L’épée… Perceval

L’armure, les armes, l’épée, sont présents dès le début de la quête de Perceval. Ils sont même les éléments déclencheurs et le premier souci du jeune habitant de la « gaste forêt », c’est Chevalier.jpgd’acquérir ce dont il ignore l’usage …   » Sur ma foi je m’en vais demander au roi cette armure belle et neuve. Au diable qui en cherche une autre.  »

L’épée représente directement la bravoure et la puissance. Pourtant, elle est à ‘ double tranchant ‘, de par sa dimension destructrice…
Elle peut, également, se rapporter à la justice, en séparant le bien du mal. Elle devient l’un des symboles de la ‘ guerre sainte ‘ , c’est à dire d’une guerre intérieure, évoquée aussi par l’épée apportée par le Christ ( Mat. 10,34 ).

dame_lac-2.jpgPerceval, deviendra le Chevalier Vermeil, mais il ignore tout de l’esprit de la chevalerie, et il aura bien du mal à défaire et s’approprier cette nouvelle peau; alors que lié encore à sa mère, il ne se sépare pas de sa tunique de chanvre à laquelle il prête nombreuses vertus … Perceval n’est pas conscient du but de sa quête ..!

Nous avons tous à découvrir, qui nous sommes réellement… Cette confiance, cette Foi, alors que nous ignorons jusqu’au but réel, est le plus souvent engagée sur des malentendus … A corriger, lors de la Quête, lors du Chemin…

Cette confiance, est portée par d’autres personnes que nous. Le roi pêcheur fait don à Perceval d’une épée et lui signifie le caractère exceptionnel de sa personne…!  N’est ce pas également, le message porté par quelques  »maîtres », pour chacun de nous …?

Lancelot ou le chevalier à la charrette – Chrétien de Troyes

LanGauvain et Hector arrivent devant l'ïle Perdue, où Lancelot est emprisonné dans une tourcelot ou le chevalier à la charrette est le troisième roman de Chrétien de Troyes, écrit à la fin du XII°s, à la demande de Marie de Champagne. Le roman ne comportait pas de titre à l’origine.

 Lancelot est le chantre de l’amour courtois. Ce sera d’ailleurs sa plus grande faiblesse, ce qui nous le rend d’autant plus attachant. Son amour est sans limite pour la reine Guenièvre, l’épouse du roi Arthur, son suzerain. Il oublie souvent l’objet de sa quête pour se soumettre à tous les caprices de sa dame.La reine Guenièvre interroge Lancelot sur ​​son amour pour elle

Par étourderie, il se retrouve dans les situations les plus embarrassantes qui soient pour un homme de son rang.
Un jour, un chevalier inconnu enlève la reine et l’emmène dans un pays d’où nul ne revient. Le preux chevalier ne pense plus qu’à délivrer la belle captive. Pour l’amour de la reine, il est prêt à accepter la pire humiliation: monter dans une charrette. Celle-ci appartenait à un nain qui disait connaître le lieu où se trouvait la reine disparue.
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On comprend mieux le titre donnée à ce roman en vers octosyllabiques. En effet, un proverbe de l’époque disait: « Quand charrette rencontreras, fais-toi le signe de croix afin qu’il ne t’arrive pas malheur« . Celle-ci était réservée aux félons, aux meurtriers ou aux voleurs. Lancelot savait en tout état de cause que cela lui couterait cher et qu’il allait y laisser une bonne partie de sa réputation de chevalier. De ce fait, il hésitera un court instant avant d’y monter, ce qui lui sera reproché assez vertement par la reine dont les exigences courtoises sont démesurées. Pour elle, il a failli aux règles courtoises en hésitant puisque la vie de sa dame était en danger.Lancelot ou le chevalier à la charrette est le troisième roman de Chrétien de Tr
La personnalité attachante, mais néanmoins complexe, de Lancelot n’a pas échappé aux successeurs de Chrétien de Troyes. En effet, si personne n’a songé à reprendre le personnage d’Erec, chevalier attachant également par ses faiblesses (n’oublie -t-il pas ses devoirs de chevalier pour une belle jeune fille?), beaucoup se sont attachés à compléter le personnage de Lancelot, devenu ainsi le chevalier le plus connu de la table ronde.
lancelot-et-vivianeDès le début du XIII°s, on lui imagine une enfance féérique dans le palais de Viviane, au fond d’un lac.
On le rattache également à la quête du Graal (qui n’intéressait pas encore Chrétien lors de l’écriture du Lancelot) en le faisant père de Galaad, le chevalier le plus pur qu’il soit. Il fait également partie des trois chevaliers désignés pour rencontrer le Graal et en percer son mystère.
Ce roman, avec l’accord de Chrétien, sera fini par un clerc, Godefroi de Lagny. Ainsi, il est dit, à la fin du texte:
« Seigneurs, si j’en disais davantage,
Je dépasserais l’étendue de mon sujet,
C’est pourquoi je vais mettre un terme à mon travail;
Ici même s’arrête le récit.
Godefroi de Leigni, le clerc,
A terminé La charrette;
Que nul ne songe à le blâmer
S’il a continué Chrétien,
Car il l’a fait avec l’approbation
De Chrétien, qui commença l’œuvre:
Lui est responsable de tout ce qui suit
Le moment où Lancelot fut emmuré,
C’est-à-dire jusqu’à la fin du conte.
Voilà son œuvre à lui; il ne veut rien y ajouter,
Ni retrancher, par crainte d’endommager le conte.
Lancelot et l'Humiliation de la Charrette (enluminure, vers 1475) qui a donné le fameux titre Le Chevalier à la Charrette.
Voici un extrait de l’épisode de la charrette:
Le Chevalier, à pied et sans lance,
S’avance vers la charrette
Et voit sur les limons un nain
Qui, en bon charretier, tenait
Dans sa main une longue baguette.
Et le Chevalier dit au nain:
Nain, fait-il, pour Dieu, dis-moi tout de suite
Si tu as vu par ici
Passer ma dame la reine.
Le nain perfide et de vile extraction
Ne voulut point lui en conter des nouvelles,
Mais se contenta de dire: Si tu veux monter
Sur la charrette que je conduis,
D’ici demain tu pourras savoir
Ce qu’est devenue la reine.
Sur ce, il a maintenu sa marche en avant
Sans attendre l’autre l’espace d’un instant.
Le temps seulement de deux pas
Le Chevalier hésite à y monter.
Quel malheur qu’il ait hésité, qu’il eût honte de monter,
Et qu’il ne sautât sans tarder dans la charrette!
Cela lui causera des souffrances bien pénibles!
Mais Raison, qui s’oppose à Amour,
Lui dit de bien se garder de monter;
Elle l’exhorte et lui enjoint
De ne rien faire ni entreprendre
Qui puisse lui attirer honte ou reproche.
Ce n’est point dans le cœur mais plutôt sur les lèvres
Que réside Raison en osant lui dire pareille chose;
Mais Amour est dans le cœur enclos
Lorsqu’il lui ordonne et semonce
De monter sans délai dans la charrette.
Amour le veut, et le Chevalier y bondit,
Car la honte le laisse indifférent
Puisqu’Amour le commande et veut.
Et messire Gauvain se met à la poursuite
De la charrette en galopant,
Et lorsqu’il y trouve assis
Le Chevalier, il s’en étonne beaucoup;
Alors il dit au nain: Instruis-moi
Au sujet de la reine, si tu sais le faire.
Le nain dit: Si tu te détestes autant
Que ce Chevalier assis ici,
Monte aec lui, si cela te convient,
Et je t’emmènerai avec lui.
Quand messire Gauvain l’eut entendu,
Il jugea qu’accepter la proposition serait insensé
Et il dit qu’il n’y monterait point,
Qu’échanger son cheval contre la charrette
Serait n échange par trop infâme.
Mais où que tu veuilles aller
J’irai là où tu iras.
Si bien qu’ils se mettent tous les trois en route,
L’un d’eux à cheval, les deux autres sur la charrette,
Et ensemble ils gardèrent le même chemin.
À l’heure des vêpres, ils atteignirent un château,
Et sachez que ce château
Était fort puissant et beau.
Ils entrent tous les trois par une porte.
La vue du Chevalier que le nain transporte
Dans la charrette frappe les habitants d’étonnement,
Mais ils ne cherchent nullement à se renseigner davantage;
Tous se mettent à le conspuer,
Grands t petits, vieillards et enfants,
Par les rues, en poussant des huées;
Le Chevalier entendit ainsi dire
À son sujet de viles injures et des paroles de mépris.
Tous demandent: À quel martyre
Ce Chevalier sera-t-il condamné?
Sera-t-il écorché vif ou pendu,
Noyé ou brûlé vif sur un bûcher d’épines?
Dis-le-nous, nain, dis, toi qui le traînes ainsi,
De quel forfait fut-il trouvé coupable?
L’a-t-on jugé pour vol? Serait-ce un assassin
Ou est-il le vaincu d’un combat judiciaire?
Et le nain garde un silence absolu,
En ne répondant ni une chose ni l’autre.
Il conduit le Chevalier là où il sera hébergé,
Et Gauvain suit de près le nain
Qui se dirige vers une tour, laquelle, de plain-pied
Avec la ville, se trouvait à la limite de celle-ci.
Au-delà il y avait des près,
Tandis qu’en face la tour s’élevait
Sur la cime d’un rocher gris,
Haut et taillé à pic.
Derrière la charrette, toujours à cheval,
Gauvain pénètre dans la tour.
Dans la salle, ils ont rencontré, élégamment mise,
Une demoiselle
Dont la beauté n’avait pas de rivale au pays;
Et ils voient s’approcher deux pucelles
Avec elle, gentes et belles.
Dès qu’elles virent
Messire Gauvain, elles lui firent
Un accueil joyeux et le saluèrent;
Et elles voulurent s’informer du Chevalier:
Nain, quel crime ce Chevalier a-t-il commis
Que tu conduis là comme s’il était impotent?
Il ne veut leur offrir aucune explication,
Mais se contente de faire descendre le Chevalier
De la charrette, et puis s’en va;
On ne sut point où il alla.

Source:  , une passionnée par la littérature, et notamment la littérature médiévale…

 

Alan Lee – Illustrateur -1/3-

Alan Lee 00Alan Lee est né en 1947. Il a grandi à Londres, où il a étudié l’art graphique et design. Très jeune, enchanté par le mythe et le folklore, il se tourne vers l’ illustration du livre – en suivant les traces d’Arthur Rackham, Charles Robinson et Edmund Dulac, maîtres illustrateurs du XIXe siècle.

Alan travaille comme illustrateur à Londres jusqu’au milieu des années 1970, puis il déménage à Dartmoor avec d’ autres artistes comme Marja Lee Kruyt (à qui il a été marié pendant de nombreuses années) et Brian Froud.

Dartmoor

À la demande de Ian Ballantine, Alan et Brian créé le livre Faeries , inspiré par les paysages de la campagne de Dartmoor. : c’est un best- seller,…

Alan Lee - Merlin Dreams

Ensuite, il illustre :

Lavondyss par Robert Holdstock, The MabinogionCastlesMerlin Dreams

Plus tard, Alan Lee se passionne pour les œuvres de J. R. R. Tolkien ; à l’occasion du 100e anniversaire de la naissance de l’écrivain, il illustre les couvertures des rééditions du Seigneur des anneaux et de Bilbo le Hobbit, ainsi que le calendrier Tolkien 1993.

The Wandering of Odysseus by Alan Lee

Ensuite, il s’attaque à deux grands classiques : l’illustration de l’Iliade et l’Odyssée respectivement en 1993 et 1995.

Toujours passionné par Tolkien, il accepte de travailler avec John Howe sur le film de Peter Jackson : la trilogie du Seigneur des anneaux, et il y illustrera les objets, les décors, et comme le dit Brian Sibley « lui et John Howe donneront le look du film et matérialiseront la vision de Peter Jackson ».

Alan lee cahiers croquis Seigneur des anneaux - 2

Alan Lee Web site

Alan Lee Wikipedia Français

Biographie Alan lee

Interview sur Bookreporter

Interview sur son travail d’illustrateur

Une autre interview

Alan Lee, une rencontre

Alan Lee gandal11

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Arthur and Owain Playing Gwyddbwyll Alan Lee Illustration, 1984 Alan Lee Chevalier The Mabinogian
Alan Lee Culhwch and Olwen inspiration-of-medieval-language-literature-romance-tropes-in-22the-mabinogion22-22gereint-son-of-erbin22-by-alan-lee

Carbonek - Castle of the Holy Grail by Alan Lee

alan lee Dame à cheval oiseaux illustration for the collection of Welsh legends, The Mabinogion.

Arthurian Legends - Alan Lee - The Tower of Annowreala n_lee_castles_the tower of annowre

Alan lee - Le pont de l'épée

Alan lee Chateau 2

« Perceval ou le Conte du Graal « , est-il un mythe ?

Citer «  Perceval » ( et la quête du Graal ), comme un mythe, est peut-être un raccourci, que des spécialistes pourraient contester… ? Cette histoire étant rattachée à une œuvre littéraire, peut-être est-il plus exact de parler de «  mythe littéraire » .. ? L’histoire est de plus relativement récente …

Parsifal-Odilon-Redon.jpgRevenons donc à la définition du Mythe et, j’en retiens de la part de spécialiste, quelques unes qui vont dans le sens de ce que j’entrevois…, comme :

– Mircéa Eliade :  « Le mythe raconte une histoire sacrée : il relate un événement qui a eu lieu dans le temps primordial, le temps fabuleux des commencements »

– Gilbert Durand « Nous entendons par mythe un système dynamique de symboles, d’archétypes et de schèmes, système dynamique qui, sous l’impulsion d’un schème, tend à se constituer en récit ».

– Marc Eigeldinger « Le mythe n’est pas uniquement récit, mais aussi discours du désir et de l’affectivité. Il ne s’exprime pas à l’aide d’idées ou de concepts et se développe en marge de la rationalité ; il se consacre à dire la vérité psychique […], à suggérer l’affleurement de l’irrationnel et de l’inconscient, à traduire le contenu du désir et ses relations avec le sentiment »

– Jean-Pierre Vernant : le mythe ne se réfère pas à un genre particulier… Il serait « l’envers, l’autre du discours vrai, du logos »

– Campbell : « Non, le mythe n’est pas un mensonge. Une mythologie complète est constituée d’une organisation d’images symboliques et narratives, métaphoriques des potentialités de l’expérience humaine, et de l’accomplissement d’une culture donnée à un moment donné. »

parsifal_Odilon-Redon.jpgEt forcément, je dirai que le mythe littéraire, contrairement peut-être au mythe ethno-religieux, ne fonde ni n’instaure plus rien. Les oeuvres qui l’illustrent sont d’abord écrites, signées par une (ou quelques) personnalité singulière. Évidemment, le mythe littéraire n’est pas tenu pour vrai.

– Jean Pouillon ajoute, que « ni l’opposition du vrai et du faux, ni celle du croire et du ne pas croire ne sont pertinentes pour situer le mythe ».. !

 Sans doute, pouvons nous admettre que la littérature, si elle ne le crée pas, est un « conservatoire des mythes ». De plus, comme le dit Véronique Gély, « la littérature n’est pas seulement le conservatoire des mythes, elle est leur laboratoire, et le lieu de leur épiphanie »

Pour ce qui est du « mythe de Perceval », il nous est donc parvenu tout enrobé de littérature », il ne nous est accessible qu’en tant que « mythe littéraire ». Il a cette particularité que sa première rédaction est caractérisée, par l’absence de clôture. Le « Conte du Graal » de Chrétien de Troyes est inachevé… !

Odilon-Redon-17.jpgEnsuite, ce corpus est à l’image d’un arbre dont le tronc serait constitué de la tradition médiévale, à partir de laquelle les multiples ramifications modernes s’élanceraient vers le ciel, toujours plus éloignées de la souche première, mais puisant leur sève dans un réseau de canaux toujours plus vaste et plus complexe….

Effectivement, si le mythe de Perceval est extrêmement présent dans le demi-siècle qui suit son entrée en littérature, c’est le silence presque total du début de la Renaissance à la fin du siècle des Lumières. Après un timide renouveau au tournant des XVIIIème et XIXème siècles, c’est le drame wagnérien qui le ramène sur le devant de la scène artistico-littéraire. Au cours du XXème siècle également, la fortune de ce mythe varie considérablement : après avoir connu une certaine vogue jusqu’à la seconde guerre mondiale, il se fait beaucoup plus discret pendant les années qui suivent, pour resurgir avec une vigueur inattendue dans les années 1980.

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Sources: en partie Thèse de doctorat présentée par Christophe Imperiali  » En quête de Perceval – Étude sur un mythe littéraire « , et le peintures sont d’Odilon Redon.

Elaine, ou la dame de Shalott

Selon les auteurs, Elaine d’Astolat, peut aussi s’appeler la Dame de Shalott, ou la Demoiselle d’Escalot.

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John Williams Waterhouse « I am half-sick of shadows » said the Lady of Shalott (« Comme je suis lasse des ombres » dit la Dame de Shalott)

Dans l’un des poèmes les plus populaires de Tennyson (1) , et que les préraphaélites ont aimé représenté, Elaine, fille de Bernard d’Astolat, est la belle damoiselle qui aime Lancelot d’un amour non partagé. D’après la légende, Elaine ne peut pas regarder directement le monde extérieur, elle regarde par le truchement d’un miroir et tisse ce qu’elle y voit sur une tapisserie, qui va plus tard lui servir de linceul. La malédiction de la dame de Shalott, tient à ce qu’elle préfère fuir la vérité, au travers d’un miroir qui modifie la réalité : elle admire un Camelot idéalisé, où siège un Lancelot qui lui préfère Guenièvre… Quand, finalement, elle regarde le vrai Lancelot par la fenêtre : elle n’a plus qu’à subir la malédiction, et se laisse périr de langueur…

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William Maw Egley ( 1826 – 1916) était un artiste britannique de l’époque victorienne.

Dans la Queste del Saint Graal ( Vulgate ) apparaît le personnage de Galaad, fils de Lancelot.

Brickdale, Eleanor Fortescue Elaine

Eleanor Fortescue Brickdale

Anglais  1871-1945

Elaine est la fille de Pellès, le Roi Pêcheur, gardien du Saint Graal. Lorsque Lancelot arrive au château du Graal, il est victime d’un enchantement qui lui fait croire qu’Elaine est Guenièvre. Ils conçoivent Galaad durant la nuit. 

Dans le « Mort Artu » (Lancelot-Graal -1230-), Elaine tente de convaincre Lancelot, par la ruse, de porter ses couleurs au tournoi, et elle lui déclare hardiment sa flamme. Elle y est dépeinte comme une femme volontaire et obstinée, ce qui rend le récit très favorable à Lancelot, qui a su trouver la force de résister à ses charmes et à ses avances.

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Sir Lancelot and Elaine lancelot et Elaine 15
Elaine The Fair (c. 1911), illustrating Tennyson’s Idylls of the King - William Ladd Taylor Elaine de Astolat Lancelot donne son bouclier à Elaine
Lancelot et Elaine_Eleanor Fortescue Brickdale Arthur A. Dixon Sir Lancelot gives his Shield into Elaine's keeping

frise celte

Brickdale, Eleanor Fortescue Elaine avec le bouclier de Lancelot
Brickdale 

Dans le « Morte d’Arthur » (Malory (1470)) , Lancelot est conscient de l’amour que lui porte Elaine, et il la suit dans sa chambre pour la réconforter. Là, il se refuse toujours à lui rendre son amour, mais il accepte de porter ses couleurs au tournoi pour ne pas plus l’affliger.

Elaine d’Astolat, connue comme la Dame de Shalott, aime d’un amour sans retour … Elle meurt de chagrin et son corps est envoyé vers Camelot dans un bateau, avec une fleur de lys blanc et une lettre qu’elle a écrite avant sa mort.

frise article 2Elaine Floats Down to Camelot by Briton Riviere

Elaine floats down to Camelot  by  Briton Riviere

Au 19e siècle, Lord Alfred Tennyson écrit un célèbre poème «La Dame de Shalott»

Voici la fin de la lettre que Tennyson fait lire au roi Arthur.

Très-noble seigneur, Sire Lancelot du Lac,
Moi qu’on appelait quelquefois la vierge d’Astolat,
Je viens ici, car vous m’avez quittée sans prendre congé de moi ;
Je viens ici afin de prendre pour la dernière fois congé de vous.
Je vous aimais, et mon amour n’a point eu de retour.
C’est pourquoi mon fidèle amour a été ma mort.
C’est pourquoi, devant notre dame Guenièvre
Et devant toutes les autres dames, je fais ma plainte.
Priez pour mon âme et accordez-moi la sépulture.
Prie pour mon âme, Toi aussi, sire Lancelot,
Car Tu es un chevalier sans égal.

(1) Alfred Tennyson, baron ( – ), est l’un des poètes britanniques les plus célèbres de l’époque victorienne. L’un des plus célèbres ouvrages de Tennyson est Les Idylles du Roi (1885), une série de poèmes narratifs basés entièrement sur le Roi Arthur et la Légende arthurienne et influencés, dans ses thèmes, par les premiers récits de Sir Thomas Malory sur ce roi légendaire.

Elaine John Atkinson Grimshaw Huile sur toile, 1877

Elaine par John Atkinson Grimshaw Huile sur toile, 1877

Le Merlin en prose – Robert de Boron

Merlin - Timbre anglaisLe Merlin en prose est attribué à Robert de Boron. Il semble avoir été composé au tout début du XIII°s.

Il fait partie d’une trilogie (de Robert de Boron), L’estoire du Graal Le Merlin en prose et le Perceval en prose…

Eude vieux manuscritsC’est un peu plus compliqué: Ce qui nous reste de l’oeuvre de Robert de Boron comprend un roman de l’Estoire du Graal, qui compte 3500 vers, et le début d’un roman de Merlin, interrompu au vers 502, au milieu d’une phrase . Mais le tout fut mis en prose, et dans ce deuxième état le  »Merlin » est complet.

Joseph d’Arimathie, raconte la première consécration du mystérieux Graal et annonce qu’il sera plus tard porté en Occident et trouvé par un chevalier de la famille de Joseph d’Arimathie.

Dans le second, Merlin, la scène est transportée dans la Grande-Bretagne; le célèbre enchanteur nous est présenté comme un enfant du diable, engendré par lui pour combattre le Christ, mais trompant l’attente de son père et servant la bonne cause par sa connaissance du passé et de l’avenir.

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La conception de Merlin

Dans le dernier poème Perceval, l’auteur raconte comment ce chevalier trouva le Graal perdu depuis longtemps et mit fin ainsi aux « merveilles de Bretagne ».

Histoire de Merlin L'enfer et le conseil des démons Angers, vers 1450-
Histoire de Merlin – L’enfer et le conseil des démons Angers, vers 1450

Lorsqu’il rédige le Merlin , Robert de Boron cherche à christianiser la figure de Merlin qui existe depuis le IXème siècle. En tant que ‘clerc’, il veut illustrer une morale : celle du rachat, à travers le personnage de Merlin. Cette volonté, fréquente dans la littérature arthurienne de cette époque, permet de faire entrer dans l’histoire païenne la présence de Dieu. Il s’agit aussi de trouver comment intégrer la figure du  »diable » au mythe.

Le « Merlin en prose » est le roman des origines du royaume arthurien.

a souvenir program from the 19th century play King Arthur by J.Comyns Carr, starring Henry Irving as Merlin

Le Merlin en prose s’ouvre sur le conseil des démons qui, au lendemain de la Passion, s’efforcent de créer un antéchrist et d’annihiler l’œuvre de rédemption. Il est centré sur la figure du fils du diable racheté par Dieu. Dans ce récit, où s’entremêlent chronique historique, discours didactique et moralisant, merveilles et sortilèges de la matière de Bretagne, geste épique des fils de Constant ou encore la passion amoureuse d’Uterpandragon, Merlin multiplie les fonctions.

Merlin and Arthur by alanlathwell
Merlin and Arthur by alanlathwell

Il inspire, soutient et organise les efforts de la dynastie légitime des fils de Constant, Uter et Pandragon, pour reprendre leur royaume à l’usurpateur Vertigier et en assurer définitivement, lors de la bataille de Salesbieres, l’indépendance face aux Saxons. Il persuade le nouveau roi d’établir à sa cour la Table Ronde, mais brise le cercle parfait en laissant vacant le fameux « siège périlleux », siège laissé vide par Judas à la Table de la Cène.

Par ses dons d’enchanteur et de magicien, Merlin le prophète est également celui qui, se jouant des passions et des faiblesses humaines, assure la naissance d’Arthur. Il n’hésite pas à reprendre tout aussitôt l’enfant à ses parents légitimes et à en faire, à son image, un « fils sans père », qui devra faire ses preuves, s’imposer comme l’élu de Dieu pour retrouver son Royaume et obtenir une certaine maîtrise du monde.

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Merlin-dictant-ses-prophécties-à-blaise roman-du-xiiic

Enfin, Merlin dicte à Blaise le Livre du Graal, ce livre qui relate le passé (Joseph d’Arimathie avec le Joseph en Prose), le présent (le temps du Merlin en prose) et l’avenir (le temps du Perceval en prose).

Concernant toute la partie historique du texte – la chronique des rois bretons et leur lutte contre les Saxons- le Merlin s’inspire très largement du Roman de Brut de Wace

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Après la mort de Vertigier, brûlé dans un incendie, le devin se met au service des rois légitimes de Grande-Bretagne et les aide à repousser les envahisseurs saxons. Lorsque Pendragon est tué sur le champ de bataille de Salisbury, Merlin transporte et érige des pierres d’Irlande sur le lieu du combat, en l’honneur du souverain défunt. Il assiste alors le frère de ce dernier Uter, à qui il suggère de fonder la Table Ronde..

Merlin et les pierres de Salisbury (extrait)

Lorsque grands seigneurs et prélats furent rassemblés, il [Uter] se fit couronner et sacrer et succéda à son frère sur le trône. Quinze jours après son sacre et son couronnement, Merlin parut à la cour, accueilli avec joie par Uter et, quinze jours plus tard, il vint trouver le nouveau roi.
-Il faut que vous disiez à votre peuple tout ce que je vous avais prédit: l’invasion de ce pays par les Saxons, l’accord passé entre moi, votre frère et vous, le serment que vous avez échangé entre vous.
Uter exposa à ses sujets les actions accomplies par son frère et par lui-même d’après les indications de Merlin, mais ne parla pas du dragon dont, tout comme les autres, il ne savait rien. À la suite du rapport d’Uter Merlin dévoila la signification du dragon: il représentait la mort du roi, l’élévation d’Uter en dignité, une impérissable marque d’honneur pour son frère. En raison du dragon miraculeux qui planait dans les airs Uter se fit appeler Uterpandragon.

Les barons découvrirent ainsi le fidèle dévouement du devin et Merlin fut le maître écouté d’Uter et de son conseil.
Il régnait depuis longtemps en maintenant le royaume en paix, lorsque Merlin vint lui parler.
-Quoi! lui dit-il. C’est tout ce que vous faites pour votre frère qui repose dans la terre de Salisbury?
-Que veux-tu que je fasse? Je ferai tout ce que tu voudras et que tu me suggéreras.
-Vous lui avez juré, et moi aussi je lui ai promis, de lui consacrer un monument aussi durable que la chrétienté; respectez votre serment et je ne manquerai pas à ma parole.
-Dis-moi ce que je peux faire et je l’accomplirai de grand coeur.
-Entreprendre une oeuvre immortelle et qui à jamais résiste au temps.
-Très bien, j’y consens.
Envoyez chercher d’énormes pierres qui sont en Irlande et des bateaux pour les transporter. Si énormes soient-elles, je saurai les dresser; j’irai montrer à vos gens celles qu’ils doivent apporter.
Uter approuva cette expédition et envoya hommes et bateaux en grand nombre; quand ils furent là-bas, Merlin leur montra des pierres colossales pour leur longueur et leur largeur.
-Voici, dit-il, les pierres que vous êtes venus chercher et que vous emporterez.
En les voyant, les hommes jugèrent que c’était une folie et déclarèrent que personne au monde ne pour­rait même en faire bouger une et ils refusaient de les embarquer. Merlin leur répondit que dans ces condi­tions ils étaient venus pour rien. Alors ils s’en retour­nèrent chez le roi, lui exposèrent la besogne inouïe que Merlin leur avait commandée et qui à leur avis était au-dessus de toute force humaine.
-Attendez qu’il revienne, dit le roi.
Quand Merlin fut de retour, Uter lui rapporta les paroles de ses gens.
-Puisqu’ils me font défaut, répondit Merlin, je tiendrai ma promesse.
Il eut recours aux ressources de son art magique et fit venir les pierres d’Irlande qui sont encore aujourd’hui au cimetière de Salisbury Swinside stone circle, in the Lake District, England et quand elles furent en place, il invita Uterpandragon et une grande partie de son peuple à venir admirer le prodigieux amas. Arrivés sur les lieux et en pré­sence de ce spectacle, ils avouèrent qu’aucun être humain n’était assez fort pour en soulever une seule et qu’il aurait fallu beaucoup d’audace pour embar­quer pareilles masses. Ils se demandèrent, éberlués, comment Merlin les avait transportées à l’insu de tous. Merlin leur ordonna de les dresser, car elles seraient plus belles debout que couchées sur le sol.
-Personne, dit Uter, n’en serait capable sauf Dieu et toi-même.
-Allez-vous-en, dit Merlin, je m’en chargerai et j’aurai tenu la promesse faite à Pandragon, j’aurai entrepris pour lui une oeuvre que personne ne pourrait mener à bien.
C’est ainsi que Merlin érigea les pierres d’Irlande qui sont au cimetière de Salisbury et qui y resteront aussi longtemps que durera la chrétienté.

Robert de Boron, Merlin, traduction Alexandre Micha, éd Garnier-Flammarion, 1994

Idylles du Roi – Viviane –

« Idylles du Roi »; Illustrations de George Wooliscroft Rhead, & Louis Rhead. Tirées des  »Idylls of the King » de Tennyson – 1898 –

Œuvre majeure du poète victorien Sir Alfred Tennyson, Les Idylles du roi est constitué d’un ensemble de textes romantiques autour de quatre personnages féminins de la légende arthurienne : Énide, Viviane, Élaine, Guenièvre.

Quatre femmes, quatre personnalités et quatre destins…

A travers les histoires légendaires de ces femmes – qui se croisent et se décroisent – personnages de l’univers arthurien, Tennyson évoquent pour nous un monde révolu, mais encore prégnant, où l’amour courtois était le lien qui unissait chevaliers et dames au coeur des cours médiévales.

Sophie Busson - La rencontre de Merlin et de Vivianne
Sophie Busson – La rencontre de Merlin et de Vivianne

Si les personnages secondaires s’appellent ici Arthur, Lancelot, Merlin ou Mordred, les lieux de l’action demeurent ceux qui ont enchanté des dizaines de générations de lecteurs : Brocéliande, Camaalot ou Avalon.

« Merlin et Vivien ( Viviane) « 

Viviane et Merlin 2
Viviane et Merlin – Gaston Bussiere (French, 1862-1929)

Merlin a succombé, lui aussi. La séduction du vieillard est la page la plus hardie des Idylles. Ce grand sujet n’a été traité jusqu’ici qu’en farce grossière ou en photographie libidineuse. Goethe, avant de jeter Marguerite dans les bras de Faust, rend la jeunesse au docteur. Le chaste Tennyson a osé nous montrer Viviane, en robe collante de satin blanc, assise sur les genoux de Merlin, et plongeant ses bras roses dans la barbe neigeuse de l’enchanteur. Cette fois, Faust a gardé ses quatre-vingts ans, et Méphisto est entré dans le corps de Marguerite.Idylls Of The King merlin et Viviane

Tantôt Viviane est une femme du monde buvant les paroles d’un professeur célèbre, tantôt une fille entretenue caressant « son vieux. » Ne croyez pas que Merlin cède à un vulgaire accès de sensualité. Viviane est son élève, son sujet, son monstre favori. Il la connaît si bien ! Il se croit si sûr de la dominer ! Il éprouve pour elle des alternatives de dégoût et de complaisance ; et c’est au moment où il vient de déchiffrer sa perversité qu’il devient sa victime.

viviane enserre MerlinElle obtient de lui, sans les comprendre, les paroles magiques, et le premier usage qu’elle fait de cette puissance est de transformer en une léthargie éternelle le sommeil dans lequel est tombé le vieillard, après son ivresse passagère. Légère, triomphante, elle s’échappe en murmurant : « L’imbécile ! » Et l’écho du bois répète, après elle : « Imbécile ! » Lorsque l’homme a vaincu la femme, il l’oublie ; lorsque la femme a vaincu l’homme, elle le méprise.

Extrait de la Revue des Deux Mondes tome 71, 1885. Ecrit par
Auguste Filon, sur Lord Tennyson

L’origine de l’histoire de ‘Tristan et Iseult’

44393f9ab218935b941515e0baf4d84dLa plupart des critiques s’accordent aujourd’hui pour dire que des récits celtiques sont à l’origine de cette histoire… Un récit irlandais intitulé La fuite de Diarmaid et Grainne, attesté dès le Xe siècle, contient ainsi un certain nombre d’éléments qui annoncent les versions postérieures de Tristan et Iseut : Diarmuid and Gráinneun roi irlandais Finn a pour épouse Grainne ; elle jette un sort (geis) sur le neveu du roi, Diarmaid, et l’oblige à l’enlever et à se réfugier avec elle dans la forêt. D’abord chaste, Diarmaid laisse chaque matin un morceau de viande crue à l’endroit où ils ont dormi. GrainneD’autres récits celtiques font allusion à des combats contre un dragon, à des philtres magiques préparés par des femmes expertes en enchantements. Certains rapprochements ont été faits avec des récits persans, mais aussi avec des thèmes développés dans les textes antiques et les récits mythologiques : on a comparé la figure du Morholt et celle du Minotaure, l’évocation des deux voiles, blanche et noire, du bateau qui amène Iseut auprès de Tristan mourant rappelle la traversée de la mer Égée par Thésée après qu’il a réussi à sortir du labyrinthe…

L’histoire de Tristan et Iseult s’est diffusée à partir du XIIe s. dans toute l’Europe chrétienne. Aujourd’hui, elle n’est plus confinée à l’époque médiévale.

Tristan et Iseut - manuscrit de Gottfried von Strassburg (1210)

Les textes qui – aujourd’hui – nous révèlent ce mythe sont :

  • Tristan und Isolde 10Deux romans en vers, l’un écrit en Angleterre par Thomas en 1170 : défini comme une version courtoise, il n’en reste qu’environ le quart ; et l’autre composé vers 1180 par le poète normand, Béroul, dont il ne reste qu’un fragment de 4485 vers.
  • S’y ajoutent trois nouvelles en vers : Folies de Tristan …
  • Un lai de Marie de France, le Lai de chèvrefeuille.
  • On peut y ajouter une saga scandinave composée par frère Robert en 1226
  • Tristan und Isolde 12Une réécriture vers 1230 : le Tristan en prose, influencé par le Lancelot en prose ; le récit se passe à la fois à la cour du roi Marc, et celle du roi Arthur. Tristan devient un chevalier de la Table Ronde …
  • Des adaptations en moyen haut allemand de Gottfried de Strasbourg et ses continuateurs vers 1200, 1210…
  • Vers 1300, en Angleterre : Sir Tristrem d’un auteur anonyme.
  • Fin du XIIIe s. une version italienne Tristano Riccardiano.

August Spiess. Muerte de Isolda. 1883

Le Roman de Tristan et Iseut, a été renouvelé par Joseph Bédier, médiéviste de la fin du XIXe siècle qui a reconstitué le récit que nous ne possédons que par fragments : ceux de Thomas et de Béroul du XIIe siècle, celui d’Eilhart d’Oberg, celui de Gotfried de Starsbourg.