cet épisode le sujet d’une des plus belles pages de sa Cansou lemouzina. Voici les quelques vers qui parlent du rapt du Graal :

E se beu e se minja !… Al mais qui n’en chap ! Or,
Gondebaut — trop de vi li ne java lou cor —
Coumanda que li arazon lou Saint-Grial, hanap d’or
Que Joset d’Arimat te prestet, per l’amor,
Crist de lei célébrar ta darrieire « Pascor » ;
Apueis, Valentinian, pious emperador,
Lou mandet al martire per garnir soun trésor.
Es ilh, dins las chansous, que lous douge d’Armor
Chercharan per tout carre.

Chercharan per tout carre ; e qu’anueg sier de veire
Al bastart Gondebaut, afourtunat venceire.
Mas Libéral se leva ! Auria chaugut lou veire !
Devans lou rei Hérodes tal se quilhava Peire :
« Boulaire de cristias ! sacrelege beveire !
« Gondebaut ! Gondebaut ! cre me, que sui de creire :
« N’estrenaras jamais lou trone de toun reire,
« Toumbaras d’aici a pauc ! »

En voici la traduction :

Et l’on boit et l’on mange !… A celui qui en tiendra davantage ! Or Gondebaud — trop de vin lui noie le cœur — commande qu’on lui emplisse jusqu’au bord le Saint-Graal hanap d’or que Joseph d’Arimathie te prêta afin, ô Christ ! de célébrer dedans ta dernière Pâque ; puis, Valentinien, pieux empereur, l’envoya au martyr, pour garnir son trésor. C’est ce vase que dans les chansons de gestes les douze d’Armorique chercheront par tout pays.

Chercheront par tout pays ; et qui aujourd’hui sert de coupe au bâtard Gondebaud, fortuné vainqueur. Mais Libéral se lève ! Il aurait fallu le voir ! Devant le roi Hérode, tel se dressait Pierre : « Brûleur de chrétiens ! sacrilège buveur ! Gondebaud, Gondebaud, crois-moi, je mérite d’être cru, tu ne t’assiéras jamais sur le trône de ton ancêtre, tu tomberas d’ici peu ! »

Comme le lui avait prédit Libéral, Gondebaut fut tué sous les murs de Comminges, pour avoir profané le Saint-Graal. Ainsi périt Salammbô, dans le roman de Flaubert, « pour avoir osé toucher au manteau de Tanit. » Le bâtard de Clotaire mort, le Graal fut restitué à Saint-Martin, puis volé plus tard par les Normands. Il faudrait peut-être, à ce moment, placer l’institution des chevaliers de la Table-Ronde, dont la mission était d’aller à la recherche de la précieuse coupe. Mais les romans de chevalerie sont muets sur la version limousine de cette légende que nous venons de raconter.

Parsifal 1882
Parsifal 1882

Le Graal revint-il à Brive, après le vol des Normands ? Les auteurs ne disent rien sur ce point ; certains attestent cependant que ce vase, ainsi que les autres dons de Valentinien, disparurent seulement de l’église de Brive sous la Terreur. Une royauté du Saint-Graal fut-elle créée en Limousin, au Moyen Age ? Il serait curieux de le rechercher.

Le caractère des chevaliers était d’aller, par tout pays, prendre la défense des faibles, des innocents. L’exploit d’Archambaud de Comborn, partant du Limousin en Allemagne défier en combat singulier les calomniateurs d’une reine accusée d’adultère, n’aurait-il pas quelque rapport avec l’aventure de Lohengrin, chevalier du Graal, débarquant en Brabant pour défendre Elsa des accusations de Frédéric de Teralmund et de sa femme, la sorcière Ortrude ?…