Gustave Doré: Idylles du roi Arthur (1868) -2-

Les idylles du roi: Énide, Viviane, Élaine, Guenièvre… Quatre femmes, quatre personnalités et quatre destins…

A travers les histoires légendaires qui se croisent et se décroisent de ces femmes, personnages de l'univers arthurien, Tennyson évoquent un monde révolu, mais encore prégnant, où l'amour courtois était le lien qui unissait chevaliers et dames au coeur des cours médiévales.

Les personnages secondaires s'appellent: Arthur, Lancelot, Merlin ou Mordred, les lieux de l'action demeurent: Brocéliande, Camaalot ou Avalon. C'est la représentation qu'en a faite Gustave Doré qui restera à tout jamais gravée dans nos esprits et dans notre imaginaire…

 

Gustave Doré: Idylles du roi Arthur (1868) -1-

Le livre de cadeau Doré  Illustrations à Tennysons idylles du roiLes Idylles du Roi – publiés entre 1859 et 1885 – sont une série de poèmes narratifs basés entièrement sur le Roi Arthur et la Légende arthurienne et influencés, dans ses thèmes, par les écrits de Sir Thomas Malory. L'œuvre fut dédiée au Prince Albert, l'époux de la Reine Victoria.

Gustave Doré, Les Adieux de Lancelot à Elaine, dessin préparatoire
Gustave Doré, Les Adieux de Lancelot à Elaine, dessin préparatoire

Le cycle des douze poèmes narratifs raconte la légende du Roi Arthur, ses chevaliers, son amour malheureux pour Guenièvre ; et donc l'ascension et la chute du Royaume d'Arthur. Chaque poème détaille le destin et les actes des divers chevaliers, dont Lancelot , Geraint , Galahad , et Balin et Balan , et aussi Merlin et la Dame du Lac . Il y a peu de transition entre chaque récit, le personnage central d'Arthur relie toutes les histoires. 

Tennyson s'est inspiré principalement de  Le Morte d'Arthur ​ de Sir Thomas Malory et du Mabinogion , mais avec de nombreuses extensions, des ajouts et plusieurs adaptations, un exemple remarquable est le sort de Guenièvre. Dans Malory, elle est condamnée à être brûlée sur le bûcher, mais est sauvée par Lancelot , dans les Idylles Guinevere s'enfuit … Elle est pardonnée par Arthur, et se repent en restant dans un couvent jusqu'à ce qu'elle meure. 


 

Alfred TennysonLord Alfred Tennyson (1809-1892) fut le 1er baron Tennyson. Son père était un pasteur anglican. Il fit preuve d'une grande précocité littéraire et écrivit ses premiers poèmes encore enfant.
En 1828, Tennyson entra au Trinity College de Cambridge où il se lia avec Arthur Hallam.

Plusieurs drames personnels : en 1831, la mort de son père, qui contraignit le poète à quitter Cambridge avant d'obtenir son diplôme ; en 1833, la mort soudaine de son meilleur ami, Hallam, mais aussi la découverte, des troubles mentaux dont trois de ses frères souffraient.

Lle poète s'engagea, en manière de deuil, à ne plus rien publier pendant dix ans. Pendant cette longue période, il se consacra à la lecture et à la méditation et, bien qu'il se refusât à publier, continua à écrire. En 1842, au terme de sa période de silence, Tennyson connut un grand et soudain succès avec la publication de deux volumes de ses Poèmes. 
Tennyson reçut, peu après cette période de succès, une pension qui le débarrassa des préoccupations matérielles et lui permit de se consacrer sereinement à la littérature. Il écrivit alors la Princesse (1847), un exposé romantique sur les droits des femmes puis l'un de ses chefs-d'œuvre, In Memoriam (1850), un recueil d'élégies en mémoire d'Arthur Hallam.

En 1850, Tennyson épousa Emily Sarah Sellwood, qu'il aimait sans espoir depuis 1836. Il fut nommé poète officiel de la Grande-Bretagne la même année, succédant ainsi à William Wordsworth. Il s'installa avec son épouse à Twickenham, près de Londres puis, trois ans plus tard, se rendit dans sa propriété de Farringford, sur l'île de Wight, où il fit de fréquents séjours jusqu'à la fin de sa vie.


 

Merlin et Viviane (la Dame du Lac), peint par Gustave DoréGustave Doré (1832-1883) est né à Strasbourg. Graveur, peintre, il est l'un des illustrateurs les plus prolifiques de la fin du 19e siècle.

A quinze ans à peine, il entame une carrière de caricaturiste puis d'illustrateur professionnel – qui lui vaudra une célébrité internationale – avant d'embrasser tous les domaines de la création : dessin, peinture, aquarelle, gravure, sculpture. L'immense talent de Doré s'investit aussi dans les différents genres, de la satire à l'histoire, livrant tour à tour des tableaux gigantesques et des toiles plus intimes, des aquarelles flamboyantes, des lavis virtuoses, des plumes incisives, des gravures, des illustrations fantasques, ou encore des sculptures baroques, cocasses, monumentales, énigmatiques… 

merlin et le jeune Arthur, par G DoréEn tant qu'illustrateur, Doré s'est mesuré aux plus grands textes (La Bible, Dante, Rabelais, Perrault, Cervantes, Milton, Shakespeare, Hugo, Balzac, Poe), faisant de lui un véritable passeur de la culture européenne. Il occupe ainsi une place cruciale dans l'imaginaire contemporain, de Van Gogh à Terry Gilliam, sans compter son influence certaine sur la bande-dessinée ; autant d'aspects que cette première rétrospective depuis trente ans souhaite explorer.  

A suivre: Galerie des illustrations de Gustave Doré

Perlesvaus, le haut livre du Graal

Le Perlesvaus qualifié aussi de Haut Livre du Graal est décrit comme un roman « extravagant », « baroque », « sauvage », « barbare », « archaïque », ou même « gore »… !1219-71

Ce roman, écrit dans le premier tiers du XIII°s est anonyme. Il s'agit d'un des premiers textes écrits en prose (on écrivait en vers jusqu'à la fin du XII°, la prose ne servant qu'à la traduction). Il s'articule en onze branches d'inégale longueur et s'étend sur plus de 10192 lignes.

On ne sait pas grand chose de ce roman, si ce n'est qu'il se situe après les premiers romans du Graal que sont Le Conte du Graal de Chrétien de Troyes et le Perceval en vers de Robert de Boron. Le Perlesvaus reprend de nombreux éléments de ces textes fondateurs de la légende.

Tintagel grailComme Chrétien, et surtout comme Robert de Boron, l'auteur produit une version christianisée d'une légende celtique, païenne: celle du Graal. Le monde arthurien est présent, mais tout entier tendu vers l'exaltation et la gloire de ce qui est appelé "La Nouvelle Loi" (le Nouveau Testament). Ainsi, on pourra trouver l'image de la présence du Christ dans l'hostie qui apparaît dans la chapelle Saint-Augustin aux yeux du roi Arthur et qui signe sa rédemption ou, autre exemple, la métaphore de la parole prononcée lors de la communion: "Prenez et mangez, car ceci est mon corps", lorsque le roi donne son fils à manger à ses vassaux.

Sur le plan géographique, si on retrouve les lieux canoniques des romans arthuriens, l'époque à laquelle se situe le roman est bien antérieure à celle qu'évoquent les autres textes: deux générations après la mort du Christ environ, puisque la mère de Perlesvaus, la Dame Veuve, est la nièce de joseph d'Arimathie qui aida à recueillir dans le Graal le sang du Christ mourant sur la croix.

Perlesvaus - lancelot prenant la Douloureuse garde

Lancelot a chevauché tout le jour sans savoir où il va ni rien voir du pays qu'il traverse, quand soudain se dresse devant lui une forteresse, solidement bâtie sur colline escarpée. Prisonniers derrière ses murailles, des hommes, des femmes, des enfants poussent des cris déchirants en demandant qu'on vienne les délivrer. C'est le château de la Douloureuse Garde, rempli de mystères et de sortilèges. Bien des chevaliers ont tenté l'aventure. Pas un n'en est ressorti vivant. Une grande épreuve pour Lancelot qui franchit deux enceintes, chacune gardée par dix chevaliers se relayant au cours du combat. Au sommet de la seconde porte est juché un cavalier de cuivre qui s'écroulera sur lui. Par l'entremise de sa suivante Saraïde, la Dame du Lac fournit à Lancelot trois écus blancs ornés d'une, deux et trois bandes vermeilles, qui vont respectivement lui prodiguer la force d'un, deux et trois hommes. Grâce à ses boucliers magiques et faisant preuve d'un courage exceptionnel, le Chevalier Blanc parvient à mettre fin aux enchantements de la Douloureuse Garde, qu'il rebaptise la Joyeuse Garde. C'est là qu'il apprend enfin son nom : Lancelot, fils du roi Ban de Bénoïc. ( sources: expo Bnf )

Ce roman étrange intrigue la critique depuis près d'un siècle, à cause de son aspect profondément militant. Représentatif d'une période de flottement pendant laquelle la foi chrétienne prenait progressivement ses repères sur un imaginaire hanté de paganisme, le Perlesvaus est une apologie du christianisme, écrite sur un mode particulièrement violent. Nombreuses sont les scènes de décapitation (la Demoiselle au Char traînant 150 têtes; décapitation d'Aristor par Perlesvaus; la guillotine inventée par l'Orgueilleuse Pucelle; l'épée qui servit à décapiter Saint-Jean, s'ensanglantant tous les jours à midi…).

Ce qui choque est précisément le propos religieux qui informe le roman; la Queste nous a habitué à davantage de spiritualité lorsqu’il est question du Graal ; le Perlesvaus, lui, fait l’éloge des valeurs proprement guerrières du chevalier, ignorant la distinction opérée par la Queste entre « chevalerie terrienne » et « chevalerie celestielle », au profit d’une opposition simple et frontale entre chrétiens et païens, Nouvelle Loi et Ancienne Loi. 

Ci-dessous la traduction est de Christiane Marchello-Nizia.

Prologue

Voici l'histoire de la très sainte coupe qu'on nomme le Graal, dans laquelle fut recueilli le précieux sang du Sauveur le jour où Il fut crucifié pour racheter les hommes. C'est Joséphé qui en a écrit le récit, sous la dictée d'un ange, afin que par son témoignage soit connue la vérité sur les chevaliers et les saints hommes qui acceptèrent de souffrir peines et tourments pour glorifier la religion que Jésus-Christ a voulu instituer par Sa mort sur la Croix.
Voici le commencement du Haut Livre du Graal, au nom du père, du Fils et du Saint-Esprit. Ces trois personnes ne sont qu'une substance, et cette substance est Dieu, et de Dieu procède le Haut Conte du Graal. Tous ceux qui l'entendent doivent s'efforcer d'en comprendre la signification et oublier tout le mal qu'ils ont dans leur coeur, à cause des saints hommes et des bons chevaliers dont ils entendront raconter les actions. Joséphé nous rapporte cette sainte histoire en l'honneur du lignage d'un bon chevalier qui vécut après la mort du Christ Notre-Seigneur.
Perlesvaus au châteauC'était véritablement un bon chevalier, car il était chaste et vierge dans son corps, hardi et généreux de coeur, et ses qualités étaient sans tâche. Il ne parlait pas volontiers, et, à le voir, on ne l'aurait pas cru d'aussi grande vertu. Mais faute d'avoir prononcé quelques paroles au moment opportun, il fut cause de graves infortunes pour la Grande Bretagne: toutes les îles, tous les royaumes furent dans le malheur, mais par la suite il leur rendit la joie par la vertu de ses qualités chevaleresques.
Il n'était pas étonnant qu'il fût un bon chevalier, car il appartenait au lignage de Joseph d'Arimathie, qui était l'oncle de sa mère. Joseph avait été au service de Ponce pilate pendant sept ans, et pour salaire il ne demanda rien d'autre que l'autorisation de descendre le corps du Sauveur de la Croix; cela lui sembla un don infiniment précieux, alors que pour Pilate, c'était là une bien modeste récompense, car Joseph lui avait rendu de grands services, et s'il lui avait demandé de l'or, une terre ou des biens, il les lui aurait donnés volontiers. Et si Pilate lui avait accordé aussi facilement le corps du Sauveur, c'est qu'il croyait que Joseph allait le traîner à travers toute la ville de Jérusalem avant de l'abandonner hors de la Cité dans quelque lieu infâme. Mais telle n'était pas l'intention du bon serviteur, qui honora le corps du mieux qu'il put et le coucha dans le saint tombeau; et il conserva la lance avec laquelle le Sauveur avait été frappé au côté, ainsi que la sainte coupe dans laquelle ceux qui croyaient en Lui avaient avec infiniment de crainte recueilli le sang qui coulait de Ses blessures lorsqu'Il avait été crucifié.
C'est à ce lignage qu'appartenait le Bon Chevalier dont on évoquera ici l'histoire. Sa mère se nommait Iglai, le Roi Pêcheur était son oncle, ainsi que le Roi de la Basse Gent, qui se nommait Pellés, et le Roi du Château Mortel; ce dernier était aussi mauvais que les deux autres étaient bons, et ce n'était pas peu dire; tous trois étaient ses oncles par sa mère Iglai, dame de grande vertu et de foi sincère. Le Bon Chevalier avait une soeur nommée Dandrane. Du côté de son père, le fondateur de la lignée se nommait Nicodème. Gai le Gros de la Croix des ermites était le père de Julain le Gros des Vaux de Camaalot. Julain avait onze frères, aussi bons chevaliers que lui, et dont aucun ne vécut plus de douze ans après avoir été fait chevalier: tous moururent en combattant courageusement pour défendre la religion nouvelle. Ils étaient douze frères: Julain le Gros était l'aîné, Gosgallian venait ensuite, Brun Brandalis était le troisième, Bertolé le Chauve le quatrième, Brandalus de Galles le cinquième, Elinand d'Escavalon le sixième, Calobrutus le septième, Méralis du pré du palais le huitième, Fortuné de la Lande Vermeille le neuvième, Méliarman d'Ecosse le dixième, Galerian de la Blanche Tour le onzième, Aliban de la Gaste Cité le douxième. Tous moururent en combattant au service de Jésus le Saint Prophète qui par sa mort avait institué la religion nouvelle, ayant, autant qu'ils l'avaient pu, soumis ses ennemis.
C'est donc, ainsi que le rapporte Joséphé le bon clerc, de ces deux lignées dont on vient de rappeler les noms et la mémoire qu'était issu le Bon Chevalier, dont vous allez apprendre le nom et ce qu'il fut.

XXX
Perlesvaus reconquiert le château du Graal

[…]
Ainsi donc, le roi qui s’était emparé du château du Roi Pêcheur s’est suicidé, et ses chevaliers ont tous été vaincus. Perlesvaus entra dans le château, suivi des saints ermites. En entrant dans la grande salle, il leur sembla entendre chanter le Gloria in excelsis Deo et louer le Seigneur dans une chapelle qui se trouvait là. Les salles étaient splendides, richement et magnifiquement ornées. Ils trouvèrent ouverte la chapelle où étaient naguère les saintes reliques ; les ermites prièrent pour que Dieu leur envoie sans tarder le saint Graal et les reliques qui se trouvaient au château auparavant.
Les saints hommes restèrent au château avec Perlesvaus. D'après le témoignage de Joséphé, les chevaliers âgés qui appartenaient à la maison du roi Pêcheur, les prêtres et les demoiselles du château étaient partis dès que le roi qui venait de mourir s'en était emparé, car ils ne voulaient pas pactiser avec lui, et Dieu les avait pris sous sa protection et leur avait permis de s'enfuir sains et saufs. Le Sauveur savait que le Bon Chevalier venait de reconquérir le château qui devait lui appartenir, et il y fit retourner tous ceux qui avaient été au service du roi Pêcheur. Perlesvaus fut heureux de les voir, et la joie fut réciproque. Ils semblaient revenir d'un lieu où régnaient Dieu et Sa volonté.

1003638Ce noble récit porte témoignage que le Sauveur du monde fut heureux de la conquête du château. Le saint Graal réapparut dans la chapelle, ainsi que la Lance à la pointe qui saigne et l'épée dont saint Jean avait été décapité, que messire Gauvain avait rapportée. Les ermites s'en retournèrent dans leur ermitage et continuèrent à servir Notre-Seigneur. Joseu demeura au château avec perlesvaus aussi logtemps qu'il le désira; mais le Bon chevalier parcourut le royaume à la recherche des lieux où la Nouvelle Religion avait été abandonnée. Il ôta la vie à tous ceux qui refusèrent de croire en Dieu. Grâce à lui, le pays fut maintenu dans la foi, et la religion de Notre-Seigneur exaltée par sa force et sa valeur. Les prêtres et les chevaliers de son oncle qui étaient revenus au château portaient à perlesvaus un profond attachement, car sa vertu, loin de décroître, augmentait chaque jour. Ils lui montrèrent la sépulture de son oncle dans la chapelle, devant l'autel: le tombeau était magnifique, tout chargé de pierres précieuses; les prêtres et les chevaliers lui dirent qu'ils avaient déposé le corps dans le cercueil et qu'ils s'étaient éloignés, et que quand ils étaient revenus, ils avaient trouvé ce magnifique tombeau: ils ne savaient qui avait pu faire cela, sinon la volonté dinine; et ils lui révélèrent que chaque nuit ce lieu était brillamment éclairé de chandelles, et ils ne savaient d'où cela pouvait venir, sinon de Dieu.

Le château de la Pucelle Orgueilleuse

Après une longue chevauchée à travers la forêt, messire Gauvain aperçut un superbe château ; un vieux chevalier en était sorti pour se distraire, et tenait un oiseau sur son poing ; ils se saluèrent, et messire Gauvain lui demanda à qui appartenait ce château si beau qu’il apercevait là-bas. Le chevalier répondit que c'était le château de la Pucelle Orgueilleuse, qui n’avait jamais daigné demander son nom à aucun chevalier. Et nous, qui sommes à son service, n'osons le faire pour elle. Mais vous serez bien reçu au château car elle est très courtoise par ailleurs ; et c'est la plus belle femme qu'on connaisse ; elle ne s'est jamais mariée, et n'a jamais daigné aimer un chevalier à moins d’avoir entendu dire qu’il était le meilleur chevalier au monde. Je vais vous accompagner.
– Je vous en remercie, répondit messire Gauvain.
Ils pénètrent ensemble dans le château, et mettent pied à terre sur le perron devant la grande salle. Le chevalier prend messire Gauvain par la main et le conduit dans la salle, où il lui fait quitter son armure et lui apporte un surcot de soie garnie de fourrure qu'il lui demande de revêtir. Puis il conduit la dame du château vers messire Gauvain, et celui-ci se lève à son approche.
– Dame, dit-il, qu’il ne vous advienne que du bien !
– Et vous, soyez le bienvenu, seigneur chevalier !
Et, le prenant par la main, elle le conduisit dans ses appartements. 
– Seigneur, dit-elle, voulez-vous voir ma chapelle ?
– Comme vous le désirez, demoiselle.
Elle la lui montra. Messire Gauvain l'examina : jamais, lui semblait-il, il n'était entré dans une chapelle aussi belle et aussi somptueuse ; il aperçut quatre tombeaux, les plus beaux du monde, qui étaient fermés ; du côté droit de la chapelle, il y avait trois cavités pratiquées dans le mur, ornées tout autour d'or et de pierres précieuses ; de l'autre côté de ces ouvertures, il y avait un grand nombre de chandelles devant des croix et des phylactères, et elles répandaient un parfum plus doux que baume.
– Seigneur, dit la demoiselle, voyez-vous ces tombeaux ? 
– Oui, demoiselle.
– Trois sont destinés aux trois meilleurs chevaliers du monde, dit-elle, et le quatrième est pour moi. L'un de ces chevaliers se nomme messire Gauvain, et le second Lancelot du Lac. Je les aime d'amour, l'un et l'autre. Le troisième se nomme Perlesvaus : celui-là, je l'aime plus encore que les deux autres. Dans ces trois cavités que vous apercevez se trouvent les reliques que j'y ai fait mettre par amour pour eux. À présent regardez ce que je ferais de leur tête s'ils étaient présents ici ; et si je ne puis le faire aux trois ensemble, je le ferai à l'un, ou à deux d’entre eux.
Elle tendit la main vers le mur du côté des niches et tira à elle une cheville d'or qui était fichée dans le mur : aussitôt une lame d'acier plus tranchante qu'un rasoir tomba, fermant les trois ouvertures.
– Voici, dit-elle, de quelle façon je leur trancherai la tête quand ils voudront adorer les reliques qui sont dans les niches. Puis je ferai mettre leurs corps dans ces trois tombeaux, et je les ferai ensevelir magnifiquement et avec tous les honneurs. Puisque je ne puis avoir mon bonheur d'eux de leur vivant, je l'aurai par leur mort ; et quand je mourrai, au moment où Dieu l'aura décidé, je me ferai mettre dans le quatrième tombeau, ainsi je jouirai de la compagnie de ces trois bons chevaliers.
Ces paroles emplirent messire Gauvain de perplexité, et il aurait bien voulu que la nuit fût déjà terminée
 
Le château tournoyant
D’après le récit véridique de Joséphé, le château tournoyant avait été construit par Virgile, qui y avait mis toute sa science, au moment où les philosophes étaient partis à la recherche du paradis terrestre. Et une prophétie avait annoncé que le château ne cesserait de tourner que lorsque viendrait le chevalier à la chevelure d'or, au regard de lion, au cœur d'acier, au nombril de vierge, doué de vertus sans taches, de la vaillance d'un homme, et d'une foi absolue en Dieu. Et ce chevalier porterait le bouclier du Bon Serviteur qui avait descendu de la Croix le Sauveur du monde. La prophétie ajoutait que tous les habitants du château et des autres châteaux dépendant de celui-ci seraient fidèles à l'Ancienne Religion jusqu'à l'arrivée du Bon Chevalier, et c'est pour cela qu'à son entrée au château tous disaient qu'était venu celui grâce à qui leurs âmes seraient sauvées et leur mort différée ; en effet, dès son arrivée ils coururent se faire baptiser et dès lors crurent fermement en la Trinité et adoptèrent la Nouvelle Religion. Et s'il y avait eu de telles manifestations de joie au château, c'est que dès lors ils n’avaient plus à craindre la mort : jusque-là ils redoutaient de mourir dans le péché de fausse croyance et de se trouver condamnés.
 
Perlesvaus, le Haut Livre du Graal, début du XIIIe siècle, traduction de Christiane Marchello-Nizia (La Légende arthurienne, Laffont, "Bouquins"
 
 

Parzival: Wolfram von Eschenbach

Abb20 eschenbach_parzival_prosa
   

« Parzival » est une œuvre qui comprend 25000 vers, alors que le Conte du Graal de Chrétien de Troyes, n'en compte que 9000. Il en reprend l'agencement, et quelques épisodes. Mais il s'en détache, et reproche – dans son prologue – à Chrétien de ne pas avoir connu «  le Conte authentique » repris dans un manuscrit arabe et que Kyot le Provençal avait vu à Tolède. Il semble que utilisation d'une source exceptionnelle, ne soit qu'un artifice, pour susciter la curiosité du lecteur. ( L'exotisme ésotérique, faisait déjà quelques émules …).Wolfram von eschenbach

Par contre nous connaissons le « vrai » auteur de Parzival ; il s'agit de Wolfram von Eschenbach, un chevalier franconien peu fortuné de l'entourage d'Hermann 1er ( 1190-1217), landgrave de Thuringe et conte palatin de saxe. Il rédige son « Parzival » vers 1204, années du siège d'Erfurt et du sac de Constantinople, auxquels le roman fait allusion. L'ouvrage connaît un succès considérable, comme le prouvent ses quatre-vingt six manuscrits médiévaux conservés à ce jour.

Wolfram commence par l'histoire de Gamuret, fils cadet du roi d'Anjou, qui doit chercher fortune par ses propres moyens. Il part donc pour l'Orient …

" De là, il se rendit au royaume de Zazamanc. Il y entendit tous les habitants pleurer la mort d’Isenhart, qui avait péri en combattant pour l’amour d’une dame. C’est Bélacane, la douce et loyale dame, qui avait été la source de son tourment." Cette reine Bélacane, est assiégée au milieu de sa cité circulaire par huit armées noires et huit armées blanches…

Gahmuret et Herzeloyde 1443-1446Ainsi commencent les aventures de Gamuret en orient (Parzival, livre I ).

Après maintes aventures, il épouse Bélacâne, une reine noire et païenne… Qu'il quitte pour vivre en chevalier errant.

Revenu en Occident en passant par l'Espagne, Gamuret gagne, dans un tournoi, la main de la reine Herzloïde, qui lui apporte le Pays de Galles. Selon son habitude, il abandonne sa nouvelle femme. Il retourne en Orient, où il est tué au service du baruc. Il laisse deux fils : Feirefiz, du prmeir lit, et Perceval, du second.

Dans les chapitres suivants, on retrouve la trame et l'action du Conte du Graal.

  • isolement de la forêt avec sa mère

  • Le chevalier vermeil

  • Délivre Condwiramour, une reine, l'épouse, puis l'abandonne…

  • Arrive au château de Munsalvaesche, qui appartient à Anfortas, le Roi Pêcheur infirme.

  • Cortège du Graal … ( la lance, l »épée, le silence de Perceval …)

  • Rencontre et rejet de sa cousine

  • « Les trois gouttes de sang », la demoiselle hideuse à la cour d'Arthur…

  • Perceval reprend sa vie d'errance.

Parzival 2 1884, par Edward Jakob von Steinle (1810-1886)

 

Parzival – 1884, par Edward Jakob von Steinle (1810-1886)

Parzival 1 1884, par Edward Jakob von Steinle (1810-1886)
Parzival quitte le Château du Graal. Aquarelle, 1884, par Edward Jakob von Steinle (1810-1886)

 

Parzival quitte le Château du Graal. Aquarelle,

1884, par Edward Jakob von Steinle (1810-1886)

pénitence de Parzival Aquarelle, 1884, par Edward Jakob von Steinle (1810-1886)

 

Pénitence de Parzival  par Edward Jakob von Steinle (1810-1886)

Comme avec Chrétien, le roman se centre désormais sur les aventures de Gauvain.

Perceval – en révolte contre Dieu – rencontre des pénitents. Il rencontre son oncle, l'ermite, qui lui apprend que le Graal est une pierre que des anges ont apporté du ciel, d'où ils ont été bannis en punition de leur neutralité lors de la révolte de Lucifer.

  • Combat entre Gauvain et Perceval : le combat est interrompu. Ils se reconnaissent …

  • Perceval affronte son demi-frère Feirefiz, l'épée de Perceval se brise… Ils se reconnaissent … et se réconcilient

  • Retour au Château du Graal. Perceval devient roi et gardien du Graal. Sa femme Condwiramour le rejoint avec ses fils, Kardeis, roi du Pays de Galles, et Loherangrin. Ce dernier est le chevalier au cygne, qui se marie avec la princesse de Brabant ; il succédera un jour à son père. Feirefiz se convertit et se marie avec la Porteuse du Graal, sœur d'Anfortas, avec laquelle il engendre le Prêtre Jean. Ils s'installent en Inde qu'ils évangélisent.

La Légende du Roi Arthur selon Thomas Malory, manuscrit de 1469

morte darthur 1- 650

Cette page ouvre le troisième livre. Il commence, « In the begynnyng of Arthure, after he was chosen kynge by adventure and by grace…" [Au début d’Arthur, après avoir été élu roi par l’aventure et par la grâce ‘] La vision du chevalier Malory (1405-1471) , est écrite au travers de ce qu'il vit, et en particulier ce que l'on nomme la Guerre des Roses… Malgré les bouleversements de cette époque, il y avait un fort regain d'intérêt pour la chevalerie et le passé de la Grande-Bretagne. Les aventures des chevaliers d'Arthur semblaient représenter toutes les anciennes et nobles valeurs, érodées à présent par la guerre. La fidélité est devenue une vertu en voie de disparition. Dans son récit Malory compare le comportement des seigneurs et dames, de la cour d'Arthur, à celle de la noblesse contemporaine. Il critique la réticence actuelle à récompenser un service fidèle – une injustice qu'il ressentait particulièrement vive, alors qu'il languissait en prison.

 Les noms des personnes et des noms de lieux sont présentés avec des lettres rouges. Malory poursuit en décrivant le mariage d'Arthur et de la reine Guenièvre. Arthur dit à Merlin, "“I love Guenever the king's daughter, Leodegrance of the land of Cameliard, the which holdeth in his house the Round Table that ye told he had of my father Uther.”."malory

Malgré les bouleversements de l'époque de Malory, il y avait un fort regain d'intérêt pour la chevalerie et le passé de la Grande-Bretagne. Les aventures des chevaliers d'Arthur ont incarné les valeurs aristocratiques auto-même qui ont été érodés par l'opportunisme politique de la Guerre des Roses. 

Jusqu'en 1934, l'édition de William Caxton imprimé de 1485 a été considérée comme la plus ancienne version survivante du texte de Malory. Cette année là, le bibliothécaire de Winchester College, Walter Oakeshott, organise une exposition des livres les plus intéressants de l'université, quand il a découvre ce manuscrit dans un coffre-fort. Il détermine que le texte a été transcrit entre 1471 et 1483, par deux copistes qui travaillaient ensemble.

frise article 2

Pour ne pas les confondre, je cite à présent un autre texte:

La Mort du roi Arthur. Giflet jetant Excalibur dans le lac. Roman du XIIIe siècle
La Mort du roi Arthur. Giflet jetant Excalibur dans le lac. Roman du XIIIe siècle 

" La mort le roi Artu" : Ecrit ainsi, il s'agit d'un roman du XIII°s qui, bien que formant un tout, n'est pas indépendant. Il s'inscrit dans la continuité de La Queste del Saint Graal, et se présente comme la conclusion du Lancelot en prose. Il appartient au cycle de la Vulgate, appelé également Lancelot-Graal.

Les premières lignes de ce roman déclarent que l'auteur de ce roman est Gautier Map. La dernière phrase le nomme encore, cette fois, comme l'auteur de tout le Lancelot en prose. Cependant, cette attribution à l'archidiacre d'Oxford, auteur du De Nugis Curialium et familier du roi Henri II Plantagenet, est une supercherie, comme l'indiquerait sa date de décès, 1209. Or, la composition du Lancelot en prose est estimée être entre 1215 et 1220 et celle de La mort le roi Artu, vers 1230. Les auteurs sont inconnus, et quelques minces détails prouveraient qu'ils seraient d'origine champenoise.

Le morte Darthur. Illustrations de William Russell Flint -1-

Le Morte d'Arthur , qui signifie « la mort d'Arthur » en moyen français, est la compilation de romans arthuriens français et anglais de Thomas Malory. Première publication en 1485 par William Caxton.

WILLIAM RUSSELL FLINT: «LE DÉCÈS DE ARTHUR"

William Russell Flint - Le décès de Arthur

Cette illustration fait partie d'une suite de 48 dessins en couleur de William Russell Flint pour Le Morte d'Arthur: Le livre du Roi Arthur et ses chevaliers nobles de la Table Ronde  (1910-1911) – un classique publié en 4 volumes. Il est associé avec le chapitre XXI, livre V du texte de Malory et dépeint Morgane sur les genoux de qui repose la tête d'Arthur mortellement blessé.

Détail "du décès d'Arthur" par William Russell Flint

 Cette Interprétation illustrative de Russell Flint sur un écrit de Malory est magistrale et représente des moments clés et des personnages de l'histoire du roi Arthur, avec: Uther Pendragon, Morgan le Fay, Merlin, Guenever; Sir Lancelot, la Dame du Lac, Sir Uwain; Sir Pelléas; Sir Gareth (Beaumains); Tristram; La Beale Isoud; Roi Meliodas; Tramtrist; Segwarides, le roi Mark, Sir Bors, Sir Perceval et Galahad.

frise article 2

Les illustrations en couleurs de William Russell Flint pour les quatre volumes comprenant la première édition de "Le Morte d'Arthur:

Le livre du Roi Arthur et ses chevaliers nobles de la Table Ronde" (1910-1911)

A suivre ( Une quarantaine d'illustrations, au total …)

La Quête au Moyen-âge

c85f3e00fefeb52307ef14073c66a635La Quête, s'inspire de l'Aventure et de l'Initiation. Le protagoniste n’est pas un simple voyageur, recherchant l’étrange et l’exotique. Il cherche dans un 'ailleurs', quelque chose qui le transformera.65e49414fc094a0b2ba77e2fb985d421

Dans l’épopée de Gilgamesh, les aventures du héros en quête du secret de l’immortalité, cherche à vaincre la mort dont il a pris une conscience tragique lors de la mort de son ami Enkiddou.

Pour atteindre le but ( le Graal ) la Quête exige des voyages et des épreuves. Ces aventures sont parfois magiques, parce qu'elles ne peuvent être surmontées avec le seul courage ; elles sont symboliques : ainsi traverser le « pont de l’épée » c’est passer un seuil impossible à tout 'autre' …

ece9ba8ca628fa5c7b69e6989c74764bLe héros n'accomplit pas ces aventures pour lui seul, mais pour tous ses compagnons, avec lesquels il partage le statut privilégié réservé aux initiés.

Ce qui compte, c’est le chemin, celui qui advient sous les pas ….

La littérature épique est passée avec la chanson de Roland d'une lutte contre les Sarrasins, à une quête ontologique ( de l'être); en paralléle, à partir du XIIIe s. avec les chansons de troubadour ( le Roman de la Rose ) on passe au culte de la dame – avec le personnage de Guenièvre.

a41e243945db3fabb683420eb3ec08ba

Les versions, en ce XIIe et XIIIe siècles, subissent l’influence de la quête d’une terre lointaine, mais réelle, celle des Croisades. La christianisation du mythe avec l’apparition des variations sur le « vessel » ( le graal ), montre qu’on passe d’une référence celtique à une interprétation qui conserve un fonds archétypique, mais mis au goût du jour.b8d2f70e4a4241f57c5ca7252f13009b

Avec la version très chrétienne de Robert de Boron, on peut se demander si l'on reste dans le mythe, du fait que le contenu devient plus ecclésial … ? La ' fine amour' elle-même peut évoluer de la poésie amoureuse à une attente plus spirituelle.

Ainsi , dans les toutes dernières versions, on peut faire cohabiter le chevalier pur Galaad, qui meurt transfiguré dès qu’il a atteint et vu le Graal, et les aventures de Lancelot avec Guenièvre, ou le mariage de Perceval avec Blanchefleur…

283cb311ff0ec24ee13722241c657ba1Avec The Morte d’Arthur de Malory, en 1485, on peut s'interroger sur ce qui reste du mythe: le roi Arthur a non seulement eu beaucoup de peine à établir son pouvoir, mais alors qu’il a abattu l’empereur de Rome, une révolte de son neveu Mordred l’oblige à un retour précipité en Grande-Bretagne, et tout s’écroule en une seule bataille, même si reste la magie du départ vers l’île des bienheureux, d’où il reviendra un jour. En somme, le mythe s’étiole, parce que les temps ont changé, notamment parce que les croisades ne sont plus à l’ordre du jour – la dernière a lieu de 1248 à 1254.

Lancelot du lac -2-

Lancelot présenté à la cour d’Arthur (Lancelot du Lac, Ms Fr 112-1)
Lancelot présenté à la cour d’Arthur (Lancelot du Lac, Ms Fr 112-1)

Alors qu'il n'est qu'un « inconnu »,il se présente à la cour d'Arthur pour y être armé chevalier. Grâce à l'aide du chevalier Gauvain, il est fait chevalier ; et c'est durant son adoubement, qu'il remarque la Reine Guenièvre : le 'coup de foudre' est réciproque…

Il apprend, de la Reine, qu'il faut délivrer des maléfices, le château de la Douloureuse Garde. Il part avec un écu à trois bordures rouges, donné par la Viviane, qui décuplera sa force au combat.

le roman de Lancelot du lac


Grâce à l'écu de Viviane, il arrive à venir à bout de ses adversaires et le château devient le sien, il le rebaptise du même coup château de la Joyeuse Garde. Le château avait un cimetière avec une tombe, surplombée d'une épée en or, portant l'inscription : "Ici reposera Lancelot du Lac, fils du roi Ban de Benoïc et vainqueur de la Douloureuse Garde". Il apprend donc en même temps le secret de sa naissance et celui de sa mort.

frise article 2

lancelotvsmc3a9lc3a9agant
Combat de Lancelot contre Méléagant

 

«  Il doit se faire un nom par les armes, et gagner à force d'exploits l'amour de sa Dame, la reine Guenièvre. Il fait merveille dans les tournois et sur le champ de bataille. Quand Lancelot se lance au galop la lance en avant, les écus se fracassent, les heaumes volent en éclat et les montures croulent sous les coups. S'il n'a pas son pareil à cheval, il est encore meilleur au corps à corps ou à la mêlée. Quelques coups suffisent pour que son adversaire crie grâce. Mais Lancelot ne l'accorde que si le chevalier vaincu promet de se soumettre à la reine. Car Lancelot veut éprouver sa bravoure pour plaire à sa Dame. Exalté par son amour, il devient le "meilleur chevalier du monde" » Texte proposé par la Bnf.

lancelot et le pont de l'épée
Lancelot passe le Pont de l'épée

Méléagant, fils du roi de Gorre, et amoureux de la reine Guenièvre, vient défier les chevaliers. Méléagant se bat alors contre Keu et le blesse. Il prend alors la fuite en s'emparant de Keu et de Guenièvre, poursuivit par Lancelot.

Après avoir chevauché nuit et jour, Lancelot parvient aux abords du château de Baudegamu, ou sont détenus Keu et Guenièvre. Il réussi à franchir le terrible Pont de l'Épée, une immense épée tranchante comme un rasoir posée entre deux rives.

Lancelot   Lancelot-Graal (Lancelot, Queste, Mort Artu) Prouesse suprême de Lancelot et marges facétieuses - Tournai, achevé le 14 mars 1345 (doc. BNF)

Devant cet exploit, Lancelot est acclamé et le roi Baudegamu propose alors de libérer tous les prisonniers, mais Méléagant refuse et défie Lancelot. Dès le lendemain, Lancelot et Méléagant s'affrontent. Lancelot a rapidement le dessus. Baudegamu ordonne alors l'arrêt du combat, et Lancelot peut ainsi repartir pour Camelot avec sa dame.

lancelot et Guenièvre dans La Queste del saint gaal XIVe
Lancelot et Guenièvre

Un soir, alors qu'il avait rejoint Guenièvre dans sa chambre, il est surpris par Arthur. Lancelot réussit à s'enfuir, mais doit abandonner sa maîtresse. Selon les lois du royaume, celle-ci a trahi son mari et doit donc mourir : elle montera sur le bûcher.

Le jour dit, une trentaine de cavaliers arrivent à bride abattue sur les lieux du bûcher. c'est Lancelot qui vient enlever Guenièvre.

miniature de Lancelot sauvetage Guinevere de brûler sur le bûcher, avec des créatures hybrides grotesques autour de la miniature, au début de la Mort Arthu
Lancelot sauve Guinevere du bûcher, avec des créatures hybrides grotesques autour de la miniature, au début de la Mort Arthu

Après une rude bataille, seuls Gauvain et Lancelot restent à se battre. Arthur voit alors s'affronter ses deux meilleurs chevaliers, autrefois amis. Dans ce dernier combat entre adversaires de même valeur, Lancelot finit par prendre le dessus et donne un coup fatal à Gauvain. C'est alors que Lancelot demande à Arthur l'autorisation d'arrêter le combat et de retourner dans sa Gaule natale. Ainsi il quitta le roi Arthur, pour rejoindre l’ermitage de ses derniers jours et ne plus revoir son roi ni sa dame. 

Lancelot présenté à Arthur par la dame du lac

Pour être complet, il faut parler de Galaad ( Galahad), fils de Lancelot et d’Elaine, la fille du roi Pellès, dans le Lancelot-Graal. Ce chevalier, vierge et pur, surpasse même son père en vaillance. Il mène à bien les aventures du Graal, remplaçant dans ce rôle Perceval. Le personnage apparaîtra encore dans la Quête du Tristan en prose et les romans qui en dérivent.