Sir Gauvain, et Dame hideuse, un conte et son enseignement -1/2-

Sir Gauvain jure de servir les dames
par William Dyce

Gauvain est comme chevalier, une figure respectable courtoise et héroïque. Il est l’objet de plusieurs romans et le héros de l’une des plus grandes œuvres anglaises sur la légende arthurienne : Sire Gauvain et le Chevalier vert ; il y est décrit comme un excellent chevalier, de grande humanité.
Dans Le mariage de Gauvain et Dame Ragnell, son esprit, la vertu et le respect qu’il a pour les femmes, lui permettent de libérer Dame Ragnell de sa malédiction de la laideur.

( Très court résumé …)

Le roi Arthur, part chasser le cerf blanc, il se met en fâcheuse position devant Sir Gromer, un géant qui -faute de pouvoir combattre – lui propose un défi d’esprit. D’ici une année, il s’agit de répondre à une question, faute de quoi, Sir Gromer lui tranchera la tête. La question est la suivante :
– Que désirent les femmes, par dessus tout ?
Le neveu du roi sir Gauvain, accepte de l’aider dans sa quête d’une réponse vraie… Mais, finalement seule, une vieille sorcière ( Dame Ragnell) extrêmement laide peut lui souffler la bonne réponse… Mais son prix est exorbitant : épouser Sir Gauvain.

Finalement, le mariage se fait. Au cours de la nuit de noces, dès le premier baiser, Dame Ragnell se transforme en une magnifique femme. Seulement, la malédiction n’est qu’à moitié levée…

 Gauvain doit choisir : en effet, sa Dame ne peut être belle, et le jour, et la nuit… ! Il doit choisir…
 Il répond, que ce choix la concerne, et qu’elle est la seule à en décider… Et …. C’était la réponse qui permettait de lever complètement la malédiction … !

La réponse à la question serait : «  Ce que la femme veut, c’est être sa propre suzeraine. »

frise épée sword fond blanc 600

Cette légende est issue des traditions orales celtiques, nous en avons une transcription du XVe s. Nous la retrouvons dans les contes de Canterbury, avec « Le conte de la femme de Bath »… Elle pose bien sûr la question de savoir si un jour, hommes et femmes, vivront ensemble à égalité de droits, sans se poser de questions… !

L’intérêt réel et de ce conte, est d’élargir notre vision pour comprendre avec l’esprit, les représentations des personnages…

Qu’en est-il de cette sorcière, rejetée et renvoyée à la « laideur». Si injustice il y a , quel pourrait être le chemin de guérison ? Guérison pour chacun, pour soi…
Qui est Gauvain, capable d’affronter le « monstrueux »… De quel courage s’agit-il ? Quel est donc le chemin de la beauté « cachée » ?
Comment pouvons-nous – comme Gauvain – toucher ce « monstrueux », et transformer nos attentes, en ce qu’il nous est possible d’accomplir… ?

Cet approfondissement de soi, de l’âme ; implique une recherche de la beauté. Nous pouvons trouver la beauté, même sous ce qui est laid. Comment ? Peut-être en montrant de la compassion bien sûr, mais surtout en reconnaissant la « souveraineté » de l’autre. Il s’agit de restaurer la beauté, quand elle semble absente …
( à suivre)

Le Graal : le support d’un courant gnostique ( hérétique) ? -2/2-

Parmi les sources de la littérature sur le Graal, au Moyen-âge, il semble certain que nous retrouvions :

– Certains ÉVANGILES APOCRYPHES qui ont apporté aux conteurs du Graal le fond anecdotique de leur trame religieuse. C’est en effet dans les textes apocryphes, et non pas dans les textes canoniques, que l’on trouve mentionné l’épisode de Joseph d’Arimathie recueillant, dans le Saint Graal le précieux Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ. 409494_2615617703730_1053692591_2699633_532212338_nDes chercheurs modernes sont parvenus à identifier les apocryphes dont les « vieux romanciers » se sont servis . « Le protévangile de Jacques », « Le Pseudo-Evangile de Nicodème », les « Gesta Pilati », la « Vindicta Salvatoris » (appelée aussi « Histoire de Vespasien ») et enfin une série de documents que l’on réunit sous le nom de « Histoire apocryphe de la Sainte-Croix ».

– LES ROMANS DES MABINOGIONS. Un « Mabinogion » est, dans la langue du Pays de Galles, un aspirant à la profession de Barde. Ce mot a fini par désigner le « Chaudron magique » dont les Bardes avaient coutume de se servir. Les chaudrons magiques, d’où provenaient toutes sortes de mets et de richesses, équivalent, assurent les auteurs, aux « cornes d’abondance » de la mythologie grécolatine.

Couv tales from the MabinogionLes « Romans des Mabinogions » sont des Contes Bretons où apparaissent ces chaudrons et ces bardes. Les noms des héros en portent, dit-on, la trace. Le radical gallois qui désigne couramment le chaudron est « per ». Or le nom des personnages de ces romans est précisément Peredur qui s’est transformé, en passant sur le continent, en Perlesvaus puis en Perceval. Beaucoup de critiques font figurer les « Mabinogions » parmi les sources qui furent utilisées par les conteurs du Graal.

– On pourrait citer également un certain « livre perdu » – cité par de nombreux anciens auteurs – qui a tout de même laissé passablement de traces. On est fortement tenté de matérialiser dans ce livre l’influence des contes iraniens que les critiques modernes, et surtout Henri Corbin, discernent dans les poèmes et les romans français du Graal. Henri Corbin estime qu’il existe, dans les contes épiques de l’Iran, l’équivalent du Graal. Ce Graal iranien n’est autre, selon lui, que la « Coupe merveilleuse » de Djmeshid dans laquelle le « Roi Mystique » voit l’univers tout entier. Il traite ce sujet dans son livre « ‘De l’Épopée héroïque à l’Épopée mystique ». Il le creuse encore davantage dans l’ouvrage « En Islam Iranien » où il consacre le chapitre « La Lumière de Gloire et le Saint Graal » à cette question de l’équivalent iranien et islamique du Graal chrétiengraal emeraude

– On voit, quand on examine toutes ces sources, que l’inspiration chrétienne, à l’origine du Graal, est donc fortement mélangée d’éléments hétérodoxes.

– Avec WOLFRAM VON ESCHENBACH le mythe prend une tournure nettement ésotérique, on peut même dire gnostique. Les sources arabes que nous avons signalées deviennent patentes. Le Graal n’est plus le « Saint Veyssel » chanté par Chrétien de Troyes. C’est une énorme émeraude creusée en forme de Calice et tombée du front de Lucifer quand il fut précipité du ciel.

Le Graal : le support d’un courant gnostique ( hérétique) ? -1/2-

Joseph d'Arimathie et ses compagnons emportant le Graal de Palestine, détail du manuscrit (1220-1230) conservé à la bibliothèque de Rennes
Joseph d’Arimathie et ses compagnons emportant le Graal de Palestine, détail du manuscrit (1220-1230) conservé à la bibliothèque de Rennes

On peut s’interroger sur un rattachement ésotérique diffus de cette littérature à des idées courantes dans des milieux marqués par le gnosticisme. En effet, ce qui constitue le noyau doctrinal du roman tout entier, et qui le situe dans une perspective assez différente de celle du magistère ecclésiastique, c’est l’idée, à la fois théologique et romanesque, des « secrets du Graal », c’est-à-dire d’une révélation cachée du Christ à Joseph d’Arimathie qui concerne le pouvoir spirituel du Graal et qui doit être transmise à tous les gardiens du Vase sacré.

coupe-du-graalCette conception remonte, en dernière analyse, à l’idée, qui était largement répandue chez les Pères des premiers siècles et surtout dans le gnosticisme, d’un enseignement secret donné par Jésus après sa résurrection à un petit nombre de disciples privilégiés et comprenant les mystères les plus hauts de la révélation, les doctrines secrètes que le Sauveur n’avait pas divulguées au cours de sa prédication publique et que, par conséquent, les Évangiles ne rapportent pas. Cependant le Joseph se situe dans une toute autre perspective que celle des sectes hérétiques ; la tradition ésotérique et, en partie, hétérodoxe dont il dépend ne prend pas la forme d’une théologie opposée au magistère de l’Église, mais aboutit à une sorte d’hérésie littéraire, à ce que l’on pourrait qualifier d’hérésie du Graal, voire à la littérature comme hérésie. roselightDans le roman de Robert de Boron , en effet, les « secrets du Graal » sont le noyau prophétique qui contient à l’état embryonnaire toute cette histoire romanesque du Salut qu’est l’histoire du Graal ; la prophétie, le secret ésotérique ne s’accomplissent que dans la mesure où ils deviennent une histoire, un texte, un roman. Le Joseph n’est pas une expression romanesque de doctrines joachimites ou cathares, mais il représente plutôt une sorte d’équivalent littéraire des mouvements hérétiques, où l’écriture romanesque ose se définir comme une écriture sacrée, comme un Évangile (secret) rapportant les paroles et les événements qui sont tus par la Bible.

L’apparition du Graal, dans la littérature médiévale… -3/3-

Le graal, objet purement utilitaire quoique précieux, revêt chez Chrétien une coloration mystérieuse et une teinte chrétienne. Par la suite, chez les continuateurs de Chrétien, chez Robert de Boron et dans le Lancelot-Graal, il y aura une sacralisation et une christianisation poussées à la fois du Graal et de la Lance qui seront mis directement en relation avec l’histoire de la Passion du Christ, surtout dans sa transmission par les évangiles apocryphes. Le Graal deviendra le Saint-Graal, à la fois le vase dans lequel Jésus a célébré la Cène le Jeudi Saint et dans lequel, le lendemain, son sang aurait été recueilli par Joseph d’Arimathie. Et la lance deviendra la Sainte-Lance, assimilée à celle de Longin, le centurion romain qui perça le flanc du Christ sur la Croix.

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Frederick Judd Waugh – The Holy Grail

Dans la Queste del Saint-Graal, roman en prose du XIIIe s, l’auteur est étroitement lié à Cîteaux. Il reprend à son compte la conception cistercienne de la vie humaine comme un perpétuel combat que doit livrer l’homme, miles Christi, contre le péché. Il est pénétré de la théologie mystique de saint Bernard, fondée tout entière sur l’amour divin. Comme l’écrivait E. Gilson, la Queste c’est ’le roman de la grâce ou, si l’on veut, la vie de la grâce dans l’âme chrétienne racontée sous forme de roman’.

The Quest and Achievement of the Holy Grail” Panel III by Edwin Austin Abbey détail
The Quest and Achievement of the Holy Grail” Panel III by Edwin Austin Abbey détail

Deux traits essentiels caractériseraient le récit de la Queste  : l’existence d’un sacerdoce « spirituel », différent du sacerdoce de Pierre qui lui est subordonné, et la constitution d’une communauté de Pauvres « spirituels », gardiens du Graal, détenteurs d’un secret dont la révélation devrait marquer l’avènement du Royaume de Dieu. L’influence des franciscains dissidents qui avaient rejoint les disciples de Joaquim de Flore s’étendait surtout dans la noblesse, milieu dans lequel naît le conte. Le Graal exalte l’idéal chevaleresque à l’époque des croisades. Tous les protagonistes sont des chevaliers et le vainqueur de la quête, le roi du Graal, sera le meilleur chevalier du monde. C’est surtout cet aspect chevaleresque qui caractérise les poèmes depuis Chrétien jusqu’à Wolfram.

L’apparition du Graal, dans la littérature médiévale… -2/3-

Du graal au « Graal »

Au temps de Chrétien de Troyes, un graal, est un plat, une vaisselle de riche. Dans Perceval, ce graal sert à contenir une hostie, ce qui le rend saint. Bien sûr, aujourd’hui nous pouvons ajouter qu’il put être un avatar du chaudron merveilleux des contes celtiques. Graal et lance, ne sont que des noms communs …

Joseph of Arimathea Catches the Blood of Christ in the Communion Cup, the Holy Grail  by Franz Stassen
Joseph of Arimathea Catches the Blood of Christ in the Communion Cup, the Holy Grail by Franz Stassen

C’est avec Robert de Boron que le Christ fait en personne irruption dans le discours graalien. Et c’est avec lui que le graal devient «  Le Graal », le plat de la Cène et le récipient dans lequel Joseph d’Arimathie recueillit le sang du Christ, et même le contient encore..

« Qui a droit le voudra nommer, par droit Graal l’appellera » ( La trilogie)

Chez Chrétien de Troyes, la graal est lié à une lance, qui n’est pas un simple élément décoratif. Le graal renvoie avec l’hostie à la chair du Christ, et la lance qui saigne renvoie tout spontanément à son sang, au sang de la blessure faite au flanc du crucifié par la lance de Longin. La signification du cortège, ou tout au moins l’allusion à la fois à la Cène, à la Passion, et à l’Eucharistie, est apparemment évidente. Elle l’est encore plus quand on sait que le Roi souffrant et son pays abandonné attendent leur sauveur. …

Mais, de ce rapprochement Chrétien , lui, ne nous en dit rien !

L’apparition du Graal, dans la littérature médiévale… -1/3-

Cela commence avec Chrétien de Troyes et « Le Conte du Graal ». Ce texte met l’accent sur une scène fascinante et mystérieuse, la visite de Perceval au Château du Roi-Pêcheur où, au cours d’un repas, il voit passer devant lui une lance qui saigne et un graal.

Perceval and the Grail Procession
Perceval et la procession du graal

« Perceval regarde ce cortège (le graal traverse encore la salle), il est très intrigué, dévoré de curiosité, il voudrait demander ’qui l’on sert de ce graal’, à qui l’on fait le service de ce graal, mais il garde le silence, il ne pose pas de question, car il se souvient du conseil que lui a donné quelque temps auparavant un chevalier, Gornemant de Goort : il ne faut pas trop parler, c’est conduite de vilain que de poser des questions indiscrètes. Perceval suit naïvement la recommandation.

Or, sans qu’il s’en doute, il manque une aventure prodigieuse : s’il ne se taisait pas, l’hôte infirme serait guéri, et tout le pays serait délivré des calamités qui l’accablent ou qui le menacent. Tout cela, Perceval ne le saura que trop tard, et c’est aussi après cette aventure manquée qu’il apprendra que l’hôte infirme s’appelle le Roi Pêcheur, que la vraie cause de son silence est le péché qu’il a commis en laissant mourir sa mère de désespoir, alors qu’il s’éloignait du manoir de son enfance, et, enfin, que le graal contient pour toute nourriture une hostie, qui soutient la vie d’un vieil homme, d’un saint homme, qui n’est autre que le père du Roi Pêcheur.

grail1Chrétien de Troyes n’en a pas dit beaucoup plus, et ces explications partielles et retardées ne suffisaient évidemment pas à satisfaire la curiosité de son public, ni à dissiper tout le mystère qui enveloppait la prestigieuse description du cortège. Toutes sortes de raisons – la beauté du conte, son caractère énigmatique, son inachèvement et ses incertitudes elles-mêmes – tendaient à susciter d’autres récits consacrés au Graal. A vrai dire, Chrétien venait de lancer dans la littérature quelque chose de plus qu’un splendide sujet de roman ; il venait de donner la vie à un mythe ; en usant de ce mot je ne fais pas tellement allusion aux origines probables de la légende, je veux dire surtout que pendant des années, autour de l’idée, autour du symbole du Graal, allait se former une cristallisation des pensées, des sentiments, des rêves de plusieurs générations. C’est pourquoi la dernière œuvre de Chrétien est un commencement ; ce qui ne signifie point qu’il avait inventé son sujet de toutes pièces. » Jean Frappier

L’action juste. – la voie du chevalier – 3/3 –

L’action et la réflexion… senseiVoilà ce que nous devrions combiner harmonieusement… Parfois, il m’arrive aussi de souhaiter être un ermite ‘ retiré du monde ‘, pourquoi ? Pour aborder la Vérité, peut-être ?
Pourtant, le chevalier allie ‘ Agir et penser ‘ ; parce que cela se passe mieux, ainsi.

Aussi, tel Gauvain – chevalier modèle – soyons fier d’être libre et spontané. Récemment, je recevais dans ma boîte à mels, un message tiré d’une personne que je place dans la même lignée que Zundel : Louis Evely :« Ce qui manque à la plupart d’entre nous, c’est une fierté et une joie : la conscience exaltante d’être en mission, de servir Dieu là où nous sommes du matin au soir. Ce n’est pas l’énergie qui nous manque : nous travaillons courageusement, désespérément. Souvent trop. Mais sans allégresse. Noyés dans une tâche que nous considérons comme purement profane, nous essayons d’en excuser le paganisme honteux par des efforts intermittents de prière et de retraite. … » 

saint-martinLa solution n’est pas à chercher du côté de l’efficacité, de la maîtrise ; mais plutôt vers le sens, vers le sentiment d’agir pour le bien commun. L’agir humain, peut-être inattendu, il arrive qu’il soit héroïque… !

Le chevalier n’est pas un activiste, il est disponible. Il est ‘ lui-même ‘ et non une imitation ( même d’un chevalier ) ; inspiré, il se réinvente. Il est plus proche de l’artiste, que du gestionnaire qui colle au projet. Comme dans les arts martiaux, le sens d’une action provient de la ‘ justesse ‘ du geste qui répond à la situation.

Notes en cours de lecture de  » La voie du chevalier  » de Fabrice Midal. 

Les tapisseries du Saint Graal.

Les tapisseries du Saint Graal sont un ensemble de six tapisseries représentant des scènes de la légende de roi Arthur et la quête du Saint-Graal commandé à Morris & Co. par William Knox D’Arcy en 1890, pour sa salle à manger à Stanmore Hall.  D’autres versions de tapisseries avec des variations mineures ont ensuite été été tissés au cours de la décennie suivante …

Holy Grail tapestry Stanmore Hall Holy_Grail_tapestry_Galahad_Stanmore_Hall

Les six tapisseries originales illustrent l’histoire de la quête du Graal selon l’oeuvre de Sir Thomas Malory:  la Mort d’Arthur . Comme d’autres tapisseries Morris & Co., la séquence Saint Graal a été un travail collectif,  avec la composition globale et chiffres conçu par Edward Burne-Jones , l’héraldique par William Morris , et la composition florale au premier plan et en arrière-plan par John Henry Dearle . 

Holy_Grail_tapestry_Verdure

Les panneaux narratifs ont été accompagnés par des panneaux de verdure plus petits représentant des cerfs, les boucliers des chevaliers accrochés sur les arbres, et le texte qui raconte l’histoire du panneau suspendus au-dessus. La séquence a été travaillée sur une période de cinq ans, de 1891 à 1894, à l’abbaye de Merton . 

Les six tapisseries sont:

Holy Grail tapestry The Summons

  • Les Chevaliers de la Table Ronde Convoqué à la quête par l’étrange demoiselle

Holy Grail Tapestry -The Arming and Departure of the Kniights

  • Le départ des chevaliers
  • L’échec de Sir Lancelot pour entrer dans la chapelle du Saint-Graal.

Holy Grail tapestry The Failure of Sir Launcelot

  • L’échec de Sir Gauvain devant la chapelle en ruine

Holy Grail tapestry The Failure of Sir Gawaine

  • le navire

Galahad_grail (2)

  • La vision du Saint-Graal offerte à Sir Galahad , Sir Bors , et Sir Perceval

L’ensemble des tapisseries originales sont restées à Stanmore, jusqu’à la mort de D’Arcy en 1920.  Elles ont ensuite été vendues et dispersées. Morris & Co. ont tissé un deuxième ensemble des panneaux narratifs en 1895 et 1896 pour le salon à Compton Hall, pour Lawrence Hodson à Wolverhampton . Un troisième ensemble complet a été tissé pour George McCulloch en 1898 et 1899. Quelques tentures de ces tissages ultérieurs sont dans le Birmingham Museum and Art Gallery .  D’autres sont dans la collection de Andrew Lloyd Webber .

La voie du chevalier – 2/3 –

La compétition, la guerre, celles que notre société promeut, consistent à éliminer l’adversaire, à supprimer la vie, mort-d-Arthurcomme si la Mort ne consistait qu’à recevoir notre carcasse vide.  Alors, qu’à l’occasion de cette même mort ; ce qui nous reste, dans nos cœurs, du vivant aimé, c’est non pas:  sa voiture, sa profession…, mais sa sincérité, sa dignité, sa tendresse… Tout pourrait nous apparaître selon l’usage que nous en faisons ( du fleuve, à l’animal… jusqu’à mon prochain …). Le chevalier ne peut se résoudre à perdre sa liberté, à tomber dans une idéologie où l’homme ne compte pour rien ( conséquence de la lois des grands nombres …).
Le chevalier est l’homme pour lequel le monde est un espace public où se manifester. Il n’est pas un gestionnaire, comme peuvent l’être nos gouvernants. L’idéal chevaleresque s’exprimerait dans l’héroïsme, la sainteté … Sa voie s’emprunte avec générosité, respect et amitié ( les bouddhistes parlent de ‘gentillesse’, les chrétiens d’’amour’ …). apprenti travailIl est intéressant de noter que ces valeurs chevaleresques, ont été conservées  au travers des corporations de métiers. Aujourd’hui encore, les ‘ Compagnons du Tour de France ‘ s’en réclament, les francs-maçons dans un emploi plus spéculatif utilisent ces symboles pour ‘plancher’.…
Le travail, peut être l’occasion d’un accomplissement humain. Simone Weil, a relevé le défi : ayant vécu le travail comme une humiliation, elle va consacrer ses forces à penser une manière spirituelle de le vivre.

Ces quelques mots s’inspirent et résument la pensée de Fabrice Midal ( La voie du chevalier ).

La voie du chevalier. – 1/3 –

pelerin étoilesLa quête a son but en soi, à condition que l’objet ait un sens. Le regard porté sur les étoiles, le chevalier, ne compte pas rester sur place. Il ne s’agit pas de chercher fortune, et la destination n’est pas connue. C’est d’un pèlerinage, qu’il s’agit. Il prendra fin, à l’issue de la quête, délaissant monts et vallées, pour s’embarquer au-delà des mers, derrière l’horizon.

Le pays est aride, les lacs asséchés… L’inhumanité ordinaire règne dans un pays lié aux stress quotidiens. Le royaume est aux mains d’humanoïdes qui ont rationaliser au plus fin, l’avidité de chacun : le moindre de leur projet, jusqu’au simple geste est rationnel, la moindre ressource est utilisée, Pollutionmarchandisée… jusqu’à l’homme lui-même qui est soumis à la même comptabilité. Son poste, sa fonction, son habitation sont soumis aux mêmes forces de production. La connaissance a le statut de vérité, si elle se déclare scientifique, statistique. Les courbes du marché donne le sens. La pensée doit se domestiquer, elle doit s’orienter, comme les enfants. Sera considéré comme tabou, l’irrationnel, réservé à l’espace privé comme toutes les ‘cochonneries’. Pour les domestiquer, elles seront comme le reste soumises aux lois du marché : leur croissance et leur profit seront un gage de liberté 

Lancelot charette infamie
Lancelot et la charrette de l’infamie: ( quête de l’Amour courtois )

Le chevalier avance à contre courant. Il sait qu’il part en guerre. Son apprentissage se fait sur le tas, et pour ne pas succomber à la douleur et la confusion, il lui faut œuvrer sur lui-même, avant ( et parfois en même temps ) d’aider le monde… Retrouver le don, la sincérité, la joie, la bonté… c’est une guerre contre la guerre de l’utilité. Retrouver le courage, le souffle de l’indignation et l’enthousiasme du combat. Ouvrir, sans peur, sa sensibilité, présenter sa fragilité. Ne plus accepter la souffrance, mais accepter de voir ses blessures : celles que l’on se fait, et celles que l’on fait…

La chevalerie s’inspirent de figures, plus que de principes. Ainsi Perceval et le roi pêcheur. Cet exemple parle à l’humain d’aujourd’hui, parce que la voie du chevalier est un chemin ouvert à tous ceux qui croit à la destinée humaine de grandir vers le divin, ou vers l’Homme.