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Le Moyen-âge, Histoire et Littérature

Le Moyen Âge est une période de l’histoire de l’Europe, s’étendant du Ve siècle au XVe siècle, qui débute avec le déclin de l’Empire romain d’Occident et se termine par la Renaissance et les Grandes découvertes. Le Moyen-âge dure 10 siècles : 1000ans … !histoire-de-merlin-merlin-dictant-ses-prophécties-à-blaise-roman-du-xiiic

Le Moyen Âge central ( après l’an mil) voit la formation des actuels États d’Europe occidentale. Les rois de France, d’Angleterre et d’Espagne renforcent leur pouvoir et instaurent des institutions durables.

Dès 800, on trouve des textes anglais écrits en latin qui évoquent le roi Arthur, le plus célèbre d’entre eux est l’Historia Brittonum (L’Histoire de la Bretagne), écrit par un clerc nommé Nennius.

Le Roi Arthur, qui aurait pu vivre au Ve ou VI e siècle, et se serait opposé aux invasions saxonnes, consolide la lignée généalogique des rois d’Angleterre… Henri II Plantagenêt s’y rattache.

Geoffrey de Monmouth livre en 1138 son Historia regum Britanniae, chronique en latin relatant les principaux événements historiques de la Grande Bretagne…

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Le roi Plantagenêt décide alors de confisquer la légende afin de se présenter comme l’héritier légitime du roi Arthur et il confie au clerc anglo-normand Wace, la « mise en roman », autrement dit la traduction du texte latin Geoffrey de Monmouth en langue vernaculaire, dans le cas présent en français.

Ces histoires, qui constituent la matière de Bretagne, passent en France au XIIe siècle sous forme de lais, dont les plus célèbres sont ceux de Marie de France.Effigies at Fontevraud Abbey of English Kings Richard I, Henry II and Queen Eleanor

Chrétiens de Troyes se présente néanmoins comme celui qui donne à la légende arthurienne une nouvelle dimension littéraire. La légende littéraire, replace les aventures du Roi Arthur et des chevaliers de la Table Ronde dans un environnement contemporain, le XIIème siècle …

Cette époque, incarne l’âge d’or de la chevalerie et les chevaliers de la Table Ronde figurent parfaitement toutes les valeurs qu’elle véhicule.Chateau Chevaliers

Ci-dessous, des exemples d’articles – parmi nombreux autres sur ce site – sur le thème du  » Moyen-Age, Histoire et Littérature  »… Chaque article, peut vous conduire à d’autres articles, pour le prolonger… Bonne Quête… !

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Le Merlin en prose – Robert de Boron

Merlin - Timbre anglaisLe Merlin en prose est attribué à Robert de Boron. Il semble avoir été composé au tout début du XIII°s.

Il fait partie d’une trilogie (de Robert de Boron), L’estoire du Graal Le Merlin en prose et le Perceval en prose…

Eude vieux manuscritsC’est un peu plus compliqué: Ce qui nous reste de l’oeuvre de Robert de Boron comprend un roman de l’Estoire du Graal, qui compte 3500 vers, et le début d’un roman de Merlin, interrompu au vers 502, au milieu d’une phrase . Mais le tout fut mis en prose, et dans ce deuxième état le  »Merlin » est complet.

Joseph d’Arimathie, raconte la première consécration du mystérieux Graal et annonce qu’il sera plus tard porté en Occident et trouvé par un chevalier de la famille de Joseph d’Arimathie.

Dans le second, Merlin, la scène est transportée dans la Grande-Bretagne; le célèbre enchanteur nous est présenté comme un enfant du diable, engendré par lui pour combattre le Christ, mais trompant l’attente de son père et servant la bonne cause par sa connaissance du passé et de l’avenir.

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La conception de Merlin

Dans le dernier poème Perceval, l’auteur raconte comment ce chevalier trouva le Graal perdu depuis longtemps et mit fin ainsi aux « merveilles de Bretagne ».

Histoire de Merlin L'enfer et le conseil des démons Angers, vers 1450-
Histoire de Merlin – L’enfer et le conseil des démons Angers, vers 1450

Lorsqu’il rédige le Merlin , Robert de Boron cherche à christianiser la figure de Merlin qui existe depuis le IXème siècle. En tant que ‘clerc’, il veut illustrer une morale : celle du rachat, à travers le personnage de Merlin. Cette volonté, fréquente dans la littérature arthurienne de cette époque, permet de faire entrer dans l’histoire païenne la présence de Dieu. Il s’agit aussi de trouver comment intégrer la figure du  »diable » au mythe.

Le « Merlin en prose » est le roman des origines du royaume arthurien.

a souvenir program from the 19th century play King Arthur by J.Comyns Carr, starring Henry Irving as Merlin

Le Merlin en prose s’ouvre sur le conseil des démons qui, au lendemain de la Passion, s’efforcent de créer un antéchrist et d’annihiler l’œuvre de rédemption. Il est centré sur la figure du fils du diable racheté par Dieu. Dans ce récit, où s’entremêlent chronique historique, discours didactique et moralisant, merveilles et sortilèges de la matière de Bretagne, geste épique des fils de Constant ou encore la passion amoureuse d’Uterpandragon, Merlin multiplie les fonctions.

Merlin and Arthur by alanlathwell
Merlin and Arthur by alanlathwell

Il inspire, soutient et organise les efforts de la dynastie légitime des fils de Constant, Uter et Pandragon, pour reprendre leur royaume à l’usurpateur Vertigier et en assurer définitivement, lors de la bataille de Salesbieres, l’indépendance face aux Saxons. Il persuade le nouveau roi d’établir à sa cour la Table Ronde, mais brise le cercle parfait en laissant vacant le fameux « siège périlleux », siège laissé vide par Judas à la Table de la Cène.

Par ses dons d’enchanteur et de magicien, Merlin le prophète est également celui qui, se jouant des passions et des faiblesses humaines, assure la naissance d’Arthur. Il n’hésite pas à reprendre tout aussitôt l’enfant à ses parents légitimes et à en faire, à son image, un « fils sans père », qui devra faire ses preuves, s’imposer comme l’élu de Dieu pour retrouver son Royaume et obtenir une certaine maîtrise du monde.

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Merlin-dictant-ses-prophécties-à-blaise roman-du-xiiic

Enfin, Merlin dicte à Blaise le Livre du Graal, ce livre qui relate le passé (Joseph d’Arimathie avec le Joseph en Prose), le présent (le temps du Merlin en prose) et l’avenir (le temps du Perceval en prose).

Concernant toute la partie historique du texte – la chronique des rois bretons et leur lutte contre les Saxons- le Merlin s’inspire très largement du Roman de Brut de Wace

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Après la mort de Vertigier, brûlé dans un incendie, le devin se met au service des rois légitimes de Grande-Bretagne et les aide à repousser les envahisseurs saxons. Lorsque Pendragon est tué sur le champ de bataille de Salisbury, Merlin transporte et érige des pierres d’Irlande sur le lieu du combat, en l’honneur du souverain défunt. Il assiste alors le frère de ce dernier Uter, à qui il suggère de fonder la Table Ronde..

Merlin et les pierres de Salisbury (extrait)

Lorsque grands seigneurs et prélats furent rassemblés, il [Uter] se fit couronner et sacrer et succéda à son frère sur le trône. Quinze jours après son sacre et son couronnement, Merlin parut à la cour, accueilli avec joie par Uter et, quinze jours plus tard, il vint trouver le nouveau roi.
-Il faut que vous disiez à votre peuple tout ce que je vous avais prédit: l’invasion de ce pays par les Saxons, l’accord passé entre moi, votre frère et vous, le serment que vous avez échangé entre vous.
Uter exposa à ses sujets les actions accomplies par son frère et par lui-même d’après les indications de Merlin, mais ne parla pas du dragon dont, tout comme les autres, il ne savait rien. À la suite du rapport d’Uter Merlin dévoila la signification du dragon: il représentait la mort du roi, l’élévation d’Uter en dignité, une impérissable marque d’honneur pour son frère. En raison du dragon miraculeux qui planait dans les airs Uter se fit appeler Uterpandragon.

Les barons découvrirent ainsi le fidèle dévouement du devin et Merlin fut le maître écouté d’Uter et de son conseil.
Il régnait depuis longtemps en maintenant le royaume en paix, lorsque Merlin vint lui parler.
-Quoi! lui dit-il. C’est tout ce que vous faites pour votre frère qui repose dans la terre de Salisbury?
-Que veux-tu que je fasse? Je ferai tout ce que tu voudras et que tu me suggéreras.
-Vous lui avez juré, et moi aussi je lui ai promis, de lui consacrer un monument aussi durable que la chrétienté; respectez votre serment et je ne manquerai pas à ma parole.
-Dis-moi ce que je peux faire et je l’accomplirai de grand coeur.
-Entreprendre une oeuvre immortelle et qui à jamais résiste au temps.
-Très bien, j’y consens.
Envoyez chercher d’énormes pierres qui sont en Irlande et des bateaux pour les transporter. Si énormes soient-elles, je saurai les dresser; j’irai montrer à vos gens celles qu’ils doivent apporter.
Uter approuva cette expédition et envoya hommes et bateaux en grand nombre; quand ils furent là-bas, Merlin leur montra des pierres colossales pour leur longueur et leur largeur.
-Voici, dit-il, les pierres que vous êtes venus chercher et que vous emporterez.
En les voyant, les hommes jugèrent que c’était une folie et déclarèrent que personne au monde ne pour­rait même en faire bouger une et ils refusaient de les embarquer. Merlin leur répondit que dans ces condi­tions ils étaient venus pour rien. Alors ils s’en retour­nèrent chez le roi, lui exposèrent la besogne inouïe que Merlin leur avait commandée et qui à leur avis était au-dessus de toute force humaine.
-Attendez qu’il revienne, dit le roi.
Quand Merlin fut de retour, Uter lui rapporta les paroles de ses gens.
-Puisqu’ils me font défaut, répondit Merlin, je tiendrai ma promesse.
Il eut recours aux ressources de son art magique et fit venir les pierres d’Irlande qui sont encore aujourd’hui au cimetière de Salisbury Swinside stone circle, in the Lake District, England et quand elles furent en place, il invita Uterpandragon et une grande partie de son peuple à venir admirer le prodigieux amas. Arrivés sur les lieux et en pré­sence de ce spectacle, ils avouèrent qu’aucun être humain n’était assez fort pour en soulever une seule et qu’il aurait fallu beaucoup d’audace pour embar­quer pareilles masses. Ils se demandèrent, éberlués, comment Merlin les avait transportées à l’insu de tous. Merlin leur ordonna de les dresser, car elles seraient plus belles debout que couchées sur le sol.
-Personne, dit Uter, n’en serait capable sauf Dieu et toi-même.
-Allez-vous-en, dit Merlin, je m’en chargerai et j’aurai tenu la promesse faite à Pandragon, j’aurai entrepris pour lui une oeuvre que personne ne pourrait mener à bien.
C’est ainsi que Merlin érigea les pierres d’Irlande qui sont au cimetière de Salisbury et qui y resteront aussi longtemps que durera la chrétienté.

Robert de Boron, Merlin, traduction Alexandre Micha, éd Garnier-Flammarion, 1994

L’origine de l’histoire de ‘Tristan et Iseult’

44393f9ab218935b941515e0baf4d84dLa plupart des critiques s’accordent aujourd’hui pour dire que des récits celtiques sont à l’origine de cette histoire… Un récit irlandais intitulé La fuite de Diarmaid et Grainne, attesté dès le Xe siècle, contient ainsi un certain nombre d’éléments qui annoncent les versions postérieures de Tristan et Iseut : Diarmuid and Gráinneun roi irlandais Finn a pour épouse Grainne ; elle jette un sort (geis) sur le neveu du roi, Diarmaid, et l’oblige à l’enlever et à se réfugier avec elle dans la forêt. D’abord chaste, Diarmaid laisse chaque matin un morceau de viande crue à l’endroit où ils ont dormi. GrainneD’autres récits celtiques font allusion à des combats contre un dragon, à des philtres magiques préparés par des femmes expertes en enchantements. Certains rapprochements ont été faits avec des récits persans, mais aussi avec des thèmes développés dans les textes antiques et les récits mythologiques : on a comparé la figure du Morholt et celle du Minotaure, l’évocation des deux voiles, blanche et noire, du bateau qui amène Iseut auprès de Tristan mourant rappelle la traversée de la mer Égée par Thésée après qu’il a réussi à sortir du labyrinthe…

L’histoire de Tristan et Iseult s’est diffusée à partir du XIIe s. dans toute l’Europe chrétienne. Aujourd’hui, elle n’est plus confinée à l’époque médiévale.

Tristan et Iseut - manuscrit de Gottfried von Strassburg (1210)

Les textes qui – aujourd’hui – nous révèlent ce mythe sont :

  • Tristan und Isolde 10Deux romans en vers, l’un écrit en Angleterre par Thomas en 1170 : défini comme une version courtoise, il n’en reste qu’environ le quart ; et l’autre composé vers 1180 par le poète normand, Béroul, dont il ne reste qu’un fragment de 4485 vers.
  • S’y ajoutent trois nouvelles en vers : Folies de Tristan …
  • Un lai de Marie de France, le Lai de chèvrefeuille.
  • On peut y ajouter une saga scandinave composée par frère Robert en 1226
  • Tristan und Isolde 12Une réécriture vers 1230 : le Tristan en prose, influencé par le Lancelot en prose ; le récit se passe à la fois à la cour du roi Marc, et celle du roi Arthur. Tristan devient un chevalier de la Table Ronde …
  • Des adaptations en moyen haut allemand de Gottfried de Strasbourg et ses continuateurs vers 1200, 1210…
  • Vers 1300, en Angleterre : Sir Tristrem d’un auteur anonyme.
  • Fin du XIIIe s. une version italienne Tristano Riccardiano.

August Spiess. Muerte de Isolda. 1883

Le Roman de Tristan et Iseut, a été renouvelé par Joseph Bédier, médiéviste de la fin du XIXe siècle qui a reconstitué le récit que nous ne possédons que par fragments : ceux de Thomas et de Béroul du XIIe siècle, celui d’Eilhart d’Oberg, celui de Gotfried de Starsbourg.

Robert de Boron et le Graal. -2/2-

«La position de Robert de Boron dans la tradition romanesque du Graal est décisive, non pas tant, comme on le dit, par les innovations qu’il introduit dans l’histoire du Graal que par la forme d’écriture et de compilation qui est la sienne. Chacun le sait : il est le premier à faire du Graal le calice de la Cène (encore cette formulation est-elle doublement inexacte, car il ne s’agit pas vraiment de la Cène et le Graal n’est pas essentiellement un calice), dans lequel Joseph d’Arimathie a ensuite recueilli le sang du Christ…»  Michel Zink – Collège de France

Christ Graal

On lit généralement Robert de Boron comme le continuateur de Chrétien de Troyes, en effet le Joseph d’Arimathie « christianise définitivement le graal en s’inspirant d’écrits apocryphes » (J.-M. Fritz). « Pourtant rien ne dit, ni que la légende ait connu une évolution cohérente allant vers la christianisation, ni que les étapes de cette évolution au tournant du XIIe et du XIIIe siècles se réduisent à Chrétien et ses continuateurs d’une part, à Robert de l’autre. Le Parzival de Wolfram est même un indice du contraire et accréditerait plutôt l’idée que Chrétien, à sa manière épurée, n’a retenu que le peu qui l’intéressait d’une matière foisonnante. » Michel ZinkThe Holy Grail with the Blood of Christ

Robert de Boron n’a sans doute pas ignoré qu’à son époque, vers 1229, un moine de l’abbaye cistercienne de Fromont ( qui existait de puis 1141, et il n’en reste que des vestiges …), en Ile de France, non loin de Beauvais, avait écrit, en latin bien sûr, une sorte de chronique historique, et pour l’année 717 (!), s’exprime ainsi :Cisterciens stjacques8 « En Bretagne, un ermite se fit montrer par un Ange, l’histoire de Joseph d’Arimathie, celui qui descendit le corps de Chist de la croix et celle de la Coupe, avec laquelle le Sauveur avait célébré la Cène avec ses disciples et cet objet est connu dans l’histoire sous le nom de  »Grasal » or, chez les francs il désignait un plat destiné à servir des personnes de haut rang. Ce document a disparu, mais des princes français le font refaire en ce moment… »

Ce moine mélangeait tout, bien entendu, et jamais ledit document ne fut retrouvé, et le fait qu’il en fait allusion montre combien à l’époque, le merveilleux était bien accepté…

Robert de Boron et le Graal. -1/2-

Robert de Boron, né en territoire de Belfort, est au service de Gautier de Montbéliard. Gautier s’embarque pour la Croisade en 1201, et meurt en Terre sainte en 1212.

Robert de Boron découvre la littérature byzantine et syriaque… Il a le projet d’une grande synthèse poétique…

Il a l’intuition de rattacher les légendes celtiques, avec le mythe du Graal, ramené aux origines du christianisme et écrire une sorte d’allégorie chrétienne de la Rédemption.

 Joseph of Arimathea walks on water holding the holy grail
Joseph of Arimathea walks on water holding the holy grail

Ses sources sont dans la Bible, mais aussi dans des textes apocryphes comme l’Évangile de Nicodème et La Vengeance du Sauveur. On nous dit, en particulier, comment Joseph fut maintenu en vie dans sa prison grâce au « vaissel » dans lequel le Christ avait institué l’Eucharistie au cours de la Cène, vase qui est aussi le calice où fut recueilli son sang. Le transfert de cette relique à Glastonbury assure le lien entre les âges et les civilisations : le calice devient le Graal.boron-graal

Le  »Merlin » raconte l’histoire du Graal jusqu’à la fondation de la Table ronde annoncée sous forme de prophétie par ce curieux personnage, décrit précédemment par Geoffroy de Monmouth.

C’est à la cour des Plantagenets qu’il écrit son œuvre. Bien au fait des mythes de son temps, des légendes celtiques, Robert de Boron affirme qu’il tient la substance de son récit d’un texte latin appelé le Grand Livre, rattaché à la Table Ronde … Une histoire reliée à celle des roi anglais, puisque par Merlin, le Roi Arthur est reconnu, roi des Bretons…

Le saint Graal et Table ronde
Le saint Graal à la Table ronde

Le XIIe siècle, qui abrite le récit est fort agité par les querelles brûlantes autour du dogme de la Transsubstantiation, adopté en 1215 par le Concile de Latran.

C’est en vers que Robert de Boron a composé sa trilogie : le  »Joseph d’Arimathie ou Roman de l’estoire dou Graal  »,  »Merlin  » et  »Perceval ». Seuls le premier de ces trois textes et le début du deuxième nous ont été conservés dans un manuscrit, mais une ou plusieurs versions en prose (Merlin en prose, Perceval de Modène et Didot-Perceval) nous transmettent le contenu de l’œuvre.

Camelot ou Camaalot

A town named Camelot was first introduced into the Arthurian ...Camelot, pourrait être à l’origine, la ville romaine de « Camulodunum », (Colchester au nord-est de Londres), qui partageait avec Londinium (Londres) le siège du gouverneur de la province du temps de l’occupation romaine.

 

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Pourtant, c’est le site de Cadbury ( Somerset) qui aurait la préférence archéologique. On rapproche également Camelot du nom de Camlann – le lieu de bataille où auraient péri Arthur et Mordred…

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La cour itinérante du Roi Arthur – bnf

Le roi Arthur, comme les autres, est un roi voyageur : la cour circule d’une ville à l’autre, accompagne le souverain lorsqu’il part en guerre, va assiéger une ville ennemie ou rend visite à l’un de ses vassaux.

Gustave Doré de Camelot, dans Les Idylles du Roi, d'Alfred Tennyson, 1868Un lieu cité par Geoffroy de Monmouth, Carleon, est le siège principal de la cour d’Arthur. Dans un seul des manuscrits du Moyen Âge (vers 1200) du Lancelot ou le Chevalier de la charrette de Chrétien de Troyes apparaît Camelot. C’est à partir du Lancelot-Graal que Camaalot prend de plus en plus d’importance et finit par remplacer Caerleon.

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Carte de Camelot

 Camelot est située à l’entrée du royaume de Logres.

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Camelot au Cadbury castle

Les archéologues cherchent en vain Camelot, parmi les candidats les plus sérieux à cette identification figure le site de Cadbury Castle, dans le Somerset. En tout cas, il ne s’agit pas d’une ville.

Roi Arthur et ses chevaliers de retour à Camelot, après un tournoi

 

 

Certains évoquent également Caerleon-sur-Wysc dans le pays de Galles, Celliwig en Cornouailles, Camaret dans le Finistère, ou encore Winchester pour ne citer que ces endroits.

D’après ce que nous révèlent les romans, Camelot tient de la forteresse guerrière et du palais oriental : c’est un microcosme dont la seule fonction est de mettre en valeur la cour et le roi.

A la cour, le récit des aventures
Retour de Bohort l’Essillié à Camelot où il raconte la quête du Graal au roi – Arthur interroge Gauvain 

Son nom est rapidement devenu le symbole même de la politique qu’entendait mener le Roi Arthur. Sous les conseils avisés de Merlin, à l’image de la Table Ronde, il voulait instaurer un monde de justice, de liberté et de paix qu’il voulait étendre à tout son royaume de Bretagne.

Camelot incarne également le départ vers la quête du Graal, la féodalité et l’amour courtois.

Camelot 555AD - This map is from The Great Pendragon Campaign, page 325C’est à Camelot que viennent se faire connaître les aspirants chevaliers, et là qu’ils retournent après avoir accompli les merveilles qui leur vaudront la reconnaissance de leurs pairs, et peut-être un siège à la Table Ronde. Rien ne se passe à Camelot, ou presque, mais c’est de là que partent touts les quêtes, toutes les expéditions guerrières, et la plupart des parcours individuels.

Quand le Graal est devenu chrétien …

En ce Moyen-âge, le christianisme se montre habile et – face à des croyances plus anciennes – préfère les intégrer dans le sens de la doctrine chrétienne… Plus tard, elle préférera les combattre avec violence …

Saint Edern sur son cerf
Saint Edern sur son cerf

Ainsi de nombreux personnages appartenant à des mythologies celtes ou nordiques sont devenus soit des saints, doit des diables. En Bretagne armoricaine, Edern, ancienne divinité d’ailleurs récupérée dans les romans du cycle arthurien, est devenu saint Edern, tandis que son frère Gwynn, au Pays de galles, s’est retrouvé portier de l’Enfer. Toujours en Bretagne, le dieu aux cornes de cervidés Cernunnos se retrouve sous les traits de  »saint » Kornely, plus ou moins confondu avec un hypothétique pape Corneille. ( voir note *)

Celtic-Danu-Brigit Celtic Danu is also identified with Brigit, Goddess of Knowledge
Celtic-Danu-Brigit Celtic Danu is also identified with Brigit, Goddess of Knowledge

En Irlande, la déesse celtique au triple visage Brigit réapparaît sous les traits de Sainte Brigitte, confondue alors avec une abbesse de Kildare dont l’historicité est finalement très loins d’être prouvée, ce qui ne l’empêche pas d’être la sainte patronne des Irlandais. Et les exemples sont innombrables sur tout le territoire de l’Europe occidentale … ( note **)St Brigit with lamp

Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que le thème de la  » Quête du Graal  », thème éminemment païen, mais présentant les étapes d’une initiation, d’un dépassement de soi-même pour arriver à la perfection, ait été récupéré pour la bonne cause, et l’évangélisation chrétienne – ce qui ne me choque pas, au contraire cette inculturation est habile et se justifie .. – et soit devenu un modèle de vie chrétienne…

perceval-sur-sa-montureLe Christianisme – aux environs de l’an 1200 – est en pleine évolution. L’abbaye de Cîteaux, dans un contexte de croisades et de cathédrales dites ‘gothiques’, va essaimer un peu partout ses idées… L’un de ceux qui a contribué à l’amplification du mythe du Graal est un certain Robert de Boron. Nous savons peu de choses de lui : était-il un clerc, un chevalier … ? Il a écrit une œuvre abondante sur la légende arthurienne ; des ouvrages postérieurs, en prose, seront considérés comme des adaptations de ses écrits et reconstitueront un cycle cistercien proprement dit tel le  » Lancelot en prose  » véritable corpus de la légende arthurienne …

frise celte

(*) D’étymologie celtique, Edern vient soit de l’adjectif gallois « edyrn », signifiant grand, gigantesque, soit du latin « aeternus » signifiant éternel. Dans la légende galloise, Edern, qui chevauchait aussi un cerf, est le fils du dieu Nuz et l’un des premiers amants de la reine Guenièvre, l’infidèle épouse du roi Arthur ( ceci, dans les textes celtes).

Saint Cornély. Eglise Saint-Pierre-aux-Liens. Baye. Cornouailles. Bretagne.
Saint Cornély. Eglise Saint-Pierre-aux-Liens. Baye. Cornouailles. Bretagne.

Le cerf est l’héritage de la religion celte qui tenait la bête en grande vénération. La chute annuelle des bois suivie de repousse passait aux yeux des anciens pour être symbole de la mort et de résurrection. Le cerf, on le sait était associé au culte rendu du dieu Cernunnos…

Cernunnos est un dieu solaire à visage humain jeune et aux bois de cerf, ou simplement cornu, il est le dieu de la fécondité. Il est également le maître du royaume des morts. Il a parfois été christianisé sous le nom de Saint Cornély ou Saint Corneille. Saint Cornély – Sant Korneli – est le plus connu des saints protecteurs du bétail ( bêtes à cornes) .

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Triple Brigit

(**) Brigitte (connue sous les noms de Brigit, Brigantia…) est, dans la religion celtique et la mythologie irlandaise, la fille de Dagda le Dieu Bon et l’une des Thuata Dé Dana. Elle était la femme de Bress, un Fomore, avec qui elle a un fils, Ruadan.

Sainte Brigide d’Irlande ou Brigide de Kildare (ou en breton santez Berc’hed serait née au Ve siècle à Faughart près de Dundalk, dans le comté de Louth, en Irlande. C’est une sainte des Églises catholique et orthodoxe. Les fidèles l’honorent le 1er février.

Le culte de sainte Brigite est probablement dérivé de celui de la déesse celte triple Brigit, qui était célébrée lors de la fête druidique de Imbolc, au début de février. Brigide est, elle aussi, fêtée le premier jour de février. Ce culte a été christianisé comme beaucoup d’autres après l’évangélisation de l’Irlande

Le Graal – Les lieux où il est passé, et où il s’est perdu… ? -3/ –

Jérusalem

Une des sources les plus anciennes inhérentes à la recherche du Graal et de sa position, parle d’un calice argenté à deux manches qui était gardé dans un reliquaire d’une chapelle près de Jérusalem, entre la basilique du Golgotha et le Martyre.

Dessin de la basilique du Saint-Sépulcre au VIIe siècle - De Sanctis locis
Dessin de la basilique du Saint-Sépulcre au VIIe siècle – De Sanctis locis

Cette nouvelle est transmise par une source en relation avec le pèlerin et évêque du nom de Arkulf de Périgueux( en Gaule, ou en Allemagne selon d’autres sources …) qui vécut au VIIe siècle – à la recherche de reliques et qui affirme avoir vu et touché le calice Sacré, près d’une petite église à Jérusalem entre les deux basiliques… ! .C’est aussi le seul témoignage qui place le Graal en Terre Sainte. Sa mémoire est préservée par un écrit d’Adamnana, abbé du monastère de Hy sur l’île de Iona  »histoires de l’évêque Arkulfa « (De locisSanctis), qui reprend son récit de plusieurs mois de pèlerinage et qui a eu lieu entre les années 660 ou 679 et 687. Ses descriptions fournissent de nombreux détails sur le fonctionnement de l’ancienne Église et de l’architecture religieuse, en Terre Sainte, et en particulier de Jérusalem. Arkulf décrit également la relique de la Sainte Croix de Constantinople …

Que vit en réalité Arkulf ? Le Suaire, le Saint Graal ? Ou peut-être vit-il un autre objet, un objet qui au fil du temps à changé plusieurs fois de nom et d’aspect ?

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De Constantinople à Troyes

Garnier de Traignel
Garnier de Traignel

Le Graal ( ou sa copie …) aurait été conservée à Constantinople ! C’est du moins ce qu’affirme une source du XIIIe siècle, et plus exactement le roman de « Titurel le jeune ».

Le Saint-Calice aurait été volé de l’église du Boucoleon durant la quatrième croisade et porté de Constantinople à Troyes par Garnier de Trainel, dixième évêque de Troyes, en 1204.

Lors de la quatrième croisade, les croisés firent main basse sur les trésors (reliques et pierreries) de Contantinople. Garnier de Trainel, que la mort attendait en cette ville, acquit un grand nombre de reliques et ses chapelains ramenèrent avec eux une part considérable de ce trésor dans laquelle on trouvait un morceau considérable de la vraie Croix, du sang du Christ, mais aussi le chef de saint Philippe, le bras de saint Jacques le Majeur ou le corps entier de sainte Hélène vierge. (Mentionné dans les inventaires des églises de Troyes).

Caliz de los Patriarcas,Constantinopla Siglo X-XI Tesoro de San Marcos -Venecia
Caliz de los Patriarcas,Constantinopla Siglo X-XI Tesoro de San Marcos -Venecia

Le vase de la Cène était, assurément, le plus précieux des trésors.

En 1429, le Chapitre fait l’inventaire de s

on Trésor, dont le vase de la Cène : «  c’est un grand plat d’argent, dont le fond est fait d’un vase qui a servi à Notre-Seigneur.  »

En 1611, le chanoine Camusat dans un inventaire du Trésor de la cathédrale, donne une description détaillée du vase de la Cène :  » il est en porphyre vert et noir, en forme de bassin rond, garni d’argent, au milieu duquel il y a un crucifix d’argent doré, aux coings des croisons y a 5 émeraudes fines« .

The Attarouthi Treasure - Chalice 7th century,Byzantine Made in Attarouthi,Syria silver and gilt
The Attarouthi Treasure – Chalice 7th century,Byzantine Made in Attarouthi,Syria silver and gilt

En 1637, Des Guerrois rappelle que Garnier de Trainel a envoyé un fort beau vase de jaspe, entouré d’un bord d’argent sur lequel il y a 4 vers grecs qui sont gravés en lettres majuscules : «  Autrefois, ce plat servait à Notre-seigneur, quand il mangea avec ses bien-aimés apôtres. Maintenant il sert aux saintes Particules (c’est-à-dire les Hosties consacrées) de notre même Seigneur, ce que témoigne ce don si artistement orné.  »

Un inventaire de la Cathédrale de 1700, ajoute que ce vase «  a servi à la Cène de Notre-Seigneur, les lettres grecques qui sont autour le disent ainsi.  »

Calice de Kremsmünster offert par le Duc Tassilon. Cuivre fondu et doré, plaques d'argent. Vers 770 ; 22,5 cm de haut, 15,7 cm de diamètre. Abbaye bénédictine de Kremsmünster
Calice de Kremsmünster offert par le Duc Tassilon. Cuivre fondu et doré, plaques d’argent. Vers 770 ; 22,5 cm de haut, 15,7 cm de diamètre. Abbaye bénédictine de Kremsmünster

Un chanoine raconte après le terrible incendie de 1700, qu’il y a à la cathédrale «  un bassin assez grand, qui a servi à la Cène, lorsque Notre-Seigneur mangea avec ses Apôtres la veille de sa Passion, sur le bord duquel on lit 4 vers qui en font foi.  »

En 1709, des bénédictins venus à Troyes, constatent l’existence de notre précieuse relique «  dont Notre-Seigneur se servit à la Cène lorsqu’il lava les pied à ses disciples, dans le fond duquel on voit un beau vert émeraude, et autour on lit 4 vers grecs qui prouvent son antiquité. Ce vase de porphyre, ou de quelque autre pierre plus précieuse, en forme de petit bassin, a un pied et demi environ de diamètre, y compris un bord d’argent qui en augmente la circonférence. Le fond est enrichi d’une croix d’or ou d’argent doré, fixé çà la circonférence par ses quatre extrémités. Le bord d’argent est chargé de 4 iambes grecs en lettres capitales, gravées en relief. Le caractère de ces lettres, maigre et allongé, est assez semblable à celui des lettres capitales que l’on voit dans quelques manuscrits du temps de Charlemagne.  »

Gold Goblet with Personifications of Cyprus, Rome, Constantinople, and Alexandria c700. Byzantine or Avar
Gold Goblet with Personifications of Cyprus, Rome, Constantinople, and Alexandria c700. Byzantine or Avar

Courtalon-Delaistre, curé de Sainte-Savine écrit :  » On voit dans le Trésor de la Cathédrale, un plat de jaspe avec un cercle d’argent large d’environ 3 pouces, autour duquel on lit 4 vers grecs, par lesquels on assure que ce plat servit à Jésus-Christ dans la dernière Cène qu’il fit avec ses apôtres, lorsqu’il institua l’Eucharistie.  »

  Il en reste le témoignage dans les verrières exécutées sous Nicolas de Brie (verrière 10, la seconde à droite du chœur).

En janvier 1794 tous les reliquaires et reliques furent livrés aux flammes révolutionnaires !

Gold Chalice, Europe 5th-10th century
Gold Chalice, Europe 5th-10th century

Dans ce cas également le doute exprimé en ce qui concerne l’objet décrit par Arkulf devient légitime, car Constantinople était justement célèbre parce qu’elle gardait la Couronne d’Épines, le Suaire et même la Croix du Christ, amenée dans la ville par l’Empereur Bizantin Héraclius en 629. Encore une fois il est légitime de se demander: Quels sont les mots employés à cette époque pour désigner le Graal ?

Blasons des Chevaliers de la Table Ronde

« Ce sunt les noms, armes et blasons des chevaliers companions de la Table ronde au tamps du roy Artus et insi qu’ils estoyent assis, au comencemant de la grant queste du saint Greal, a la dite Table ronde » Date d’édition : 1401-1500

On rapporte l’institution de l’héraldique aux tournois, où ceux qui se présentaient pour entrer en lice prouvaient leur extraction par l’écu de leurs ARMES ; d’autres prétendent qu’elles furent introduites à l’occasion des croisades, où la différence des bannières servit à distinguer les chevaliers et à faciliter le ralliement de leurs vassaux.

Les ARMES sont les symboles, emblèmes peints et figurés sur l’écu. Il ne faut pas les confondre avec les ARMOIRIES. Les ARMOIRIES sont des marques d’honneur héréditaires, d’émaux et de figures déterminées, d’usage immémorial ou concédées par les souverains, qui distinguent les familles nobles l’une de l’autre.

Un blason est un ensemble de couleurs et de dessins ( les armes) peints sur un écu. Un écu est un bouclier. Il servait aux guerriers à se protéger bien sûr, mais aussi à effrayer l’ennemi (dans l’Antiquité on dessinait des figures monstrueuses sur le bouclier) et puis à identifier le porteur, sa famille ou son clan sur les champs de bataille.

En héraldique, les couleurs ont un nom particulier, on les appelle les « émaux ». On les classe en trois catégories : les métaux, les couleurs et les fourrures.

Le roi Arthur

Le chevalier Lancelot

D’azur aux treize couronnes d’or.

Sa devise : « Pendragon Teste de Dragon« .

D’argent aux trois bandes de gueules.

Sa devise: « Du lac ma Dame« 

 

Le Graal – Les lieux où il est passé, et où il s’est perdu perdu… ? -2/ –

Quand on ne sut plus ce qu’était devenu le Saint-Graal,  et qui avait pu le cacher.. ?

Il sera recherché des siècles par des chevaliers, et donnera lieu à une série d’aventures merveilleuses, et littéraires… Puis, on tenta même de mettre une fin à cette Quête, affirmant que le Saint-Graal ne serait plus en Occident mais en Inde, non loin de l’emplacement du Paradis Terrestre, et confié au Prêtre Jeanpreste joao : Wolfram von Eschenbach, dans son Parzival, fait du Prêtre Jean le neveu de Perceval, chevalier de la Table ronde cherchant le Graal, Perceval lui-même devenant le père du Chevalier au Cygne, ancêtre légendaire de Godefroy de Bouillon, le premier roi de Jérusalem. Dans ces constructions complexes, qui mêlent autour de Jérusalem les croisades, le Graal et le Prêtre Jean, c’est toute une mythologie chrétienne qui s’invente…

Peinture murale -montreal-sos
Peinture murale – Montreal de Sos

* Mais, pour revenir chez nous ; il faut compter sur les Templiers. La grotte située sous Montreal de Sos ( commanderie du Temple en Ariège) en garde la trace… Deux auteurs : Coincy St Palais et d’Artaran font mention de l’existence d’une crypte antique qui serait « celle de l’initiation des Gardiens du St Graal » et aussi « témoin ou sont gravés des signes spéciaux ». Ces auteurs s’interrogent sur la vraie destination du château… Et si le Graal a pu trouver un temps un refuge à Usson, ou dans une commanderie voisine, le Graal n’a pu être confié qu’aux Templiers …

Quel était donc cet objet que les Templiers d’Espagne, envoyèrent en 1247, au roi d’Angleterre Henri Ier, en passant par Gisors ? Bien sûr, nous reviendrons prochainement sur ce lien entre le Graal et les Templiers…

Castel-del-Monte_aerea
Castel-del-Monte

** Le Castel del Monte est un château italien du XIIIe siècle construit par l’empereur du Saint Empire, Frédéric II de Hohenstaufen (à70 km à l’ouest de Bari, dans les Pouilles). Construit en 1240, l’empereur n’y serait jamais entré… parfaitement octogonal, ses huit côtés sont surmontés de huit tours octogonales elles aussi; il affiche également huit fenêtres et offre huit salles communes! Le château n’avait rien à défendre. D’ailleurs, il n’y a ni fortifications, ni douve, ni pont-levis, ni meurtrière!  Castel del Monte ne fut jamais utilisé, du moins officiellement, pour aucun but, que ce soit civile ou militaire et encore moins comme habitation de l’Empereur.Virgo Mater Adoratrix[2]

Cette construction est inadaptée pour la réception, et semble avoir été construit pour … recevoir le Graal ! ….. Il occupait une position indispensable pour tous ceux qui étaient sur ​​le point d’atteindre le Saint Sépulcre

On pense qu’au centre de la cour, il existait un bassin, également octogonal, fabriqué en marbre d’une seule pièce, selon la description de Troyli en 1743. Ce bassin représentait le Graal, Graal déposé dans le château par les chevaliers teutoniques, grâce à une confrérie soufie…