La ‘ Fantasy ‘ du Graal

Il est parfois difficile de faire la part des choses, entre l’histoire, la légende… et le contenu ‘symbolique’ – du Graal ( dans notre cas…).

cinquieme evangileIl y a toute une ‘ Fantasy ‘, qui s’est tissée atour de ce thème : très tardive et qui relie Jésus à Marie Madeleine, les templiers, Sion, Rennes le Château, L. de Vinci, … et bien sûr le Da Vinci Code… Aujourd’hui, il est difficile d’ignorer ce contenu imaginaire, sans doute porteur de signification riche et inconsciente.

Il serait malhabile d’éloigner avec dédain cette recherche …

 Cependant, sauf pour s’en divertir ( et, ce n'est pas négligeable …) , il est important de réaliser les divers genres utilisés: le mythe, la légendes, les contes, la fantaisy et aussi …. sa propre recherche psychologique ( lecture des archétypes ) et spirituelle ( symbolique …). Attention, de ne pas tout justifier par l'ésotérisme …! 

gundestrupkarret GraalL'origine du ' graal ' appartient sans aucun doute à la "matière de Bretagne".

Même chez Chrétien de Troyes, le graal est d'abord ce qu'il était: un plat creux ( le mot graal est précédé d'un article indéfini au vers 3208 ), orné de pierres précieuses, destiné à recevoir de gros poissons ( v. 6205), la demoiselle le tient de ses deux mains ( v 3208)…
Ensuite très vite, cet étrange mot, – comme récipient et comme signe – va accepter tous les contenus…

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Ainsi la scène du ' défilé ' chez le Roi Pêcheur permet à Chrétien de Troyes, en partant d'une trame celtique, d'investir une signification spirituelle nouvelle…( Nous sommes en 1185 ).
Le symbolisme chrétien va s'emparer du conte et lui fournir une extraordinaire descendance, avec en particulier le roman cistercien " La quête du Graal "

Le graal, comme, objet dans lequel a été recueilli le sang du Christ sur la croix, commence à exister chez Robert de Boron ( 1212 ).

  

Guenièvre: la femme convoitée – 1/3 –

L'origine du nom Guenièvre se réfère à un mot gallois « Gwenhwyfar » qui signifie « blanc-fantôme ».La-reine-Guenievre-par-William-Morris.jpg

Fille du roi de Carmélide, Léodagan, Guenièvre est l’épouse du roi Arthur. Elle est enlevée par Méléagant qui la désire. Arthur reste passif, et laisse Gauvain se charger de ramener la reine à la cour. Rencontre avec Lancelot, coup de foudre … Il la sauvera du bûcher, alors qu'elle est condamnée pour adultère. Guenièvre se fera nonne à Amesbury, où elle finira ses jours.

* Comme Hélène de Troie, elle est à l'origine de la guerre et de la mort du roi. Comme Mélusine, Guenièvre passe un contrat avec Lancelot, semblable à celui de Mélusine avec son amant. Comme elle, peut-être est-elle une figure de l’Autre-monde, indice qui donne à la saga arthurienne une connotation spirituelle…

La reine prend dans les récits une posture féerique ou du moins magique de la femme. Elle est la résurgence du « blanc fantôme » des sagas nordiques

dame-du-lac-1.jpg* Guenièvre, comme les fées apprécie la proximité des lieux aquatiques. Lancelot retrouve le peigne de la reine avec quelques-uns de ses cheveux sur le rebord d’une fontaine. L'homme est un personnage en quête… Genièvre, Mélusine répondent en créatures de l'Autre-monde …. Dans le conte, la fée-alors – jette son dévolu sur l'homme et lui promet son amour total à une seule condition qui, … ne se réalisera pas !

 

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* Elle est la Reine, et c'est même elle, qui tient les rênes du pouvoir ( et non plus …Arthur), elle représente au yeux de tous la représentation du pouvoir politique dérobé à Arthur. Également, c'est elle qui gouverne, véritablement le chevalier Lancelot…

Lancelot, dans Le Chevalier de la Charrette (1176-1181), apparaît comme son amant soumis à ses volontés, au risque de se voir humilié et bafoué dans son honneur.

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« Sur le moment, le chevalier a poursuivi sa route sans y monter ; il a eu tort, tort d’avoir honte et de ne pas aussitôt sauter dans la charrette car il le regrettera un jour. Mais Raison, qui s’oppose à Amour, lui dit de ne pas monter, le retenant de ne pas monter, le retenant et lui enseignant de ne rien faire ni entreprendre qui puisse lui apporter honte ou reproche. Ce n’est pas du cœur mais de la bouche que vient ce discours, que Raison ose lui tenir. Mais Amour, enfermé dans le cœur, l’exhorte et l’invite à monter tout de suite dans la charrette. Amour le veut alors il y saute ; il n’a plus peur de la honte, puisque c’est l’ordre et la volonté d’amour. » Cr de Troyes:  (N° des vers: 329-380)

Illustration à la une: détail d'une gravure de Xavier de Langlais: Guenèvre

L’histoire du mythe du Roi Arthur – 4/4 –

En 1230, un roman anonyme La Mort le roi Artu, rajoute un élément qui deviendra par la suite emblématique de la mort du roi Arthur : alors qu'il est mourant, il demande par trois fois à Girflet de jeter Excalibur dans le lac. Une main se saisit l'épée et l'emporte. Quand Girflet revient auprès du roi, une barque l'a déjà emporté vers Avalon où réside sa demi-soeur Morgane.

En Angleterre, au XVe siècle, sir Thomas Malory (1405-1471), écrivain et traducteur, reprend l’ensemble des œuvres qui l'ont précédé et entreprend une compilation en moyen français : Le Morte Darthur ou Le Morte d'Arthur.

 

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Thomas Malory, prisonnier à la Tour de Londres, y rédige en 1469, Le Morte d'Arthur, considéré comme le premier roman arthurien moderne.

Publié en 1485, le livre est divisé en huit histoires : la naissance d'Arthur, sa guerre contre les Romains, l'histoire de Lancelot, celle de Gareth puis celle de Tristan, la quête pour le Graal, la liaison entre Lancelot et Guenièvre, et enfin la mort d'Arthur et la chute de la Table Ronde (The Dethe of Arthur). 

La vision de Malory sera l'une des plus propagée par la suite, avec les écrits de Chrétien de Troyes, et elle aura un fort retentissement sur la perception que la culture populaire se fait du mythe d'Arthur.

Selon Sir Thomas Malory, peu de temps après le début de son règne, Arthur est conduit par Merlin au bord d'un lac d'où émerge Excalibur portée par la main de la fée Viviane (ou Niniane, Nyneve, Nimue…) la Dame du Lac. …  Guenièvre se fait moniale et Lancelot, ermite.

Excalibur, film culte de John Boorman, 1981, est inspiré du roman de Thomas Malory 

 

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L’histoire du mythe du Roi Arthur – 3/4 –

Le Codex Manesse ,( ou Große Heidelberger Liederhandschrift )  est un recueil de chants médiévaux compilés et illustrés vers 1310. Il contient, sur plus de 700 pages, les portraits des poètes et les textes de chansons d'amour courtois. Par exemple, Henri d'Ofterdingen (1), qui était un troubadour allemand du XIIIe siècle ( fictif) , dit avoir participé au concours des Minnesänger à la Wartburg en 1207. 

Note: (1) Henri d'Ofterdingen (en allemand Heinrich von Ofterdingen) est un roman du poète romantique allemand Novalis, qui sera publié après sa mort par son ami Ludwig Tieck.

 

 
 

La série d'enluminures ci-dessus est extraite du codex Manesse.

Le codex Manesse est un manuscrit enluminé ayant la forme d'un codex.
Il a été compilé et illustré de 1305 à 1340, à la demande de la famille Manesse, patriciens de Zurich. Le manuscrit fait partie des collections de la bibliothèque de l'université de Heidelberg.

Voir aussi:

L'histoire du Mythe du Roi Arthur, 1/4 : Un mythe littéraire .

L'histoire du Mythe du Roi Arthur, 2/4 : Chrétien de Troyes ….

 

L’âme de Perceval : Blanchefleur et le chevalier vermeil. – 3/3 –

Suite d'une série d'articles:

* Une âme en recherche, tel est déjà le sens de la première rencontre de Perceval avec les chevaliers …

Arthur et Guenièvre fêtant le retour de Perceval _ Perceval et la demoiselle hideuse– C'est le commencement d'une aventure spirituelle, qui peut parler à chacun:

En effet, comme Perceval, mes première motivations composent avec mon imagination, mes instincts, mon corps …Je ne peux faire sans… Mais je reconnais derrière le désir, un principe actif de nature spirituelle puisqu’il me pousse vers la quête et la recherche de réponse aux questions «  qui-suis- je » ?, « quel est le sens de ma vie » ? Questions primordiales …

– A noter : au début du Conte, Perceval ne connaît pas son nom… !

Sa mère tente de lui donner un savoir : « ne jamais s’en tenir à l’extérieur, mais de chercher le sacré qui y est caché »

Perceval part sans autre savoir, que le souvenir de sa mère… Perceval, « se lève » prend ses armes, puis tel un pèlerin, demande " la voie ".

Avec lui, pour nous, pour moi, le conte a marqué le parcours de signes : « afin que nul ne s’égare » ( vers 6255).

perceval et la tentatriceLors de la première rencontre du Féminin… En entrant dans l’espace sacré de la tente vermeille, il reproduit un comportement religieux : mais un rituel sans signification… A la demoiselle il vole un baiser et un anneau.

Ici, il ne s’agit pas d’Amour courtois…!

mais par cette violence symbolique, je ne reconnais pas à la psyché sa véritable fonction : celle de me découvrir être complet ( corps, âme et esprit)

Dans les Ecritures, la femme représente souvent l'âme humaine, la psyché (pensée, sentiments, volonté). Dieu crée l’humain, homme et femme . Aussi pour l’homme, que je suis, la quête est aussi de rechercher ma complémentarité, au travers du féminin symbolique…

Blanchefleur au lit et Perceval

La place de la femme dans la vie de Perceval, peut représenter celle de l’âme dans sa quête. La rencontre avec Blancheflor ( Blanchefleur) est nécessaire pour accéder à un au-delà dans lequel l’Esprit prendra l’entière place …

Au départ, la méprise de Perceval, est à l’image d’une spiritualité prise au mot, à la lettre … ! ( puisqu'il s'imagine suivre à la lettre, les conseils de sa mère …!)

De plus, le chevalier vermeil ( son double) représente une force destructrice, assimilé au vieil homme dans toute spiritualité. Ce meurtre, symbolise une première victoire sur les instincts et les appétits primitifs. Perceval devient le chevalier vermeil, ou il croit l’être.

Est-ce la véritable identité, de Perceval.. ?

 

 

 Voir aussi:

 

 

Perceval – La  » Quête  » du Graal … – 2/3 –

Perceval, devant le fameux cortège, est incapable de poser la question libératrice. c'est plus tard sa cousine, puis son oncle l'ermite, qui lui donnent l'explication de son manquement : Perceval a tué sa mère en partant…

La malédiction se prolonge d'ailleurs avec Perceval lui-même : en lui offrant une épée qui se brise quand on veut s'en servir, symbole évident d'impuissance sexuelle, le Roi Pêcheur lui transmet sa stérilité . La faute concerne le lignage ……

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Le " silence " de Perceval est une des clés de compréhension …

La quête du Graal ( dans sa version christianisée ) est celle de la Parole perdue, un trésor que révèle Jésus…

Grail-LCe Graal , que l'on porte en soi, et qui nous est obscur, est l'objet d'une quête qui , loin d'être une tranquille balade, est une chevauchée fantastique sur la Voie du dépassement de soi, pour y découvrir le Soi, ou pour « naitre à nouveau », selon les mots de Jésus…

Quête aux multiples épreuves, au travers de la "forêt périlleuse" que le chevalier doit traverser pour arriver au château (l'esprit).

La coupe ( le Graal ) passe vite ( trop vite …!), mais comme telle une tempête intérieure, elle dépouille le chevalier du "vieil homme" qu'il est… et s'aventure jusqu'à la fine pointe de l'être: espace que nous n'aurions jamais du quitter ( mais, ça … c'est une autre histoire …)  …
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Le chevalier,  "en quête" est en recherche de gloire : Gloire au sens étymologique de doxa ( en grec)  : conscience de la présence divine . Dans le langage courant, la gloire est "une grande renommée, tenant à des mérites, des actions ou des œuvres jugés remarquables" . Mais, appliquée à Dieu, cette définition de la gloire est hors-propos, il faut alors penser la gloire comme "splendeur des manifestations divines", ou encore comme "béatitude des élus" .

la légende de Mélusine. 1/3

A la fin du XIV° siècle ( 1392 ), Jean d’Arras, écrit une « Histoire de Mélusine » ( 1392 ), où il relate « l’histoire vraie des événements stupéfiants qui survinrent au noble château de Lusignan, dans le Poitou ».

Melusine-julius-hubner.jpgOn y évoque les amours de Mélusine et du seigneur Raymondin de Lusignan. La fée serait d’ailleurs à l’origine de cette noble famille de Poitou.

Cette légende s’enchasse dans une histoire plus large qui commencerait dans le royaume d’Albany ( Ecosse en celte )  avec la rencontre du roi Elinas, et de la fée Persine (ou Presine) … Ensuite, après la trahison de leur père, leurs trois filles: Mélusine, la deuxième Mélior et la dernière Palestine, se retrouvent sur l’île magique d’Avalon…

Le cœur de la légende se résume ainsi : ( nous y reviendrons en détail …)

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Mélusine, maudite par sa mère, est condamnée à avoir chaque samedi le corps transformé en queue de serpent dès le nombril. Elle rencontre Raymondin et lui offre sa main à la seule condition qu’il renonce à la voir ce jour fatal.
Raymondin consent à ce mariage et devient le plus puissant seigneur du Poitou. Bâtisseuse, Mélusine fait défricher le territoire et entreprend la construction d’une magnifique forteresse qu’elle nomme Lusignan.  Dix garçons, tous affligés d’un signe étrange, naissent de cette union. Mais un samedi, persuadé d’être trompé, Raymondin transgresse l’interdit et surprend son épouse prenant son bain à moitié serpente…

Son secret dévoilé, Mélusine s’enfuit, et survole les tours du château de Lusignan avant de disparaître …

Ce résumé se retrouve bien pauvre et trop simple… Cette histoire est elle-même tissée de mythes éternels et de toute l’humaine condition …. Mythes du couple, du rapport de l’homme et de la femme, sans doute plus ou moins fée, féconde, inlassable bâtisseuse, éternellement belle, aussi longtemps que l’homme aimé et comblé des bienfaits de son amour ne lui ôte son droit à son mystère, et la perd ( peut-être) pour toujours, dès lors qu’il a percé ce mystère…

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Ce dont parle le mythe c’est cette part de mystère irréductible, qui restera toujours chez l’homme dans sa représentation de l’autre ( ici, la femme ). Sa fonction semble être l’inscription de la différence des sexes comme le non représentable, ce dont seul le mythe peut rendre compte.

Mélusine, est plus qu’un personnage féminin, elle symbolise « l’anima »… L’anima représente la relation à « la source de vie » se trouvant dans l’inconscient. Dans cette histoire, Mélusine est une exaltation du Principe féminin. Elle possède d’immenses pouvoirs … femme toute-puissante, mère archaïque … Mais, et c’est le propre du conte… Le héros vit et rencontre des épreuves : ici la fragilité de l’amour…

Il y est donc question de l’amour et de son lien au mystère, au secret, à la dignité, à la solitude…

A suivre ….

L’histoire de Perceval – 1/3 –

C'était un autre temps, enfin….
Il y a longtemps, je ne sais plus bien . Un temps béni, avec sa mère…

Un jour… Perceval  joue au javelot dans la forêt, il est jeune, il rencontre cinq chevaliers aux armures si étincelantes… Il les prend pour des anges.
Il veut devenir chevalier, et se rend à la cour du roi Arthur …
Après une série d'épreuves, une série d'erreurs…
 Perceval se révèle comme un excellent combattant. Il est adoubé et invité à se joindre aux « chevaliers de la table ronde ».


 Au cours de son initiation, après des années d'épreuves, Perceval découvre Corbenic, le château du Graal (on le nomme aussi Eden, Château de la Joie ou Château des Ames, car – dit-on – l'âme de ceux qui y meurent va au paradis)… Ce château est la résidence du roi Pêcheur.

Ce dernier, le roi Mehaignié (« impotent »), mutilé d'un coup de javelot dans les hanches qui l'a privé de l'usage de ses jambes, est le gardien du Saint Graal et de la lance qui transperça le Christ sur sa croix.

Dans le château, Perceval est le témoin d'une étrange procession : il voit passer un valet tenant une lance blanche d'où tombe une goutte de sang, puis deux autres valets munis chacun d'un lustre d'or, suivis par deux vierges, l'une portant le Saint Graal d'or pur, serti de pierres précieuses, et l'autre un tailloir (sorte de plat sur lequel on découpait la viande) en argent. Le cortège disparaît dans une chambre.

 

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Etonné, Perceval est resté muet.    Il a échoué. !


Par le silence (dû au péché qu'il a commis en causant la mort de sa mère,( mais ce n'est là qu'une explication insatisfaisante …) )… silence, qui l'empêche de poser les bonnes questions devant la procession dont il est le témoin, Perceval laisse passer l'occasion de guérir le roi et son royaume. Il ignore qu'il lui aurait suffi de demander à quoi servait le Graal et qui l'on servait pour que le bon roi guérisse de son infirmité.

Après avoir erré pendant 5 ans, le jour du vendredi saint, Perceval apprend par un ermite que le Graal est servi à son oncle depuis 15 ans et que « d'une seule hostie qu'on lui porte dans le Graal ce saint homme soutient sa vie. »

L’histoire du mythe du Roi Arthur – 2/4 –

Perceval, ou le Conte du Graal

Chrétien De Troyes (1135-1185)  fréquente les cours de Marie de Champagne, Philippe d’Alsace et du Comte de Flandres.
Il écrit plusieurs œuvres en langue d’Oil: Erec et Enide (1170), Cligès ou la fausse morte ( 1176), Yvain ou le Chevalier au Lion (1177), Lancelot ou le Chevalier de la Charrette (1177), et Perceval ou le Conte du Graal (1120) , un roman inachevé par l’auteur mais dont on trouve souvent des Continuations par d’autres auteurs … Chrétien de Troyes embellit le récit avec les délices de l'amour courtois et la Recherche du Graal
Dans le prologue du Chevalier de la charrette, Chrétien affirme avoir écrit sur le comandemant de ma dame de Champagne, c'est-à-dire de Marie de Champagne, fille d'Aliénor d'Aquitaine et de Louis VII.

 

Trois scènes du Parsival de Wolfram d'Eschenbac

Robert de Boron (vers 1190) introduit le Graal comme étant le récipient qui a recueilli le sang du Christ, puis associe le saint sang à une sainte lance.

 

Wolfram d'Eschenbach ( 1170-1220) s'attache d'abord à adapter un texte français, Perceval, ou le Conte del Graal de Chrétien de Troyes, roman inachevé et, qui plus est, roman à deux personnages : Perceval, puis Gauvain. Dans son roman Parzival (  immortalisé par Richard Wagner, à la fin du siècle dernier) , il conserve la structure générale du récit, mais, de sa propre autorité, il ajoute à la matière qu'il tient de Chrétien : l'histoire des aventures orientales du père du héros, Gahmuret ; elles introduisent un monde nouveau, le monde de la chevalerie païenne… Le Graal est une pierre, à la forme d'un bétyle, la lapsît exillis.

Ce chevalier-poète, franconien, vécut un temps à la Wartburg, cour du landgrave Hermann de Thuringe.
 
 
 

A Wilhelmsburg, se trouve les plus anciennes peintures murales ( ci-dessous ) profanes au nord des Alpes (1225/30) relatant un épisode de la saga athurienne, avec Iwein, chevalier de la table ronde. En 1227, c’est ici que la future Sainte Elisabeth de Thuringe se sépara du Landgrave Ludwig IV.

Iwein chevalier de la table ronde
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Élisabeth de Hongrie vécut de 1211 à 1228 au Château de Wartbourg auprès de son époux le Landgrave Louis IV de Thuringe et de leurs trois enfants mais aussi de sa belle-mère l'impérieuse Sophie.

Des franciscains allemands lui font découvrir l'esprit de saint François d'Assise et elle décide alors de renoncer à une vie de luxe et de frivolité pour se mettre au service des pauvres.

Sa piété la fait juger extravagante voire indigne par la cour et notamment sa belle-mère, la landgravine Sophie. Ainsi entrant dans une église, la jeune souveraine dépose sa couronne au pied de la croix; Sa belle-mère la critique et lui fait remarquer publiquement que son attitude est indigne d'une princesse. Elisabeth lui rétorque qu'elle ne saurait porter une couronne d'or quand son Dieu porte une couronne d'épine…

Son époux meurt de la peste en 1227 mais elle refuse d'être remariée, sa belle-famille la chasse avec ses trois enfants. Son oncle, évêque, calme la famille. Les trois enfants seront élevés par la famille ducale.

Désormais elle consacre toute sa vie et son argent aux pauvres pour qui elle fait construire un hôpital.

Élisabeth revêt l'habit du Tiers-ordre franciscain et prend pour directeur spirituel Conrad de Marbourg. Celui-ci la traite sans ménagement voire avec une cruauté à laquelle elle répond par une douceur exemplaire.

Elle meurt à 24 ans à Marbourg. ( Source: Wiki )

 

L’histoire du mythe du Roi Arthur -1/4 –

Jean de Wavrin (v. 1398-v. 1474), Chroniques d'Angleterre Geoffroi de Monmouth écrivant ; Présentation du livre – Jean de Wavrin écrivant – Hélénos, Anténor et Enée
 
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Le couronnement d’Arthur
 Illustration de l’Histoire des Rois de Bretagne
* L'histoire du Roi Arthur, ne s'attache pas seulement à ce chef Artus ou Artorius qui aurait existé dans la seconde moitié du Ve siècle ( cette période qui voit la chute de l'empire romain d'Occident ) Face aux invasions, la résistance de la population s'organise progressivement : elle souffre au début d'un manque d'union, et c'est dans ce contexte que des chefs de guerre émergent.
A Tintagel  les ruines visibles datent des normands (Xe), certains éléments datant du VIe ont été découverts (fin de l'épopée arthurienne). Camelot, le château mythique du roi Arthur, pourrait correspondre à la ville romaine de "Camulodunum " (Colchester au nord-est de Londres)…
 
** Le Roi Arthur, est d'abord un mythe littéraire.
La légende arthurienne est alimentée dès le VIe par des récits populaires en Pays de Galle et en Irlande, puis les allusions à ce mythe se multiplient dans les textes latins dès le IXe  siècle.
Le roi d'Angleterre Henri I (1100 – 1135) désirant rallier les Celtes de son royaume et pacifier ses nouvelles conquêtes en Pays de Galle utilise à son  profit la légende arthurienne.
L'épopée arthurienne circule alors dans tout le pays sous forme de lais (conte en prose comportant un dénouement lyrique en vers), puis en Europe…
 
Geoffroy de Monmouth (vers 1100 – 1155), est un évêque et historien anglo-normand au service du roi Henri Ier. Il est l'auteur de l' Historia regum Britanniae (1135/1138), en 12 livres. Cet ouvrage, présenté par son auteur comme une traduction d'un livre très ancien, le "Liber vetustissimus",  composé en breton "dans un très bon style" et emporté en Angleterre par le Normand Gautier alias Walter, archidiacre d'Oxford, est l'un des premiers
ouvrages de l'histoire britannique et sera la source principale de la légende arthurienne.
 
Roman de Brut
Quelques années plus tard, un clerc normand nommé Robert Wace, est chargé par le roi Henri II Plantagenêt de rédiger à nouveau une histoire d’Angleterre, mais cette fois en anglo-normand, langue pratiquée alors à la cour. Wace dédie son œuvre en 1155, à Aliénor d’Aquitaine, épouse du roi. Tout en s’inspirant de  Geoffroy de Monmouth, il développe le portrait d’Arthur et la description de sa cour et l’histoire arthurienne occupe un tiers de son récit, qu’il appelle La Geste des Bretons, mais que nous connaissons sous le nom de Roman de Brut. Arthur est désormais le modèle du souverain idéal, homme de guerre capable de soumettre les peuples d’Occident, mais aussi de réunir autour de lui les chevaliers les plus illustres.
Wace est le premier à dire que c’est Arthur qui a institué la Table Ronde afin d’éviter les querelles de préséance entre ses chevaliers et à mentionner la légende selon laquelle Arthur, après avoir été blessé par Mordred et emporté en Avallon par des fées, reviendra un jour libérer son peuple.