La dame, le chevalier et l’amour courtois. -1/2-

Avant toute incursion dans le Roman, la féerie, l'amour courtois…

– Il faut reconnaître la place de la femme dans la société féodale.femmes moyen age

Aux alentours du XIe s. la femme occupe une place inférieure. Elle est une éternelle mineure, et passe de la tutelle de son père à celle de son mari, ou même en cas de veuvage à celle de son fils, de son frère …. La seule manière pour elle d'échapper à ce sort est de se faire nonne dans un couvent, mais, même si les abbesses ( bien dotées …) disposent d'une certaine indépendance, elles sont sous l'étroit contrôle d'ordres masculins. La femme n'a à peu près aucun droit sur le plan juridique, mais on la considère comme une créature dangereuse, qu'il faut surveiller de près pour l'empêcher de succomber à la tentation, ou d'induire des hommes innocents en tentation …

Roman de la Rose - l'amour mène la danseLes femmes de la noblesse aspirent à plus de liberté, elles l'expriment ou le font exprimer au travers des romans courtois. Dans les fabliaux, les farces ; la femme y apparaît plus négativement ( la vilain de Bailleul de Jean Bodel, ou la farce nouvelle de Garin …), avec la crainte d'une revendication féministe … On y décrit aussi une vie « ménagère » moins réjouissante … On pourrait également évoquer le thème de la mal-mariée …

Chevalier tournoi 2– D'autre part, la société est fondée sur des qualités guerrières ( et donc la force …) et la féodalité sur sur une pyramide, avec au sommet le roi. Le seigneur protège les populations qui dépendent de lui, et sert son « suzerain ». La condition économique de simple chevalier est parfois difficile.

Le roi reçoit un chevalierUn seul fils hérite de son père, et pour éviter qu'un fief soit partagé, seuls le fils aîné est autorisé à se marier. Beaucoup de chevaliers sont entretenus par le seigneur, et n'ont que peu d'espoir d'acquérir un jour un fief et une épouse … !

– Tout naturellement, ces chevaliers rêvent de la seule femme noble qui se trouve dans leur entourage, la « dame » de la cour, à laquelle ils doivent respect et obéissance … chevalier_et_sa_dameAvec la dame , le rapport féodal s'exprime à travers le code amoureux, et vice versa, : l'amour que l'on dit courtois reprend les formes et le vocabulaire de la féodalité.

Si servantes et vilaines ( paysannes) sont des proies faciles ; dames et demoiselles sont inaccessibles : objets de l'adoration la plus fervente, mais intouchables…. Eglise et suzerains, veillent aux principes de la religion ; l'éventuelle naissance de bâtards renforcent l'interdit …

Le chevalier « non fieffé », célibataire, est donc soumis à une tension qu'il va sublimer dans la notion de fin'amor, selon laquelle la degré le plus extrême de raffinement de l'amour est le contrôle du désir et le report constant de la satisfaction…

Sources : « Le roman courtois » d'Anne Berthelot.

Le chevalier Lanval, aimé d’une fée

Depuis les romans médiévaux jusqu'au récent naufrage du Costa Concordia , les hommes sont censés risquer leur vie pour sauver les femmes en détresse. Les hommes devraient également fournir de l'argent et des biens pour les femmes …Launfal-Tryamour-[Kinuko-Y.-Craft]

Dans ce lai (court poème narratif) : “ Lanval ”, Marie de France raconte l'histoire d'une femme, d'une héroïne, qui sauve un chevalier de l'isolement social et de la persécution injuste . Cette femme, ose exprimer un désir érotique, elle est également riche, et fournit au chevalier ce qui est nécessaire pour tenir son rang. Une autre femme, tente de séduire le même homme, et devant son refus, se venge.

A moins que l'on préfère annoncer ce lai ainsi: c'est l'histoire d'un chevalier d'Arthur, qui rencontre une fée d'une incomparable beauté et en tombe éperdument amoureux. Celle-ci exige, comme toutes les fées amantes du folklore, le respect d'un interdit. …

The Fairytales of George MacDonald

Sans doute, il est préférable, que vous vous fassiez votre propre idée. Je ne peux que vous engager à lire ce court récit, ou l'entendre raconter …

Si vous ne l'avez pas encore fait, ou ne le ferez pas … Bon, sachez que:

Le roi Arthur distribue à ses chevaliers des terres, de l’argent et des femmes. Mais il oublie Lanval. … Il n’est donc aimé ni du roi, ni d’une femme et par conséquent il est aussi 'oublié' par ses anciens compagnons, les chevaliers de la Table Ronde. Le chevalier désespéré quitte la ville. Au bord de la rivière, il se livre tout seul à sa mélancolie , et c'est le passage de la réalité et la merveille…

launfal et Guenièvre
Guenièvre et Lanval

Deux demoiselles d’une grande beauté, le conduisent auprès de leur dame, couchée dans une tente, et la plus gracieuse créature que le chevalier n’ait jamais vu. La mystérieuse jeune femme lui offre son coeur et ses richesses en échange d’une promesse : Lanval ne doit jamais dévoiler à quiconque qui est la gente dame qui a ravi son coeur, sous peine de la perdre à jamais.

De retour au château, le noble homme reçoit les avances de la Reine, mais celui-ci les rejette, n’ayant en tête que l’amour que lui porte sa tendre amie. Furieuse et déçue, la souveraine sous-entend que le chevalier préfère la compagnie des beaux jeunes gens, mais face à cette accusation Lanval s’emporte, avouant qu’il aime la plus belle femme du monde, modèle de courtoisie et de bonté. Lanval regrette aussitôt ses paroles, car par ces mots il vient de briser le serment fait à la demoiselle de la forêt. De plus, la Reine, se sentant humiliée par ces paroles, demande justice au Roi, qui ordonne à Lanval de prouver ses dires sous peine d’être brûlé ou pendu …

circlet (by N.C. Wyeth)
Lancelot, et Chrétien de Troyes sont bien plus connus, que Lanval et Marie de France. Les deux auteurs vivent à la même époque, mais leur vision semble s'opposer.

Marie de France, présente au travers de ses histoires, des versions plutôt critiques et opposées aux aventures traditionnelment racontées sur la cour du Roi Arthur. Là, les femmes apparaissent comme des biens, que le roi s'autorisent à donner aux meilleurs de ses chevaliers… Là des chevaliers sont “oubliés” alors que leur richesse s'épuise… Là, c'est une parodie de justice…Lady Love (Minne) shoots an arrow on the Lover. Detail of a painting found on the inside a boxlid, Germany, c.1320.

Marie de France, confronte les défauts du monde arthurien ( et celui dans lequel elle vit) au fonctionnement idéal de l'Autre Monde féérique.

Dans le Lai de Marie, Merveilles et amour dominent, comme le pouvoir des femmes. Guenièvre ne craint pas l'adultère, et l'organise; puis quand Lanval rejette ses avances, elle se venge, en toute malhonnetété. Elle parvient à manipuler Arthur, et ses codes juridiques.

Cette fois-ci, c'est une femme ( aussi fée, soit-elle ) qui arrive sur son palefroi blanc, alors que le jugement semble défavorable, presque comme un champion chevaleresque dans un combat.

Lanval disparaît dans un monde intemporel, celui du désir assouvi et de la richesse illimitée, de la plus ancienne tradition celtique…  

Marie de France (1160-1210)

Marie de France 2Parler de «  Marie de France », c'est évoquer la première femme écrivain française. D'elle, nous ne savons que peu de choses, sinon que : « Marie ai num, si sui de France » (J'ai pour nom Marie et je suis de France), c'est ce qu'elle écrit elle-même dans l'épilogue de ses Fables.

Henri II et Eleanor of Aquitaine
Henri II et Alienor d'Aquitaine

Elle vit en Angleterre, elle est liée à la cour d'Henri II Plantagenêt et d'Aliénor d'Aquitaine (ses Lais sont dédiés à un roi, sans doute Henri II), elle est originaire de France. On la suppose abbesse d'un monastère.

Elle pourrait être une demi-sœur de Henri II (r. 1154-1189), en effet, elle est supposée être, par beaucoup, la « Marie » fille illégitime de Geofrey V "Plantagenêt" d'Anjou, le père de la ligne angevine de la monarchie britannique.

Il ne faut pas la confondre avec: Marie de France, comtesse de Champagne et Marie de France, duchesse de Brabant .

Marie de France présente son livre de poèmes de Henri II d'Angleterre  Charles Abraham Chasselat
Marie de France présente son livre de poèmes de Henri II d'Angleterre  Charles Abraham Chasselat

A noter, également, que: La dynastie Plantagenêt a tenté de récupérer, à des fins politiques, la légende des chevaliers de la Table ronde en établissant un lien avec Arthur. Wace y insiste dans son Roman de Brut, écrit vers le milieu du siècle. Il suivait en cela l'exemple de Geoffroy de Monmouth, qui dédiait déjà à Robert de Gloucester son Histoire des Rois de Bretagne, écrite vers 1138. Les Plantagenêts font grand cas, sur le continent, de l'épée d'Arthur Excalibur, qu'Henri Ier Beauclerc aurait, dit-on, offert à Geoffroy en 1127, lors de son adoubement. Ceci avant la découverte opportune, en 1191, à l'abbaye de Glastonbury, en Angleterre, sur des indications données avant sa mort par Henri II, de la tombe supposée du roi légendaire. (wiki)

ars_3142_256Marie de France écrit dans une forme d' anglo-normand français, elle connait le latin et l'anglais. Elle est l'auteur des Lais de Marie de France . Elle traduit les fables d'Ésope, la légende du Purgatoire de saint Patrick , basé sur un texte latin.Elle est l'auteure d'une vie de saint , La Vie de Saint Audrey . Les chercheurs ont daté les œuvres de Marie entre environ 1160 et 1210. Il est probable que le Lais ont été écrits à la fin du XIIe siècle; ils sont dédiés à un "noble roi", Les Fables , sont dédiées à un "comte Guillaume", qui peut avoir été soit Guillaume de Mandeville ou William Marshall . Cependant, il a également été suggéré que le comte Guillaume peut se référer à Guillaume Longue-Epée . Longsword étant lui aussi un enfant illégitime reconnu de Henri II. 

marie writingLes lais de Marie de France a eu un impact énorme sur le monde littéraire. Ils étaient considérés comme une nouvelle technique littéraire dérivée de la rhétorique classique et imprégnée de ces détails qui en ont fait une nouvelle forme d'art.

Dans la plupart des lais de Marie de France, l'amour est associé à la souffrance et plus de la moitié d'entre eux impliquent une relation adultère. Marie se concentre sur l'individualité de ses personnages et elle n'est pas très préoccupée par leur intégration dans la société.

Le lais de Marie de France, non seulement dépeignent une vision sombre de l'amour, mais ils ont aussi défié les traditions de l'amour selon l'Église de l'époque. Elle évoque l'adultère, des femmes de haute stature qui séduisent d'autres hommes, des femmes qui cherchent à échapper à un mariage sans amour, souvent avec un homme plus âgé. Elle envisage que les femmes puissent avoir la liberté sexuelle. 

Morgane, une fée celtique -2/2-

Avalon, Avallon, Avallach ou Afallach en gallois, le nom est fondé sur la désignation de la pomme et du pommier. Cette île symbolisait pour les celtes le monde des morts. Les romans de la table ronde, plus tard, y verront le pays où la fée Morgane (et ses 8 soeurs) règne sur un peuple de femmes (on parle aussi de "Tir nam Bean" = la "Terre des femmes")The Morrigan - Shape-shifting Celtic goddess of War, Fate and Death

Dans les légendes galloises, cette Morgane est identifiée à la déesse Modron, fille du dieu Avallach et épouse du roi Uryen de Rheged. Elle peut aussi être identifiée à la Muirgen galloise et à la Morrigane irlandaise, déesse de la guerre, du sexe et de la mort.

L'île Afallach ou Avalon devient un autre monde pour les héros tombés au combat.

Dans Le rêve de Rhonabwy , Owain de Urien, Morgane est associée aux corbeaux – symboles de la Morrigan , ou «Grande Reine» ou déesse de la guerre.

Lanzelet (1190, en moyen haut-allemand)  raconte l'histoire et les aventures du chevalier Lanzelet-Lancelot, à partir de sources bretonnes. On y retrouve le royaume de la Fée marine qui vient enlever Lanzelet à sa naissance.  La Fée du Lanzelet est associée par certains à la Fée Morgane et à la divinité gauloise Modron. « Une fée marine arriva alors dans un tourbillon, comme portée par le vent. Elle prit l'enfant à la reine et l'emporta dans son pays. » La reine des fées a un fils, « Mabuz der bloede », qui vit à Schatel-le-Mort. Afin de protéger son fils qui est lâche, la fée a protégé le château par un sortilège rendant lâche le courageux qui s'y aventure. La fée est à la fois reine et magicienne. Son fils serait à rapprocher de Mabon…

Cerridwen-Welsh-DeityDans la mythologie celtique galloise, Modron, est la « mère divine » (terre-mère), la fille d’Avalloc, le roi d’Avalon. Elle est similaire à la déesse gauloise Dea Matrona, à la déesse irlandaise Dana et est vraisemblablement le prototype de la fée Morgane de la légende arthurienne.

matronaMabon est le « fils divin » de Modron, la « mère divine » donc, et de Gwynn ap Nudd, le Dieu chasseur, Il apparaît notamment dans le conte Kulhwch et Olwen ( l'un des contes les plus anciens de ce que l'on appelle Mabinogion)

Mabon est enlevé à sa mère trois jours après sa naissance et séquestré dans l’Annwvyn, l’Autre Monde des Gallois, jusqu’à ce qu’il soit délivré par Kulhwch et le roi Arthur. L’endroit où il est retenu prisonnier se nomme Caer Loyw, décrit comme une île sur la rivière … Par la suite, il aide Kulhwch dans sa quête d’Olwen ( elle est la fille du chef des géants, Yspaddaden.)

Celtic-PriestessOn retrouve le motif de l'enlèvement chez Chrétien de Troyes mais également dans la mythologie celte avec l'enlèvement de Pryderi…

Au début de notre histoire … La Dame du Lac et Morgane étaient une seule et même personne. Elles ont développé des identités séparées lorsque Morgan est devenue de plus en plus identifiée à la soeur 'humaine' d'Arthur, et a acquis des caractéristiques défavorables chez les romanciers français. 

De la même manière, la Dame du lac (parfois appelée Nimue) peut avoir plusieurs destinées, en particulier chez Tennyson, avec son attachement destructeur envers Merlin. Il est vrai que les fées dans la tradition celtique sont des créatures ambiguës, en dehors des systèmes moraux des humains. 

Morgane, une fée celtique -1/2-

Morgan - Art par Aubrey BeardsleyCroyez-vous aux fées ? C'est nécessaire pour suivre ce personnage de la légende arthurienne. D'autant plus que cette femme fascinante est un cas classique de doublement, voire triplement de personnalité.

Queen Morgan le Fay Illustration by Dora Curtis 2Dans les versions habituelles de la légende, elle est la demi-sœur d'Arthur, une magicienne qui complote contre son demi-frère. Dans certaines versions modernes, par exemple celle de Marion Zimmer Bradley Les brumes d'Avalon ou le film Excalibur , elle est la mère de Mordred, qui tuera son père. Et encore – traditionnellement, elle est censée être l'une des reines qui viennent chercher Arthur en bateau, pour l'amener jusqu'à Avalon. Tout cela pourrait être incompatible, si elle était un être humain … Mais elle est une fée.

MORGAN LE FAY........She was known to have studied magic while she was being brought up in the nunneryMalory fait de Morgan une fée, c'est à dire un être capricieux, avec une volonté faible, voire malveillante. Comment Arthur peut-il avoir une telle sœur ? Plus, on recule dans les sources, et moins de liens familiaux existent entre elle et Arthur. Ce serait les romans français qui en seraient à l'origine.

Elle apparaît chez Geoffrey de Monmouth dans sa vie de Merlin, comme l'une des neuf sœurs de l'île d'Avalon, où Arthur blessé est amené pour sa guérison. Layamon, un clerc anglais du XIIe s., l'appelle «la plus belle des elfes". C'est Chrétien de Troyes qui en fait la sœur du roi Arthur.

Son nom la rattache à l'eau, il proviendrait de « morigena » = mer-né, et le fait qu'elle habite une île, la rattache à la féerie bretonne. Avalon, pourrait être une sorte de sanctuaire de guérison, tenu par 9 sœurs…The Morrigan 4 Ainsi, à Kildare en Irlande, (et probablement dans d'autres endroits), Brigit (au Ve s.)  aurait fondé le premier monastère féminin d’Irlande à Kildare (la cellule du chêne) où elle entretenait avec neuf moniales un feu perpétuel, elle fit beaucoup de miracles et opéra des guérisons.

Avant cela, dans la mythologie celtique, une déesse était connue par une épithète, «La Haute / L'Exaltée» – Brigit ,est l'unique principe divin féminin. Connue, donc, sous les noms de Brigit, Brigantia, elle est, schématiquement, à la fois la mère, l’épouse, la sœur et la fille des autres dieux. Son culte sera détourné par les chrétiens.  Elle est toujours associé à la guérison ou aux puits, comme à St. Bride's Church, à St. Andrews.

Morrigan est l'un des avatars de la grande déesse Brigit. Elle apparaît parfois comme un vol de trois corneilles ou comme un corbeau.  Morgane est une variante gaélique, toutes les deux se transforment en oiseau.

Dora Curtis Illustratrice – Le Roi Arthur

Book The Stories of King Arthur and his Round table by Beatrice Clay 1931 edition The artist is Dora Curtis Couv Book The Stories of King Arthur and his Round table by Beatrice Clay 1931 edition The artist is Dora Curtis 2
The Stories of King Arthur and his Round table by Beatrice Clay 1931 edition  The artist is Dora Curtis

 

Morgan-Dora CurtisMorgane la fée , sœur du roi Arthur. L'image est de Dora Curtis (British, c.1875-c.1925) , et date de 1905. Le tissu doré et le regard vers le bas de l'enchanteresse peut avoir quelques similitudes avec la peinture de FrankFrank Cadogan Cowper( 1877-1958)  Vanité 1907 Cadogan Cowper 1907 «Vanity» ( ci-dessous) . 

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L'illustration de Dora Curtis a été publiée dans " Histoires du roi Arthur et de la Table ronde » (racontée de Malory) par Béatrice Clay (JM Dent & Sons, 1905)

 

 

Ci-dessous, d'autres gravures de la même illustratrice.

 

 

NC Wyeth, Sidney Lanier pour le Roi Arthur de T Malory

N. C. Wyeth, self-portrait, 1940 00
N. C. Wyeth, self-portrait, 1940

* Newell Convers Wyeth ( 1882 – 1945), connu comme NC Wyeth, était un artiste et illustrateur américain. Il fut l'élève de l'artiste Howard Pyle et est devenu l'un des plus grands illustrateurs de l'Amérique. Durant sa vie, Wyeth a créé plus de 3.000 peintures et illustré 112 livres.

Je retiens, ici: The Boy King Arthur: Histoire – par Sir Thomas Malory – du roi Arthur et ses chevaliers de la Table Ronde, ré-écrit "pour les garçons" ( !…) par Sidney Lanier (New York, fils de Charles Scribner, 1922)

Newell Convers Wyeth (1882-1945) -Boys_King_Arthur Couv
 

Publié en 1880, The Boy King Arthur a été adapté par le poète américain Sidney Lanier selon les textes de Thomas Malory. Lanier dit du travail de Malory, " je soupçonne qu'il y a peu de livres dans notre langue qui conduisent un lecteur – qu'il soit jeune ou vieux – d'un point à un autre avec une telle séduction " Le texte de Lanier, légèrement abrégé , a été renforcée en 1917 par les superbes illustrations de NC Wyeth, dont les images magnifiques rendent le drame et la romance inhérents aux récits d'Arthur, Lancelot, Tristan, Gareth et Linet, Galahad et Perceval.

Le fils de James Andrew Wyeth, également peintre, poursuit l'héritage de son grand-père.

Newell Convers Wyeth (1882-1945) -Boys_King_Arthur 1

Newell Convers Wyeth (1882-1945) -Boys_King_Arthur TitleSidney Lanier Clopton (1842 – 1881 (39 ans) ). On peut noter les deux adaptations:

King Arthur de The Boy (1880), sur la base du texte de  Sir Thomas Malory 

Mabinogion (1881), sur la base des premières  légendes Galloises du Roi Arthur, racontées dans le Livre rouge de Hergest .

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Le Pont Chinvat ( soufisme )

Hakuin Ekaku - Deux aveugles sur un pont

Willy Bakeroot, psychanalyste et musicothérapeute, s'interesse à la santé mentale et aux contes, légendes …etc

Voilà ce qu'il écrit au sujet des ponts:

" Les sociétés et les religions ont toujours imaginé des voies menant vers le ciel ou encore descendant vers la terre. Pour aller vers l’au-delà, il est nécessaire de passer un fleuve ou un abîme associé à l’enfer. Chez les Grecs, c’est l’Achéron, dieu fleuve qu’on traverse en barque. Il est gardé par Cerbère, chien à trois têtes.

Dans la tradition Iranienne le passage est un pont appellé “Chinvat” et gardé par des chiens. Trois juges prononcent le sort de l’âme. Les bonnes actions se présentent sous forme de belles jeunes filles. Les mauvaises sous forme de jeunes filles horribles. L’âme est alors précipitée aux enfers. L’Islam parle de “Sirat”, c’est-à-dire pont “diviseur”. C’est un passage périlleux, large pour les justes et étroit pour les pécheurs. Il peut être plus fin qu’un cheveu. Il bascule sous les pieds des méchants et les précipite dans l’abîme.

La Geste du Graal raconte que les chevaliers passaient par des ponts fins comme des sabres pour entrer au château du Roi-Pêcheur. Ponts le jour, porte la nuit." Le Pont de Ryogoku, sur la rive de Sumida, Onmayagashi

Et pour ce qui est du " Pont Chinvat ": Voici un texte de Azizoddin Nasafi, penseur mystique iranien du XIIIe siècle; " Le Livre de l’Homme Parfait ", recueil de traités de soufisme, est son oeuvre majeure.

Pont Chinvat

"Sache que cette descente et cette ascension de l'esprit humain ressemblent à sa traversée du pont Chinvat. On dit que Chinvat est un pont au-dessus de l'Enfer, plus étroit qu'un cheveu, plus effilé que le tranchant d'une épée. Sur ce pont il faut aller tantôt en  descendant, tantôt à plat, tantôt en montant. Certains le franchissent vite et sans peine aucune ; d'autres cahin-caha, à grand dam ; d'autres enfin ne peuvent le franchir et tombent en Enfer. La descente et l'ascension de l'esprit humain sont à cette image ; le monde de la nature est à l'image de l'Enfer. Les esprits doivent descendre à ce monde et le traverser. Certains le franchissent vite et sans peine aucune ; d'autres à grand dam ; d'autres enfin ne peuvent le traverser ; ils restent dans le monde de la nature – au monde supérieur ils n'ont pas accès. Cette voie aussi est plus étroite qu'un cheveu, plus effilée que le tranchant d'une épée. C'est parce qu'en toute affaire le milieu est la voie droite, la voie de l'intelligence, que les deux extrêmes sont le monde de la nature, l'Enfer ; que cette voie médiane est plus étroite qu'un cheveu ; que s'y maintenir et la parcourir est plus périlleux que marcher sur le fil d'une épée." Nasafî, Le livre de l'Homme parfait

Lancelot, au pont de l’épée

Se mettre à l’aventure, se préparer à passer outre… Une lecture de « Lancelot, le chevalier à la charette »

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Illustration de Thomas Mackenzie's pour la 1ère Edition of "Arthur and His Knights" (1920)

Lancelot, est le serviteur de Dieu et de sa Dame. Ses aventures sont contées par Chrétien de Troyes, à la demande de Marie de Champagne, digne fille d’Aliénor d'Aquitaine en matière d'éthique courtoise.

Le chevalier est en Quête, ce qui quotidiennement se traduit par sa recherche d'aventure. Ce mot à lire dans le contexte arthurien, a une saveur particulière… Chevaucher, se battre, pour prouver valeur et honneur, mais aussi cheminer sans qu'il ne se passe rien … Patienter, jusqu'à la rencontre – à la croisée de chemins, ou au plus profond d'une forêt ( selon son humeur ) – l'un de ses pairs, ami ou rival, un animal emblématique ou l'une de ces demoiselles ( parfois une dame ), dont nul ne sait comment elle a pu se trouver là ; sinon pour relancer à point nommé la quête chevaleresque.

Lancelot traverse le pont de l'épée pour sauver la reineL'épreuve du pont de l'épée surgit tout aussi soudainement devant le chevalier impatient d'éprouver son ardeur contre l’adversité.

C'est dans un monde enchanté ( non profane ) que l'on entre ici… En soi, très comparable au redoutable pont Chinvat ( voir article suivant) qui se présente devant le derviche assoiffé de rectitude…

Sur l'autre rive, seulement, une fois l'épreuve passée, lui sera donnée de comprendre que les lions – monstrueux gardiens du pont – n'étaient que des mirages destinés à mesurer sa détermination.. Mais au seuil du passage risqué, « l'onde félonesse » , les lions et le pont tranchant terrible forment une trilogie de l'horreur et, pour tout autre que lui, de la peur. Et l'on sent bien – à la manière dont ils sont décrits – qu'en eux résident la force même du Mal et de l'illusion contre quoi tout chevalier se dpit de guerroyer. Aussi ne serait-on guère surpris de les entendre par avance ricaner, tandis que « pleurent et soupirent » les compagnons de Lancelot. Car en ce monde de rudesse guerrière, l'homme de cœur n'a point de honte à exprimer tristesse et pitié. C'est à son cœur de pierre qu'on reconnaît par contre le « mauvais » : Méléagant, le traître, ou le fils du roi Baudemagus qui assiste aux côté de son père, à l'héroïque traversée.

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Sir Lancelot, par Howard Pyle

A la crainte des compagnons d'armes, Lancelot ne répond que par le rire ; un rire qu'on imagine aussi cristallin que sa foi en la miséricorde divine. Dieu saurait-il laisser choir l'un de ses preux chevaliers ? Au déchaînement des forces du Mal peuvent seules répondre intégrité et simplicité : c'est pieds et mains dénudés qu'il passera le pont, retrouvant en la circonstance l'humilité du pénitent qui fut sienne le jour où on l'adouba chevalier. Un autre miracle ne pouvait dès lors qu'éclore sous les pas du chevalier sans peur mais néanmoins ensanglanté : «  L'apaise et le guérit Amour qui le conduit et le mène. » La leçon est ici bien proche de celle dispensée à Perceval – autre héros de Chrétien de Troyes  – découvrant, impuissant, les souffrances intolérables du Roi-pêcheur, gardien du Graal : seule guérit la plaie l'arme qui la fit.

Transpercé d'amour pour sa reine plus encore que par le tranchant de l'épée, Lancelot le serviteur épris reçoit simplement de Dieu le juste salaire de sa foi inaltérable et de sa fidélité. Bienheureux cet univers chevaleresque où il suffisait d'un acte de vrai courage – celui d'un homme de cœur – pour restituer au monde sa pureté !

Texte de Françoise Bonardel

Texte : Extrait

Ils allèrent cheminant sur la route la plus directe jusqu’à la chute du jour, et ils arrivèrent au Pont de l’Épée vers le soir, passé la neuvième heure.
Didier Graffet lancelot-pont-epeeÀ l’entrée de ce pont, qui était si terrible, ils descendirent de leur cheval et regardèrent l’eau traîtresse, noire, bruyante, rapide et chargée, si laide et épouvantable que l’on aurait dit le fleuve du diable ; elle était si périlleuse et profonde que toute créature de ce monde, si elle y était tombée, aurait été aussi perdue que dans la mer salée.
Et le pont qui la traversait était bien différent de tous les autres ponts ; on n’en a jamais vu, on n’en verra jamais de tel. Si vous voulez savoir la vérité à ce sujet, il n’y a jamais eu d’aussi mauvais pont, fait d’une aussi mauvaise planche : c’était une épée aiguisée et étincelante qui formait ce pont jeté au-dessus de l’eau froide ; l’épée, solide et rigide, avait la longueur de deux lances. De part et d’autre il y avait un grand pilier de bois où l’épée était clouée. Personne n’avait à craindre qu’elle se brise ou qu’elle plie, car elle avait été si bien faite qu’elle pouvait supporter un lourd fardeau. Mais ce qui achevait de démoraliser les deux compagnons qui étaient venus avec le chevalier, c’était l’apparition de deux lions, ou deux léopards, à la tête du pont de l’autre côté de l’eau, attachés à une borne en pierre.
L’eau, le pont et les lions leur inspiraient une telle frayeur qu’ils tremblaient de peur et disaient :
« Seigneur, écoutez un bon conseil sur ce que vous voyez, car vous en avez grand besoin. Voilà un pont mal fait, mal assemblé, et bien mal charpenté. Si vous ne vous repentez pas tant qu’il en est encore temps, après il sera trop tard pour le faire.
Il faut montrer de la circonspection en plus d’une circonstance. Admettons que vous soyez passé – hypothèse aussi invraisemblable que de retenir les vents ou de les empêcher de souffler, que d’empêcher les oiseaux de chanter, ou même d’oser chanter ou que de voir entrer un être humain dans le ventre de sa mère pour renaître ensuite ; une chose donc aussi impossible que de vider la mer.
Comment pouvez-vous en toute certitude penser que ces deux lions enragés, enchaînés de l’autre côté, ne vont pas vous tuer, vous boire le sang des veines, manger votre chair puis ronger vos os ? Il me faut déjà beaucoup de courage pour oser jeter les yeux sur eux et les regarder. Si vous ne vous méfiez pas, ils vous tueront, sachez-le bien.
Ils auront vite fait de vous briser et de vous arracher les membres, et il seront sans merci.
Mais allons, ayez pitié de vous-même, et restez avec nous ! Vous seriez coupable envers vous-même si vous vous mettiez si certainement en péril de mort, de propos délibéré. »
Alors il leur répondit en riant :
« Seigneurs, je vous sais gré de vous émouvoir ainsi pour moi ; c’est l’affection et la générosité qui vous inspirent. Je sais bien que vous ne souhaiteriez en aucune façon mon malheur ; mais ma foi en Dieu me fait croire qu’Il me protégera partout : je n’ai pas plus peur de ce pont ni de cette eau que de cette terre dure, et je vais risquer la traversée et m’y préparer. Plutôt mourir que faire demi-tour ! »

lancelot et le pont de l'épéeIls ne savent plus que dire, mais la pitié les fait pleurer et soupirer tous deux très durement. Quant à lui, il fait de son mieux pour se préparer à traverser le gouffre. Pour cela, il prend d’étranges dispositions, car il dégarnit ses pieds et ses mains de leur armure : il n’arrivera pas indemne ni en bon état de l’autre côté ! Mais ainsi, il se tiendra bien sur l’épée plus tranchante qu’une faux, de ses mains nues, et débarrassé de ce qui aurait pu gêner ses pieds : souliers, chausses et avant-pieds. Il ne se laissait guère émouvoir par les blessures qu’il pourrait se faire aux mains et aux pieds ; il préférait se mutiler que de tomber du pont et prendre un bain forcé dans cette eau dont il ne pourrait jamais sortir. Au prix de cette terrible douleur qu’il doit subir, et d’une grande peine, il commence la traversée ; il se blesse aux mains, aux genoux, aux pieds, mais il trouve soulagement et guérison en Amour qui le conduit et le mène, lui faisant trouver douce cette souffrance.

S’aidant de ses mains, de ses pieds et de ses genoux, il fait tant et si bien qu’il arrive sur l’autre rive. Alors lui revient le souvenir des deux lions qu’il pensait avoir vus quand il était encore de l’autre côté ; il cherche du regard, mais il n’y avait pas même un lézard, ni aucune créature susceptible de lui faire du mal. Il met sa main devant son visage pour regarder son anneau et il a la preuve, comme il n’y apparaît aucun des deux lions qu’il pensait avoir vus, qu’il a été victime d’un enchantement, car il n’y a là âme qui vive. Quant à ceux qui sont restés sur l’autre rive, voyant qu’il a ainsi traversé, ils se réjouissent comme il est bien normal ; toutefois, ils ne savent rien de ses blessures. Mais lui considère s’en être tiré à bon compte pour n’avoir pas subi là plus de dommage. Il étanche sur tout son corps le sang de ses blessures avec sa chemise.

Histoire de la légende de Merlin.

Merlin enluminureLes textes anciens ( de Gildas (VIe s.), Bède (VIIIe s.) …), parle d'un enfant prophète, originaire de Camarthen dans le Dyved, il était le fils d'une vierge, fille du roi de Démétie / Dyved et d'un incube (démon masculin). Son nom complet était MERLINUS Ambrosius … c'est à dire MERLIN.

Ce Merlin accompagnera Uther Pendragon, et lui permettra notamment de passer une nuit d'amour avec Ygerne, la femme de Gorlois de Tintagel, dont il est tombé amoureux, et lui faire un enfant : le futur ARTHUR.

OLYMPUS DIGITAL CAMERAEn gallois, Merlin se dit Myrddin / Merddin (ce qui se prononce "Meurzinn"). En breton et en cornique il est appelé Merzinn / Morzhin ou Merzhin.

Geoffroy de Monmouth (vers 1148 ou 1151), dans "Vita merlini", identifie Ambrosius Merlinus à un personnage complètement différent à l'origine : un certain Merlinus de Dyved (Myrddin Mereynum) qui était le barde de Gwennolus (Gwendoleu) seigneur de Carwinley dans le nord de la Bretagne. Lorsque Gwendoleu a été tué à la bataille d'Arderyd (Arthuret) vers 533 ou 576 (ou 573 selon les annales de Cambrie), Merlinus est devenu fou et est parti vivre en ermite dans la forêt de Caledonia (Kalydon dans le sud de l'Écosse).

Merlin et Morgane par Frank Schoonover de King Arthur , 1932
Merlin et Morgane par Frank Schoonover de King Arthur , 1932

Il délaissa sa femme Guendoloena (Gwendolyn) mais resta en correspondance avec sa soeur Ganieda (Gwendydd) qui deviendra une prophétesse comme lui. Son élève était le célèbre barde Thelgesinus (Taliesin) qui avait étudié en Bretagne armoricaine à l'ermitage de Gildas et avait même rapporté des nouvelles de la mystérieuse île des pommes (insula pomorum) gouvernée par Morgen (Morgane / Morgain) et ses 8 soeurs.

Selon Robert de Thorigny (au 12ème siècle) il y avait bien deux personnages appelés Merlin :

-Merlinus Ambrosius (= Merlin Ambroise, l'enfant prophète).

-Merlinus sylvester (= Merlin des bois, le fou Llailoken).

Les "Triades de l'Île de Bretagne" (Trioedd Ynys Prydein) rassemblées dans le "Livre Noir de Carmarthen" et le "Livre Rouge de Hergest" parlent aussi de Merlin (aprés 1115).

Ensuite Chrétien de Troyes (1135-1185) passe de l'histoire au Roman en ajoutant de nombreux chevaliers dans ses romans arthuriens. Par compte, il ne parle pratiquement pas de Merlin.

épée sword fond blanc 600

L'Assemblée des démons, conception de Merlin
La conception de Merlin d'après un manuscrit français attribué à Robert de Boron, XIIIe siècle

Robert de Boron écrit ensuite "Joseph d'Arimathie" vers 1160-1170, puis l'"Estoire dou Graal" vers 1186, ou il reparle de Merlin (celui qui est né d'une vierge). C'est lui qui dirige la Table Ronde et envoie les chevaliers chercher le Graal en Avalon. Cette fois le Graal est décrit comme étant le calice de la cène, et seul Galaad, le fils de Lancelot, arrivera à voir ce qu'il y a dedans.

Dans ce livre est introduit le personnage de Blaise qui est le confesseur de la mère de Merlin.

Howard Pyle ~ The Enchanter Merlin ~ The Story of King Arthur and His Knights by Howard Pyle ~ Charles Scribner’s Sons ~ 1903Vers 1190-1215 Robert de Boron écrit le Didot-Perceval ou l'on voit Merlin se retirer du monde avec son maître l'ermite Blaise (Bleidd en gallois et Bleiz en breton = "loup". Ce nom vient probablement du loup gris qui accompagnait Merlin dans sa retraite forestière selon la "Vita Merlinis"). Blaise écrit les textes que lui dicte Merlin.

Vers 1225-1228 est écrit la "Vulgate" qui regroupe l'"Histoire du Graal", "Merlin" et le "Lancelot en prose / Lancelot-Graal" (lui-même subdivisé en "Lancelot du Lac", "La quête du Saint Graal" et "La mort le roi Artu". Ce cycle est parfois considéré comme la traduction en prose d'un original latin du à Gautier Map (1137-1209).

Greg Hildebrandt - Merlin Calendar 1984 - 10Merlin y réapparaît (le fils du diable et d'une vierge). Dans sa prophétie, le combat des deux dragons ne symbolise plus la victoire des anglo-saxons sur les bretons mais celle d'Uther sur Vortigern. On apprend que Uther est né à Bourges et qu'il a combattu le roi Claudas de Bourges. Plus tard, Merlin fait couronner Arthur, crée les chevaliers de la table ronde et les envoie chercher le Graal (assiette dans laquelle Jésus a mangé).

Viviane et merlinFinalement Merlin est enfermé dans une tour d'air par la fée Viviane ( Nymenche ..), la Dame du Lac dont il est amoureux (et qui est la mère adoptive de Lancelot).. Quand à Morgane elle commence à devenir malfaisante envers Arthur et son épouse (qui s'était opposée à son amour avec un chevalier). Après sa mort, Morgane emportera le corps d'Arthur sur l’Île d'Avalon.

Dans la "Suite de Merlin" dans le "Cycle post-Vulgate" (vers 1245) qui développe un des textes de la Vulgate, on apprend que l'épée d'Arthur s'appelait "Escalibor" et qu'elle lui avait été donnée par la Dame du lac. On apprend aussi que Viviane, la Dame du lac, a protégé Arthur contre Morgane qui voulait le faire périr.

En 1270 Richard d’Irlande traduit les "Prophécies de Merlin".

Vers 1469, Sir Thomas Malory écrit "la morte d'Arthus". Il explique que le roi pêcheur qui garde le Graal s'appelle Pellam et qu'il a été blessé par Balin. Ce dernier avait été banni par Arthur pour avoir décapité la première Dame du lac (qui voulait sa tête et celle de l'envoyée de Morgane d'Avalon). On apprend que l'épée Excalibur avait été donnée par cette première Dame du lac à Arthur pour remplacer l'épée Caliburn qu'il avait cassée. Elle lui sera reprise à sa mort par Nimue, la nouvelle Dame du lac, qui emportera son corps à Avalon avec Morgane et les reines du Wasteland et de Northgales. Merlin_(illustration_from_middle_ages)Quand à Merlin il s'est retiré au Northumberland avec son maître et biographe Bleise. Il disparaîtra enfermé sous une pierre par Nimue ( la Dame du lac de Diane dans la forêt de Brosque en Bretagne armoricaine) dont il était amoureux.

Dans le "Huth-Merlin" ( continuation de la Post-Vulgate ) on reparle de Blaise, confesseur de la mère de Merlin, puis ami et biographe de Merlin. On dit aussi que Niviène a enfermé Merlin sous une pierre tombale. On parle aussi de Viviane et des femmes d'Avalon et on reparle de Balin qui a blessé Pellehan le roi pêcheur.